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Energie

Le Burkina Faso expérimente l’hydrogène vert

Le Burkina Faso expérimente l’hydrogène vert
  • PubliéAugust 23, 2022

Entre autres projets, la centrale photovoltaïque de Zagtouli, près de Ouagadougou, fera l’objet d’une étude minutieuse afin de définir les conditions optimales de production à énergie renouvelable dans les conditions spécifiques du Sahel, en matière d’ensoleillement ainsi que de biogaz.

 

L’accès des populations à l’énergie constitue un défi qui ralentit le développement économique et social des pays africains. Cette situation se vérifie notamment en Afrique de l’Ouest où plus de 200 millions de personnes, soit environ 60% de la population, n’ont pas accès à des services énergétiques modernes. La plupart des pays ont un faible taux d’électrification, avec moins de 10% d’accès dans les zones rurales et de grandes disparités entre les zones rurales et urbaines.

Tel est le constat qui a poussé le West African Science Centre on Climate Change and Adapted Land Use (Wascal) à mettre en œuvre le projet PV2H, ainsi que les deux études de faisabilité, au Burkina Faso. La première étude porte sur une centrale à biomasse déchets de 1 MW à Ouagadougou et l’autre sur une évaluation du potentiel de production de l’hydrogène vert à partir de la biomasse énergie.

Dans le cadre de l’initiative Go Green Go Africa Hydrogen, Wascal, en partenariat avec le ministère fédéral allemand de l’Éducation et de la recherche, a organisé une cérémonie officielle de lancement, le 18 août. Il s’agissait de promouvoir le projet « Optimiser le photovoltaïque solaire pour la production d’hydrogène vert en Afrique de l’Ouest (PV2H) ». Ce projet est donc couplé à l’étude de faisabilité de l’étude BIO2H.

« La centrale solaire photovoltaïque de Zagtouli servira de site d’implémentation à partir duquel les leçons apprises et pratiques innovantes seront diffusées au bénéfice de la région entière », résume Moumini Savadogo, directeur exécutif de Wascal-Burkina.

Financé par le ministère fédéral allemand de l’éducation et de la recherche à hauteur de 2,16 millions d’euros, le projet PV2H vise à apporter une réponse technique concrète à l’impact négatif de la poussière sur les centrales solaires photovoltaïques et à proposer des moyens d’optimiser la production d’hydrogène vert à partir de systèmes solaires photovoltaïques dans les conditions climatiques spécifiques de la région sahélienne en Afrique de l’Ouest.

Le projet est une investigation expérimentale sur l’optimisation des centrales solaires photovoltaïque à grande échelle en vue d’apporter une réponse technique à la question du dépoussiérage dans la perspective de la production d’hydrogène vert à partir de l’énergie solaire dans la région du Sahel en se concentrant sur le cas de la centrale solaire photovoltaïque de 33 MW de Zagtouli, située à la périphérie ouest de la ville de Ouagadougou au Burkina Faso.

 

Une transition indispensable

En ce qui concerne le projet BIO2H-Burkina (Évaluation sectorielle pour la production d’hydrogène vert à partir de la bioénergie au Burkina Faso), l’objectif principal de l’étude est de faire le point sur les technologies, l’utilisation du biodigesteur et d’évaluer le potentiel de production multi-échelle d’hydrogène vert au Burkina Faso.

Le projet, d’une durée de 24 mois, est mené par Wascal et le Forschungszentrum Jülich, avec d’autres partenaires, dont l’Université Joseph Ki-Zerbo, l’Université Abdou Moumouni, la Sonabel, et le gouvernement du Burkina-Faso.

Réunion de lancement du PV2H, le 18 août 2022
Réunion de lancement du PV2H, le 18 août 2022

 

« Le projet PV2H vise à évaluer la faisabilité technique de production de l’hydrogène vert à partir du solaire photovoltaïque c’est-à-dire les plaques solaires », a expliqué Bruno Korgo, coordonnateur régional des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert à Wascal, au cours de cette réunion d’information. « Le contexte climatique actuel oblige l’humanité à une transition énergétique indispensable qui fait qu’aujourd’hui les sources d’énergie telles que l’hydrogène sont apparues et font de plus en plus l’intérêt de plusieurs pays du monde. Il est donc important que nous puissions nous inscrire dans la dynamique actuelle dans le sens de la décarbonisation de tous les secteurs de notre économie. »

Concrètement, le projet porte sur quatre étapes qui combinent analyses de données et travaux expérimentaux. La première étape consiste à collecter les données essentielles, climatiques et météorologiques) à l’évaluation de l’impact de la poussière sur la centrale. Y sont analysés le rayonnement solaire, la visibilité, la température, la vitesse du vent, l’humidité… Parallèlement, y sont repérées les données techniques de production en énergie de la centrale.

 

Partage d’expériences

La deuxième étape consiste en un benchmarking des technologies innovantes de nettoyage des modules existants. À terme, il faudra choisir le fournisseur de technologie le plus adapté au contexte du Burkina Faso et du Sahel. Plusieurs entreprises asiatiques, européennes et américaines sont sur les rangs.

La troisième étape consistera à étudier les impacts liés à l’installation de la nouvelle technologie. Il faudra quantifier et certifier l’efficacité énergétique, la rentabilité financière, la viabilité du système et la mise à l’échelle en vue d’analyser le potentiel de production d’hydrogène vert à partir de centrales solaires photovoltaïques.

Enfin, les résultats théoriques et pratiques obtenu feront l’objet des publications scientifiques mais aussi de diffusion et de partage avec les acteurs de la sous-région exploitant de grandes centrales photovoltaïques.

@AB

 

Écrit par
Aude Darc

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