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Energie

Niger : Regain d’intérêt pour le solaire

L’ensoleillement du Niger offre une opportunité aux investisseurs intéressés par le solaire. La demande potentielle est forte, la volonté politique est enfin au rendez-vous, reste à établir un environnement économique attractif, face aux coûts initiaux élevés.

Niamey, Sani Aboubacar

Le potentiel en énergie solaire dont dispose le Niger intéresse aussi bien des investisseurs nationaux et étrangers, ainsi que les populations confrontées aux intempestives coupures d’électricité ou aux délestages, surtout en période de haute chaleur.

La libéralisation aidant, des initiatives privées se développent dans l’importation, la vente et l’installation d’équipements solaires pour les besoins domestiques ou industriels, l’éclairage public et pour l’irrigation.

Si les statistiques fiables sur l’importation des équipements et matériels solaires, importés d’Allemagne, d’Espagne, de la Chine, d’Inde et surtout du Nigeria, manquent encore, les reven­deurs constatent que les kits domestiques (panneaux photovoltaïques, ventilateurs, téléviseurs, humidificateurs…) sont les plus achetés.

Des conditions économiques plus favorables

Un tour dans la ville de Niamey permet de constater l’ampleur que prend le marché du solaire, où revendeurs informels disputent l’exclusivité de la vente des panneaux solaires aux sociétés légalement constituées ce, depuis que les coupures de la Nigérienne de l’élec­tricité (Nigelec) sont érigées en règle. « Avec 160 000 F.CFA (244 euros) on m’a installé un kit me donnant droit à deux ampoules, une télé et un ventilateur », témoigne Habibou Amadou, qui trouve néanmoins le prix du kit « exorbitant ».

L’indépendance énergétique du Niger augmente à mesure de l’introduction du solaire. Le pays s’est fixé comme objectif de disposer de 100 MW de solaire dans son mix énergétique à l’horizon 2021.

D’autres pourront le trou­ver attractif sur le long terme : « L’intérêt pour le solaire, c’est qu’après l’investissement initial, il n’y a plus de facture à payer et vous avez sur le marché des matériels électroménagers qui fonc­tionnent à base de l’énergie solaire », se réjouit Aïssatou Nadiga, enseignante à Niamey, habitant dans un quartier de la capitale non encore desservi par le réseau électrique de la Nigelec. « Tous mes appareils fonctionnent à base de l’énergie solaire », se félicite-t-elle.

Pourtant, jusqu’à une période récente, la production de l’énergie solaire était très chère et son utilisation était l’affaire de quelques privilégiés, détenteurs de fermes et autres domaines situés loin de la ville.

« Depuis trois ans, guère plus, nous constatons des conditions plus favorables qui créent l’opportunité d’intro­duire le solaire photovoltaïque comme source d’énergie électrique durable, surtout pour des pays comme le nôtre », explique Amina Moumouni, ministre de l’Énergie.

Une activité potentiellement rentable

Pour les investisseurs intéressés par la filière, le manque de soutien de l’État est à la base du renchérissement des prix des kits. En effet, en plus des taxes douanières appli­quées sur les équipements solaires, s’ajoute désormais la taxe d’habitation.

Cet impôt, introduit dans la loi de Finances 2018 a pour base la puissance du compteur de la Nigelec, du groupe électrogène ou du matériel solaire utilisé par habitant. Il varie de 200 à 7 000 F.CFA par mois.

« Malgré le carac­tère stratégique dans lequel elle intervient, à savoir l’éducation, la santé et l’hydraulique, la vente des équipements solaires est une acti­vité commerciale et génératrice de revenu, comme toute autre activité », commente Adamou Louché Ibrahim, analyste écono­mique.

« Mais faute de données disponibles, il est difficile d’évaluer sa taille dans l’économie du pays », regrette-t-il, bien que pronostiquant « une progression importante, doublée de forts impacts, comme la créa­tion d’emplois et une baisse des prix, grâce à la concurrence qui en découlera. »

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