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Environnement

L’Afrique peut agir pour le climat

Le climat en Afrique subsaharienne est devenu plus extrême et imprévisible au XXIe siècle, alerte un rapport de Greenpeace Afrique. Néanmoins, les Africains peuvent unir leurs forces pour inverser la tendance, pour le bien de son sol et de ses populations.

Par Paule Fax

Greenpeace Afrique nous alerte, une nouvelle fois. Les événements météorologiques extrêmes tels que les vagues de chaleur, les inondations et les pluies intenses augmentent en intensité, en fréquence et en gravité dans de nombreuses régions d’Afrique. Elles menacent gravement la santé humaine, la sécurité alimentaire, la paix, et la biodiversité.

Le climat en Afrique subsaharienne devient plus extrême et imprévisible, une tendance qui va devenir plus prononcée dans les décennies à venir, selon les scientifiques du climat.

Citant en exemple le bassin du Congo, Greenpeace juge que les pays africains doivent développer une approche holistique de l’agriculture et des forêts, qui puisse assurer à la fois la sécurité alimentaire et la protection des forêts.

Telle est la principale conclusion du rapport détaillé publié le 12 novembre 2020 par Greenpeace Afrique. Le rapport « Résister à la tempête : conditions météorologiques extrêmes et changement climatique en Afrique », explore la relation entre les événements météorologiques extrêmes et le changement climatique en Afrique.

Il fait un état des lieux des données scientifiques disponibles sur la façon dont la crise climatique devient incontrôlable sur le continent africain, notamment à travers des vagues de chaleur extrêmes irrégulières, des inondations, des sécheresses et des cyclones d’une ampleur sans précédent. Les problèmes liés au climat peuvent souvent être ressentis de manière disproportionnée dans les communautés les plus pauvres, car elles sont les moins équipées pour faire face aux changements et s’y adapter.

« La science montre qu’il n’y a pas grand-chose de naturel dans les catastrophes qui frappent notre continent. Une crise d’origine humaine nécessite une solution d’origine humaine », considère Melita Steele, directrice du programme de Greenpeace Afrique.

L’Afrique est le berceau de l’humanité et elle sera le berceau de l’action climatique pour notre avenir. « Ce ne sont pas des prières et des sacs de riz et de maïs distribués après une catastrophe qui assureront la santé, la sécurité, la paix et la justice. » Aussi, l’ONG appelle-t-elle les dirigeants africains « à déclarer une urgence climatique pour protéger notre avenir commun ».

Intégrer les connaissances de l’Afrique sur elle-même

Selon les scientifiques, les températures moyennes futures en Afrique devraient augmenter à un rythme plus rapide que la moyenne mondiale, quels que soient les scénarios de réchauffement. Dans une grande partie du continent, elle devrait dépasser 2° C ou se situer entre 3° C et 6° C, d’ici la fin du siècle. Ce, si les émissions élevées se poursuivent à un rythme deux à quatre fois au-delà de l’augmentation autorisée par l’accord de Paris.

Outre ses effets immédiats en matière de mortalité, la hausse des températures est susceptible d’entraîner des déplacements, des conflits liés au climat, des précipitations irrégulières, des pénuries d’eau potable, une entrave à la production agricole.

Sans oublier une extinction accélérée des espèces endémiques. La fréquence, l’intensité et la durée des épisodes de chaleur extrême devraient augmenter, suivant les tendances déjà observées en Afrique australe, orientale et septentrionale.

Ndoni Mcunu est climatologue, fondatrice de Black Women in Science et co-autrice du rapport : « Il faut mieux intégrer les connaissances autochtones dans les preuves scientifiques des événements météorologiques extrêmes en Afrique », explique-t-elle.

Les pays africains doivent être davantage impliqués dans les décisions relatives au développement de nouvelles bases de données et de nouveaux modèles plutôt que d’être dépendants de pays extérieurs à l’Afrique. « Cela garantira une meilleure communication, une meilleure planification et capacité à anticiper les évènements météorologiques extrêmes futurs. L’accès à l’information doit être assuré au niveau communautaire », poursuit Ndoni Mcunu.

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