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Entretien

Nous œuvrons à une gouvernance moderne des finances publiques

Nous œuvrons à une gouvernance moderne des finances publiques
  • Publiéjanvier 24, 2024

Jean-Baptiste Ondaye, ministre de l’Économie et des finances de la République du Congo, dresse le portrait financier de son pays, et rappelle les chantiers en cours dans la zone CEMAC en matière d’inclusion financière.

 

Que pensez-vous du niveau de digitalisation des services bancaires au Congo et dans la zone CEMAC ?

La zone CEMAC a réalisé des progrès notables si j’en crois une étude comparative basée sur des variables telles que les sites Internet et les réseaux sociaux, l’accès aux comptes bancaires en ligne, ou encore les applications Mobile-banking.

 

Dans quelle mesure votre stratégie d’inclusion financière, qui s’aligne sur les initiatives régionales de la CEMAC, stimulera-t-elle une intégration économique accrue, en Afrique centrale ?

Vous faites allusion à la stratégie régionale d’inclusion financière 2023-2027 de la CEMAC qui vient d’être adoptée. Elle a été conçue pour lever les contraintes à l’inclusion financière formelle tant au niveau de la demande qu’à celui de l’offre, du cadre juridique et réglementaire, et de l’environnement du secteur financier dans la CEMAC.

L’objectif est donc de promouvoir l’inclusion financière dans chaque pays membre ainsi que les paiements numériques transfrontaliers au sein de la Communauté.

L’objectif du Plan national de développement 2022-26 est de bâtir une économie forte, diversifiée et résiliente, en vue de créer plus de richesses et d’emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes.

La COBAC a pris la décision d’interdire l’utilisation des crypto-actifs et du bitcoin. Cette décision ne risque-t-elle pas d’affecter l’offre de monnaie de freiner les investissements ?

Je ne le pense pas. En mai 2022, la COBAC a rappelé certaines interdictions liées, d’une part, à l’utilisation des crypto-actifs et, d’autre part, à l’interdiction du bitcoin ou de toute autre crypto-monnaie comme un moyen d’évaluation des éléments d’actif, de passif ou de hors-bilan d’établissements assujettis. Cette décision était motivée par le souci de garantir la stabilité financière et préserver les dépôts de la clientèle. Loin de freiner les investissements et les innovations, ces dispositions concourent plutôt à maintenir un cadre de transparence et de stabilité financières, qui constitue un des principaux éléments dans la prise de décision des investisseurs.

 

Le secteur bancaire congolais est un oligopole dominé par des banques étrangères tandis que le taux de bancarisation est de 15 %, inférieur à la moyenne africaine. Quelle stratégie envisagez-vous pour remédier à cette situation ?

Le système financier congolais est composé de dix banques commerciales, seize établissements de microfinance, six compagnies d’assurances et deux caisses de retraite. Il comprend également la BDEAC (Banque de développement des États de l’Afrique centrale), les sociétés de Bourse ainsi que les sociétés de gestion de portefeuille.

 

Quelle est votre position vis-à-vis de l’avenir du franc CFA de l’Afrique centrale ?

Qu’il relève de la décision des chefs d’État de la CEMAC !

 

Quelles sont les perspectives économiques des pays d’Afrique centrale ? Quelles réformes pour accélérer la croissance et réduire l’inflation ?

S’agissant du Congo, la croissance économique, estimée à 4 % en 2023, devrait se hisser à 4,4 % en 2024. L’inflation (4,5% en 2023) s’explique par le renchérissement des prix de l’énergie, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, et la persistance des chocs sur les coûts dus à l’augmentation récente des prix à l’importation.

 

Où en sont vos négociations avec le FMI ?

Vous avez sans doute lu que le Conseil d’administration du FMI a approuvé, le 20 décembre 2023, la quatrième revue au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC).

Jean-Baptiste Ondaye a été nommé ministre de l’Économie et des finances de la République du Congo le 22 septembre 2022.
Jean-Baptiste Ondaye a été nommé ministre de l’Économie et des finances de la République du Congo le 22 septembre 2022.

 

Comment comptez-vous réduire les inégalités, conformément au PND 2022-26 ?

L’objectif du Plan national de développement 2022-26 est de bâtir une économie forte, diversifiée et résiliente, en vue de créer plus de richesses et d’emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes.

Plus spécifiquement, le PND 2022-2026 vise l’amélioration des capacités du système productif à créer des emplois décents en grand nombre et à générer une croissance inclusive. L’emploi et la croissance inclusive devraient à leur tour contribuer à réduire substantiellement la pauvreté.

 

En tant que ministre de l’Économie et des finances, quelles sont vos ambitions pour le Congo et l’Afrique centrale ?

La vision que j’ai du département ministériel dont j’ai la charge, sous l’autorité du Président de la République et du Premier ministre et dans le cadre de Programme d’action du gouvernement, est qu’il devienne le vecteur de la performance économique et financière à l’horizon 2026 pour une gouvernance moderne des finances publiques.

Nous avons conduit, dans le cadre du Programme des réformes économiques et Financières de la CEMAC, des missions de haut niveau ayant abouti à l’organisation de la table ronde des bailleurs à Paris fin novembre 2023, pour la mobilisation des financements de la deuxième génération des projets intégrateurs de la CEMAC. À l’issue de cette table ronde, le montant total des financements mobilisés s’est chiffré provisoirement à 9,21 milliards d’euros, soit 104,2% du financement recherché !

@ABanker

Écrit par
Néjib Ben Yedder et Mohamed Ali Aboudi

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