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Nicolas Lemme* : « Détecter et exploiter les opportunités »

Le directeur général de BGFIBank Guinée équatoriale fait le point sur la situation économique du pays et la stratégie de son établissement.

Propos recueillis par Guillaume Weill-Raynal 

Quel est le positionnement de BGFIBank Guinée équatoriale dans son marché ? 

Depuis 2015, les pays de la zone Afrique centrale sont confrontés aux effets de la crise économique et financière, et la Guinée équatoriale n’y échappe pas.

Tous les travaux d’infrastructures qui y ont été engagés depuis 2012 ont connu un essoufflement lorsque cette crise s’est accélérée. Aujourd’hui, BGFIBank Guinée équatoriale se positionne au troisième rang sur les cinq banques que compte le pays, aussi bien en matière de dépôts que de crédits. 

Comment faites-vous pour attirer de nouveaux clients afin d’augmenter le taux de bancarisation ? 

Depuis mon arrivée en 2016, nous avons lancé le développement de la banque digitale afin de favoriser l’inclusion financière. Notre offre de mobile banking, la première ayant reçu l’autorisation de l’autorité monétaire de la zone pour la Guinée équatoriale, compte aujourd’hui plus de 12 000 clients qui n’étaient pas bancarisés auparavant. 

Notre offre digitale, qui s’adresse à l’ensemble des couches de la population, nous a permis de diversifier nos produits et de faire profiter à nos clients des avantages de la banque numérique, parmi lesquels le traitement et la validation des transactions en temps réels, la disponibilité 24h/24 et 7j/7 et des coûts de transaction réduits. 

Quelle est la part d’entreprises que vous comptez parmi vos clients ? Comment le secteur privé s’implique-t-il à l’intérieur de votre établissement ? 

Les entreprises privées sont essentielles au bon équilibre du développement du pays. Dans notre portefeuille clientèle, elles occupent un poids de 25 % au 31 décembre 2018. Il est clair que la crise a quelque peu ralenti la création de richesses par les entreprises privées. D’ailleurs, l’adage qui dit que « quand le BTP va, tout va » s’applique bien à la situation du pays. 

Nous sommes fermement convaincus que les plus hautes autorités du pays ont pris en main le redressement de la situation, les nombreuses initiatives déployées dans ce sens en témoignent : la poursuite des négociations avec le FMI pour la signature d’une facilité triennale, à l’instar des autres pays de la zone (Gabon, Cameroun, Tchad…), l’adoption d’un nouveau plan de développement axé principalement sur la diversification de l’économie à l’horizon 2035, et les discussions avec les banques locales et internationales pour l’accélération du règlement de la dette intérieure. 

La pleine réalisation de toutes ces initiatives devrait permettre résolument aux entreprises privées de retrouver un niveau de croissance correct pour une meilleure participation au processus de création de la valeur ajoutée de la Guinée équatoriale. 

Comment arrivez-vous à dénouer les noeuds, à desserrer les freins et les points de blocages liés à votre action ? 

Chaque pays pose les bases de son développement selon sa propre histoire, ses ressources et ses priorités. Nous pensons que la Guinée équatoriale fait partie des pays modèles de la modernisation sur les vingt dernières années. 

En effet, le pays a su profiter de la manne pétrolière pour accélérer son développement, en se dotant des infrastructures – routes, ponts, hôtels, logements sociaux, immeubles administratifs, réseaux télécoms… – de niveau international.

Il est clair qu’en deux décennies, le développement ne saurait être parachevé, le nouveau plan 2035 vient ainsi judicieusement prendre le relais du premier, en inscrivant la diversification de l’économie comme la priorité absolue. 

BGFIBank Guinée équatoriale appartient à un groupe dont la mission est d’accompagner le développement harmonieux des économies de ses zones…

Nous sommes fermement convaincus que les plus hautes autorités du pays ont pris en main le redressement de la situation, les nombreuses initiatives déployées dans ce sens en témoignent.

…d’implantation. Notre action s’inscrit fondamentalement dans la détection et l’exploitation d’opportunités en bonne intelligence avec notre pays d’accueil. 

Comment faites-vous pour être au coeur de la modernité financière et bancaire en termes de formation, et de management ? 

Nous respectons l’obligation qui nous est faite au niveau du Groupe BGFIBank, de consacrer au minimum 3 % de notre budget à la formation. Nous avons d’ailleurs le rôle de « vivier de talents » sur la place, grâce à la qualité de la formation que nous dispensons, et aux riches parcours professionnels que nos collaborateurs réalisent.

Cette formation d’excellence passe prioritairement par notre École de la banque, BBS, installée au Gabon, et qui fait partie cette année du Top 10 des meilleures écoles de commerce de l’Afrique subsaharienne, et occupe la première place de ce classement en Afrique centrale. 

Quelle est la place de la FinTech dans votre activité ? 

Nous développons nous-mêmes notre banque digitale, et ce depuis 2016. Notre communication va dans ce sens, pour faire connaître ce que nous nous mettons au service de l’ensemble de la population dans une optique de proximité.

Nous avons commencé par développer un réseau d’agences classiques ; nous avons déployé également un réseau de distributeurs automatiques de billets ; nous avons accru nos capacités en ce qui concerne la monnaie électronique, pour laquelle nous sommes les seuls à disposer d’un agrément.

Tout cela, pour toucher l’ensemble des segments potentiels de clientèle. C’est à cette fin que BGFIBank a créé BGFI Services, la filiale Tech du groupe. Sur l’ensemble de ses activités, en Guinée équatoriale, BGFIBank est totalement à la pointe de la technologie, c’est ce qui explique notre positionnement de banque la plus innovante de la place. 

Quelle place donnez-vous, dans votre stratégie, aux outils et à l’offre de produits destinés à favoriser l’inclusion financière ? 

Nos clients, comme partout dans le monde, souhaitent avant tout disposer de produits faciles d’accès, rapides, et sécurisés. L’ensemble des produits que nous avons lancés semblent aujourd’hui leur donner entière satisfaction sur ce plan.

Ils voient bien que les produits similaires de nos concurrents qui tentent de nous imiter n’ont pas atteint le même niveau de sécurisation. C’est un avantage significatif que nous avons sur le marché, et je pense qu’il faudra plusieurs années avant que nos concurrents ne rattrapent cette avance que nous avons sur eux. 

De quelle manière participez-vous aux enjeux qui se posent au pays en matière de modernisation et de diversification ? 

Le financement de l’économie fait partie de l’ADN du groupe BGFIBank. À ce titre, nous accompagnons en permanence, toutes les grandes initiatives économiques du pays. Au 31 mars 2019, l’encours du secteur BTP pèse plus de 40 % de notre encours total, en phase avec le projet Horizon 2020 qui était axée sur le développement des infrastructures. 

Depuis maintenant plus d’un an, nous accélérons la diversification de nos interventions pour coller à la nouvelle donne économique prônée par les autorités. C’est dans cette optique que nous avons déjà financé quelques projets d’envergure, très éloignés du secteur du BTP, en étroite collaboration avec la BDEAC.

Le portefeuille de projet sur lequel nous travaillons actuellement avec ce partenaire de développement de premier rang, englobe des activités telles que l’agriculture, l’agro-industrie, la transformation du bois, destiné tant à la consommation locale qu’à l’export. Nous sommes convaincus que ces projets vont participer fortement à l’amorce de la transformation du tissu économique local. 

Malgré le contexte difficile, nous avons au cours des deux dernières années mis en exploitation un Centre d’Affaires ultra-moderne destiné aux grandes entreprises à Bata, capitale économique et principale agglomération du pays.

Nous avons obtenu la première autorisation délivrée par la BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) pour l’exercice de l’activité d’émission de la monnaie électronique. Et, nous sommes en passe d’inaugurer une nouvelle agence à Bata, en vue de renforcer nos capacités commerciales à destination de notre clientèle retail banking.

Au regard de tout ce qui précède, nous confirmons ainsi notre conviction dans le potentiel de développement de ce magnifique pays qu’est la Guinée équatoriale.

*Directeur général de BGFIBank Guinée équatoriale

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