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Environnement

Mieux maîtriser les données

Mieux maîtriser les données
  • PubliéSeptember 22, 2022

Afin de permettre au mieux à l’Afrique de réussir son adaptation climatique, il est nécessaire de connaître avec précision les dégâts subis, y compris quand des actions préventives ont été menées, souligne un panel d’experts réunis par la BAD.

 

En marge de l’édition 2022 de la Semaine africaine du climat, début septembre 2022, une session intitulée « Limiter les pertes et les dommages par des mesures d’adaptation renforcées en Afrique » a donné lieu à des échanges animés et d’actualité sur une dimension du changement climatique à laquelle on prête généralement peu d’attention : identifier et évaluer les coûts et les dommages liés au changement climatique.  

L’événement, organisé par la BAD (Banque africaine de développement) et la Fondation allemande Konrad Adenauer, a été l’occasion de souligner l’importance de définir et d’évaluer les pertes et dommages que les catastrophes climatiques infligent aux biens, aux économies, aux vies et aux moyens de subsistance. Le constat est unanime : l’Afrique est le continent le plus vulnérable au changement climatique.

Olufunso Somorin, expert principal régional à la BAD, a souligné combien il importe que les pays africains mesurent les pertes et les dommages liés au changement climatique, afin d’être en mesure de les quantifier et d’y répondre d’une façon juste et adaptée au contexte national spécifique à chacun des pays. Il est tout aussi important de prendre en compte les pertes qui surviennent même dans les cas où des actions préventives d’adaptation climatique ont été prises.

Fatten Agad, conseillère principale en diplomatie et géopolitique climatique à l’Africa Climate Foundation, a appelé à produire un rapport qui ferait office de guide de référence et de base pour l’évaluation des pertes et dommages liés au climat. « L’impact socio-économique de la pandémie de Covid-19 sur les pays africains a été très fort, et leur ajouter le fardeau du financement de quelque chose comme les pertes et les dommages serait injuste. »

« Nous devons répondre aux attentes. S’il y a des résultats à obtenir, c’est bien en matière d’adaptation. Nous avons désespérément besoin de financements pour l’adaptation. » (Akinwumi Adesina, BAD).

Pour la Fondation Konrad Adenauer, Anja Beretta a exhorté les pays africains à intégrer des dispositifs pour régler le problème des pertes et dommages dans leurs Contributions déterminées au niveau national (les engagements pris lors de la COP21 de Paris). Elle a également appelé à désigner des institutions et des structures fonctionnelles à même de garantir une utilisation efficiente et efficace des financements climatiques, afin de faire progresser le débat sur les flux financiers en matière de pertes et dommages.

 

Des mesures d’adaptation rapides

Pour Stéphane Bonamy (Croix-Rouge Cameroun) a rappelé que 14 des 25 pays les plus vulnérables aux impacts du changement climatique dans le monde sont aussi confrontés à une forme quelconque de conflit. Tandis qu’Olumide Abimbola (Africa Policy Research) a réaffirmé la nécessité d’intégrer davantage d’exemples africains en matière de pertes et dommages – passés et actuels – dans les manuels et les revues.

Tous sont d’accord : il y a nécessité, pour l’Afrique, de donner la priorité à des mesures d’adaptation rapides, cohérentes et à grande échelle, pour éviter ou minimiser les pertes et dommages à venir.

Un autre consensus s’est dégagé : il faut, de toute urgence, accroître les flux financiers – de sources publiques et privées – pour financer les mesures d’adaptation climatique en Afrique.

Les participants ont également appelé à nouer de nouveaux partenariats stratégiques pour piloter les politiques, les plans et les investissements en matière d’adaptation en Afrique, via la mise en œuvre des Contributions déterminées au niveau national et les synergies à développer avec des initiatives comme le programme de Financement des risques de catastrophes en Afrique.

 

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En bref

Le « crève-cœur » d’Akinwumi Adesina

S’exprimant à New York lors de la 77e Assemblée générale des Nations unies, le président de la BAD, Akinwumi Adesina a dépeint la réalité du changement climatique dans certains des pays africains qu’il a récemment visités, qualifiant ce qu’il a vu de véritable crève-cœur.

« Au Cap-Vert, on n’a pas eu de pluie depuis près de trois ans. En Mauritanie, de vastes zones sont désertes en raison du manque de précipitations. ».

Akinwumi Adesina a partagé son indignation avec les participants, parmi lesquels Bill Gates et John Kerry: « L’Afrique souffre, elle suffoque et se trouve dans une grave détresse financière à cause d’événements qu’elle n’a pas provoqués. Il doit y avoir un plus grand sens de l’urgence, non pas dans les discours, mais dans l’action et la mise à disposition des ressources dont le continent a désespérément besoin. »

Tout en réitérant ses « doutes » quant à la bonne volonté des pays riches, aux promesses non-tenues, il a invité le monde à se montrer à la hauteur de la COP 27, la COP de l’Afrique : « Nous devons répondre aux attentes. S’il y a des résultats à obtenir, c’est bien en matière d’adaptation. Nous avons désespérément besoin de financements pour l’adaptation. »

Bill Gates (à gauche) et Akinwumi Adesina (au centre), ici à Glasgow durant la COP26, se sont retrouvés cette semaine, durant la 77e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
Bill Gates (à gauche) et Akinwumi Adesina (au centre), ici à Glasgow durant la COP26, se sont retrouvés cette semaine, durant la 77e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

 

Paule Fax, d’après comptes rendus de la BAD

@AB

 

 

Écrit par
Paule Fax

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