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Energie

Niger : Regain d’intérêt pour le solaire

Ce n’est pas par hasard que le marché intéresse les investisseurs, compte tenu de l’ensoleillement du Niger. Le soleil brille sur l’ensemble du territoire de sept à dix heures par jour et l’ensoleillement est compris entre 5 et 7 kWh/m2/jour.

En période de chaleur (avril, mai), lorsque le soleil darde ses rayons, notamment sur la ville de Niamey où la température peut grimper jusqu’à 47 °C, certains y voient même « une punition divine infligée au peuple nigérien ».

Double punition, d’ailleurs, car ce soleil dont on ne sait que faire dans la journée, une fois parti, plonge les villes nigériennes dans l’obscurité par manque d’électricité.

Albert Wright, ingénieur hélio-technicien, considère que cette « fatalité » peut être trans­formée « en opportunité ». Il explique : « Sur un mètre carré de surface, on peut collecter jusqu’à 7 kWh en une seule journée. Cela signifie que, si on s’attache à convertir cette chaleur en besoin électrique dans une maison, dans le long terme, chaque habitant pourra produire son énergie à partir du soleil collecté dans sa cour. »

Des conditions favorables

Cette opportunité commence égale­ment à intéresser les autorités nigériennes, face à un accès à l’énergie limité à 12,2 % de la population en 2017 – ce taux était de 9,53 % en 2014.

Bien que le pays produise de l’électricité à partir de la transformation du charbon minéral et à base de carburant diesel et le fuel lourd, la principale source de son approvisionnement en énergie électrique reste, depuis 1976, le Nigeria qui représente près des trois-quarts de ses besoins.

En mars 2018, lors du sommet de l’Al­liance solaire internationale, le président Issoufou Mahamadou a réaffirmé la volonté de son gouvernement de développer de l’énergie solaire ; cette déclaration a permis de donner un coup de pouce à la filière.

La même année, le Niger s’est doté de sa première centrale solaire, d’une capacité de 7 MW, fruit de la coopération nigéro-indienne. Les travaux d’une deuxième centrale photovoltaïque de 20 MW ont été lancés en début d’année 2019 à Niamey sous financement de l’AFD (Agence française de développement) et de l’Union européenne pour plus de 60 millions d’euros.

S’ajoute la construction à Agadez (nord) d’une centrale hybride de 19 MW (13 MW solaire, 6 MW diesel). « D’autres centrales solaires sont également envisagées très prochainement en production indépendante, autour de Niamey et à l’intérieur du pays », promet la ministre de l’Énergie, qui souligne que l’indépen­dance énergétique et électrique du Niger va s’accroître sur la période 2018-2020 grâce à de l’introduction attendue du solaire.

« Le Niger s’est fixé comme objectif de disposer de 100 MW de solaire dans son mix énergétique à l’horizon 2021 », confirme le directeur général de la Nigelec, Alassane Halid.

En outre, un projet spécifique d’expan­sion de l’énergie solaire financé par la Banque mondiale est en cours de mise en oeuvre. Elle conduira à une solution d’accès à l’électricité pour les populations éloignées du réseau exis­tant de la Nigelec et à la fourniture d’électri­cité à 6 800 ménages ruraux, via des kits solaires dotés d’une capacité solaire photo­voltaïque de 2 MW, et dont l’exploitation sera confiée à des opérateurs de réseau privés.

En dépit de son apparent retard, le Niger a une longue expérience dans le domaine du solaire avec le développement, par Abdoulmoumini Dioffo, de nombreuses applications (chauffe-eau, des séchoirs, des cuisinières et des fours solaires…), dans les années 1970.

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