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Environnement Société

Trouver des solutions africaines pour le climat

Trouver des solutions africaines pour le climat
  • Publiéseptembre 1, 2022

Réunis à Libreville (Gabon), plus de 1200 délégués participent à la Semaine africaine du climat 2022, une plateforme cruciale pour définir les moyens d’investir dans le développement face aux défis climatiques, à l’approche de la COP27.

 

La semaine africaine pour le climat bat son plein à Libreville (Gabon). Les différents intervenants, qu’ils soient dirigeants politiques, associatifs, scientifiques, dressent le tableau des conséquences pour le continent du changement climatique. Quelques préoccupations reviennent, comme la sécheresse de certaines régions, l’élévation des températures, et l’élévation du niveau des eaux. L’érosion provoque des dégâts dans de nombreux pays côtiers, sans compter les inquiétudes, exprimées depuis longtemps, pour le devenir des îles.

De tous ces fléaux, rappellent les intervenants, l’Afrique n’est en rien responsable. « Le problème, ce sont les pays développés, qui ont empli l’atmosphère avec du CO2 ; cela met en péril aujourd’hui le développement de l’Afrique et même la vie de nos sœurs et de nos frères dans certains pays », s’est exclamé Lee White, ministre gabonais des Eaux et forêts. Le Gabon, on le sait, est souvent cité en exemple pour sa gestion des forêts.

La Semaine africaine du climat, qui fait partie d’une série de semaines régionales sur le climat, donne la parole à un éventail d’acteurs et de partenaires : société civile, femmes, communautés locales et institutions financières. Elle constitue un forum de discussion sur la manière de contribuer le plus efficacement possible à la COP27 et d’atteindre les objectifs de l’accord de Paris.

D’ailleurs, pas question d’en rester aux lamentations. À l’approche de la COP27 sur le climat, qui se déroulera en Égypte, « nous voulons apporter des solutions africaines pour l’Afrique », a déclaré Tanguy Gahouma-Bekale, secrétaire du Conseil gabonais du climat. Qui a déploré que, jusqu’ici, l’Afrique soit souvent mise au second rang des négociations, lors des grandes réunions comme les COP. Sans doute est-il temps, a jugé Marc Ona, de Brainforest, pour l’Afrique de ne plus « tendre la main », pour quémander des ressources financières, mais d’agir.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le 29 août, Ali Bongo Ondimba a vanté les efforts de son pays en faveur de l’action climatique, appelant à la poursuite des efforts collectifs.

« Depuis plus de dix ans, nous avons intensifié nos efforts pour protéger notre remarquable patrimoine forestier et construire une économie à faible émission de carbone. En conséquence, le Gabon, qui a déjà atteint les objectifs fixés par l’accord de Paris sur le climat, est considéré comme le pays le plus neutre en carbone au monde », s’est félicité le président du Gabon.

 

Réclamer justice climatique

Plus de 1200 délégués participent à la conférence, une plateforme cruciale pour discuter des moyens de lutter contre les inégalités sociales et d’investir dans le développement afin de faire progresser l’action climatique et protéger les populations et les écosystèmes sur le continent.

Lee White

 

 

« Si nous le décidons, nous pouvons être la solution dont nous avons besoin, l’Afrique peut être la réponse. Et notre heure est venue ! », a lancé Patricia Janet Scotland, secrétaire générale du Commonwealth. « Nous sommes la première génération à subir les conséquences du changement climatique, mais nous sommes la dernière génération capable de faire quelque chose pour y remédier. »

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, président désigné de la prochaine COP27, a souligné que les Africains devaient œuvrer à la sécurisation du climat, compte tenu de l’impact disproportionné que le changement climatique devrait avoir sur le continent par rapport à d’autres régions. « Les gouvernements africains et toutes les autres voix africaines, qu’il s’agisse de la société civile, des jeunes, des groupes de femmes, des agriculteurs, des travailleurs, des universitaires et de l’important secteur privé africain, devraient tous continuer à réclamer la justice climatique. »

Au nom de l’Union africaine, Josefa Sacko, a exhorté les pays africains à maintenir une position commune, alors que le continent s’attaque aux impacts du changement climatique pour atteindre ses objectifs à long terme.

La session d’ouverture a été marquée par un dialogue ministériel sur les défis que posent la mobilisation et l’accès au financement climatique à grande échelle pour stimuler la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national (CDN) des pays et des plans et priorités stratégiques climatiques nationaux.

Kevin Kariuki, au nom de la BAD (Banque africaine de développement), considère qu’« une transition juste consiste à rendre l’économie plus verte de manière équitable et inclusive, et à faire en sorte que les coûts et les avantages de la transition vers un développement à faible émission de carbone et résilient au changement climatique soient répartis sur l’ensemble de l’économie ».

L’Afrique aurait besoin de 1 600 milliards de dollars entre 2020 et 2030 pour mettre en œuvre ses engagements en matière d’action climatique et ses contributions déterminées au niveau national.

@NA

 

 

Écrit par
Aude Darc

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