x
Close
Environnement

Le coût de l’inaction

Le coût de l’inaction
  • Publiémai 16, 2022

L’économie mondiale pourrait augmenter de plus de 140 000 milliards de dollars par an, soit 1,5 fois le PIB mondial annuel, si les objectifs de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification sont atteints. Comment y parvenir ?

 

Par Paule Fax

La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) poursuit ses travaux à Abidjan, et la COP15 est le cadre de différentes interventions. Ainsi, Camilla Nordheim-Larsen, coordinatrice principale des partenariats et de la mobilisation des ressources à la Convention des Nations unies, est intervenue lors d’un panel conduit par la Banque africaine de développement. Elle a fait remarquer que l’action sur les terres pourrait générer jusqu’à 140 000 milliards de dollars par an et créer 400 millions nouveaux emplois, tandis que l’inaction peut entraîner des pertes de l’ordre de 44 000 milliards $.

Photo : Rishabh Khanna, responsable de l’impact, Earthbanc ; Luc Gnacadja, coprésident du comité exécutif du mécanisme des avantages de l’adaptation ; Camilla Nordheim-Larsen, coordinatrice principale des partenariats et de la mobilisation des ressources, UNCCD ; Gareth Philips, directeur des finances pour le climat et l’environnement à la BAD ; Peter Minang, directeur régional du Centre international d’agroforesterie.

L’objectif de développement durable pour la vie sur terre est le moins financé, mais peut contribuer le plus à la résilience, considère-t-elle.

Le coût de l’action peut sembler important, mais les gouvernements pourraient payer un prix encore plus élevé s’ils ne font rien. Les avantages de l’action contre la dégradation des terres l’emportent largement sur les coûts de la gestion durable des paysages. En Afrique subsaharienne, c’est au moins sept fois plus. « L’inaction coûte aux pays subsahariens 490 milliards $, alors que, selon l’initiative Economics of Land Degradation, les mesures visant à inverser le processus de dégradation des terres pourraient générer des avantages d’une valeur allant jusqu’à 1 400 milliards $ », calcule Luc Gnacadja, ancien ministre de l’Environnement du Bénin, actuellement coprésident du Comité exécutif du mécanisme des avantages de l’adaptation.

Rishabh Khanna, directeur de l’impact chez Earthbanc, a présenté une nouvelle initiative lancée conjointement avec la CNULCD à cette COP15 portant sur des obligations foncières numériques durables, qui permettent aux acheteurs de carbone d’acheter à un stade plus précoce du développement.

 

Des histoires convaincantes

« Le financement de la restauration des terres et des écosystèmes représente moins de 1 % de l’ensemble du financement climatique en raison de l’absence de produits universels du marché des capitaux pour ces activités », explique-t-il. « Cela s’explique en partie par le fait que le suivi, la notification et la vérification de la gestion durable des terres demandent beaucoup de travail, sont parfois imprécis et utilisent des méthodologies de mesure et de comptabilité fragmentées. »

Le mécanisme des avantages de l’adaptation, piloté par la BAD entre 2019 et 2023, certifie et monétise les avantages environnementaux, sociaux et économiques des mesures d’adaptation, notamment pour les paysages durables et résilients.

« Contrairement à l’atténuation, où la rentabilité est le facteur déterminant pour les investissements, les revenus tirés de la monétisation des avantages de l’adaptation sont susceptibles d’être dirigés vers des actions dans les communautés vulnérables qui sont les plus nécessaires, parce qu’elles offrent des histoires convaincantes », défend Gareth Philips, responsable du Financement climatique et environnemental à la BAD.

Peter Minang, directeur pour l’Afrique du Centre international d’agroforesterie et coordinateur mondial du Partenariat ASB pour les marges des forêts tropicales, décrit « le rôle révolutionnaire » que les mesures d’agroforesterie durable et les meilleurs environnements peuvent avoir pour autonomiser les communautés locales. Il cite en exemple le financement des entreprises forestières communautaires durables au Cameroun.

« Nous sommes la première organisation à piloter le mécanisme des avantages de l’adaptation par le biais d’un projet dans le secteur du cacao en Côte d’Ivoire ». Au Cameroun, l’approche est similaire et des mesures plus concrètes ont déjà été prises pour permettre la certification dans un avenir proche, qui peut apporter de nouveaux financements pour le développement de systèmes agroforestiers durables et résilients pour les communautés locales. 

« L’une de nos meilleures pratiques est l’utilisation de machines manuelles pour surveiller tous les indicateurs, que nous pourrions vérifier une fois par an, par exemple avec la technologie de télédétection et de satellite d’Earthbanc », conclut Peter Minang.

Faule Fax, via agence APO pour la BAD

@NA

 

Écrit par
Paule Fax

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *