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Environnement

Forum PLANet A : Parce qu’il n’y a pas de planète B…

La première édition du forum mondial de l’agriculture tenue à Chalons-en-Champagne (France) était l’occasion de constater que les idées foisonnent en Afrique.

Yasmina Lahlou, envoyée spéciale

Présenté comme « le Davos de l’agriculture », le forum mondial de l’agriculture « Planet A » s’est tenu à Châlons-en-Champagne (du 27 au 29 juin) et a réuni près de 400 participants venus de 32 pays (experts, membres de la société civile, décideurs politiques et économiques, représentants d’ONG) afin de discuter de l’agriculture « au coeur des grands enjeux mondiaux » et de repenser nos modèles de production et de consommation.

Bien que l’agriculture représente la première source d’emplois en Afrique, sa productivité n’augmente pas suffisamment pour répondre aux besoins alimentaires d’une population croissante. Mais les nouvelles technologies pourraient tout changer.

Lors des conférences, tables rondes et ateliers organisés dans le cadre de cet événement, les participants entendaient influer sur les prochaines grandes rencontres internationales de 2018 et 2019 (One Planet Summit, COP24, G20 des ministres de l’Agriculture…).

Parmi les invités de marque, le Premier ministre français Édouard Philippe, le ministre de l’Agriculture du Niger, Albade Abouba, ainsi que Rattan Lal, co-lauréat du Prix Nobel de la paix.

Créé à l’initiative du maire de Châlons-en-Champagne et ancien ministre Benoist Apparu, le forum Planet A est organisé en partenariat avec la Fondation Jean-Jaurès, la Fondation pour l’innovation politique et d’autres cercles internationaux, avec pour objectif de redonner à l’agriculture « toute sa place, en la positionnant comme mère de tous les sujets, à la croisée des défis de l’humanité », expliquent ses promoteurs.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), une personne sur neuf, soit 805 millions, n’a pas assez de nourriture pour mener une vie active et en bonne santé. En Afrique, l’agriculture fait face à des défis majeurs spécifiques.

De nombreuses innovations comme la collecte de données agricoles et les objets connectés deviennent accessibles aux agriculteurs africains leur permettant ainsi de mieux maîtriser leur production. Ainsi, en Afrique subsaharienne, la production agricole devrait plus que doubler d’ici à 2050 pour satisfaire la demande accrue, selon la FAO.

Premier enjeu, nourrir la planète

Ainsi, pour diversifier les sources alimentaires, Kahitouo Hien a lancé une start-up : Faso Pro. « Nous valorisons le potentiel nutritionnel des insectes. Nous avons commencé en 2014 avec la chenille et aujourd’hui nous sommes dans une phase où nous nous diversifions, en associant d’autres insectes comme les criquets. C’est une solution pour nourrir, d’ici à 2050, dix milliards d’habitants ! Par leur potentiel nutritionnel, ce sont des produits riches en protéines, plus riches que la viande, et plus bénéfiques au plan environnemental. Les insectes consomment très peu de ressources et émettent très peu de gaz à effet de serre. »

En dépit des progrès, on déplore encore des pertes importantes pour certains produits tels que la mangue en Côte d’Ivoire, s’indigne Fatoumata Bâ, présidente-fondatrice de l’incubateur Janngo : « Les producteurs de mangue peuvent perdre jusqu’à 40 % de leur production par manque de solution de transport et de débouchés commerciaux. C’est une hérésie, puisque la technologie peut rapprocher l’offre et la demande ! ».

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