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Energie

Énergie : Le fort potentiel d’Inga III

Le voile a enfin été levé sur les groupes chargés de piloter le développement d’Inga III, un gigantesque projet de barrage hydroélectrique devant accroître sensiblement la production de l’électricité en RD Congo. 

Enfin, l’État a choisi, en octobre 2018, un consortium sino-espagnol pour la mise en oeuvre du chantier Inga-III, qui coûtera 14 milliards de dollars. Ce groupement comprend Chine Inga III et ProInga. Chine Inga III est constitué notamment de Three Gorges International Corporation, qui gère le barrage des Trois-Gorges, en Chine. ProInga comporte deux entités : Cobra Instalaciones y Servicios S.A (filiale de l’espagnol ACS) et AEE Power Holding S.L. 

Inga III, un projet longtemps considéré comme un serpent de mer, semble peu à peu se réaliser. « La RD Congo entérine la constitution d’un consortium unique par les deux groupements candidats à l’appel d’offres relatif au projet Inga III et restés en lice », indique un communiqué de l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI-RDC) qui dépend de la présidence de la République.

Le projet Inga III devrait permettre à la RD Congo de renouer avec les exportations. Plusieurs pays auraient manifesté leur intérêt, parmi lesquels l’Afrique du Sud dont l’industrie est très gourmande en électricité.

« Les groupements s’engagent à financer des études d’exécution en réalisant des travaux d’actualisation des études disponibles pour tenir compte de la taille révisée du projet, y compris les études environnementales et sociales tout comme les intentions d’achat d’électricité. À l’issue de ces études d’exécution, le consortium unique devra soumettre à la RD Congo les contours définitifs du projet de la centrale », souligne le communiqué. 

Bien sûr, la signature de cet accord ne dissipe pas entièrement des doutes qui entourent le projet. Le mystère plane sur le poids de chaque membre de ce consortium. Surtout, les tours de table n’ont pas encore été bouclés. 

En juillet 2016, la Banque mondiale, qui semblait pourtant très favorable au projet Inga III, a suspendu tout financement des études techniques, au motif que le gouvernement s’était trompé d’ « orientation stratégique ».

La situation a-t-elle notablement évolué entre-temps ? L’aménagement d’Inga est prévu en plusieurs étapes. Inga I a été mis en service en 1972 et Inga II dix ans plus tard. Les deux barrages totalisent une puissance installée de 1 640 MW qui n’arrive pas à couvrir les besoins nationaux sans cesse croissants.

La RDC connaît un dynamisme démographique et ambitionne de jouer la carte de l’industrialisation pour asseoir son économie sur des bases plus solides. Inga III est destiné, à terme, à prendre le relais 

Des années de travaux 

La date du coup d’envoi des travaux reste inconnue. Cependant, Bruno Kapandji, le patron de l’ADPI – RDC, pense qu’ils s’étaleront sur « cinq à sept ans, peut-être onze ans ».

Le site se trouve sur le fleuve Congo, dans la province du Kongo- Central, à une quarantaine de kilomètres en amont de Matadi relié à Inga par une route bitumée. Long de 4 700 km, le fleuve Congo est le deuxième plus long fleuve d’Afrique après le Nil et aussi le deuxième du monde par son débit (en moyenne 41 800 m3/s), après l’Amazone. Son bassin-versant est de 3,8 millions de km2. À cheval sur l’équateur, il est arrosé par les pluies pendant toute l’année. 

La RD Congo, traversée par un impressionnant réseau de cours d’eau, a un potentiel hydroélectrique estimé à 110 000 MW, dont 42 000 MW sont concentrés sur le site d’Inga. Malgré ces extraordinaires ressources, une faible portion de la population congolaise a accès à l’énergie électrique, généralement dans les grands centres urbains. 

La RDC exportatrice, à terme 

La Société nationale d’électricité (SNEL), l’entreprise publique qui a longtemps joui du monopole de la production, du transport et de la distribution, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Des années de mauvaise gestion ont terni l’image de cette société dont l’avenir demeure sombre. Les réformes engagées ces dernières années ont fait entrer d’autres opérateurs dans le secteur. 

La concurrence s’installe peu à peu, avec l’arrivée de nouvelles entreprises qui ont recours aux énergies renouvelables pour produire et acheminer l’électricité vers des localités reculées. À Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu forte d’une population de quelque 7 millions d’âmes, la SNEL subit la concurrence d’un nouvel opérateur. 

Le plus vaste pays d’Afrique subsaharienne, qui autrefois exportait son électricité vers plusieurs pays de la région, est aujourd’hui contraint d’en importer de la Zambie voisine. Les investissements nécessaires n’ont pas été réalisés pour remplacer l’outil de production qui s’est dégradé au fil du temps. Le projet Inga III devrait permettre à la RD Congo de renouer avec les exportations. Plusieurs pays auraient manifesté leur intérêt, parmi lesquels l’Afrique du Sud dont l’industrie est très gourmande en électricité. 

« L’opportunité d’offrir au marché africain, grâce au seul projet Inga III, une production additionnelle de 11 000 MW d’énergie propre renouvelable et disponible toute l’année apporte un complément indispensable aux nombreux projets d’énergie renouvelable en cours de développement », précise l’ADPI-RDC.

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