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Forum de Rhodes: La coopération multilatérale au centre des discussions

Organisé par l’institut Dialogue des civilisations, le Forum de Rhodes s’est déroulé les 5 et 6 octobre 2018 dans l’île grecque, avec pour thème principal de cette 16e édition le renforcement de la coopération multilatérale.

Rhodes, Yasmina Lahlou, envoyée spéciale

Plus de 300 personnes dont de nombreux ministres, ainsi que d’anciens chefs d’État ont participé au Forum de Rhodes. Tels le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, l’ancien président malien Dioncounda Traoré, ainsi que Samia Nkrumah, fille du premier président du Ghana indépendant Nkwame Nkrumah et panafricaniste fervente comme son père. Le représentant spécial du président russe Vladimir Poutine pour le Moyen-Orient et l’Afrique, Mikhaïl Bogdanov, et l’ex-Premier ministre israélien Ehud Olmert étaient également présents.

Cofondé et présidé par Vladimir Iakounine, l’institut Dialogue des civilisations (DOC) est un cercle de réflexion basé à Berlin, disposant d’antennes à Moscou, Vienne et, en perspective, à New Dehli. Se présentant comme « un pont entre le monde occidental et le monde en développement, qu’il cherche à réunir dans un esprit constructif pour poser les bases d’un monde nouveau, réduire les tensions et assurer un développement inclusif de la planète », il organise le Forum de Rhodes tous les ans depuis 2003 et réunit des dirigeants, experts et hommes d’affaires de quelque 70 pays pour débattre des problèmes auxquels le monde est confronté.

« En dépit de ses évolutions remarquables, il reste encore à l’Afrique un long chemin à parcourir pour créer les conditions d’un développement harmonieux. Le continent doit encore relever de nombreux défis, économiques et politiques, sociaux, également de gouvernance », a déclaré le Premier ministre de Guinée, Ibrahima Kassory Fofana.

« L’Afrique a besoin du monde, et le monde a besoin de l’Afrique, pour la construction d’un multilatéralisme inclusif et fécond, qui soit le creuset d’un véritable dialogue des civilisations».

Cette année, un sommet sur l’Afrique a spécialement été organisé dans le cadre du Forum Annulation de dettes, accords de coopération, diplomatie, etc. Le retour de la Russie en Afrique a été une question largement évoquée. En effet, Moscou entend bien renforcer sur tous les fronts sa présence sur le continent, a précisé à cette occasion le vice-ministre Mikhaïl Bogdanov. On annonce même déjà un éventuel grand sommet international Russie-Afrique l’an prochain… 

ENCADRE

Trois questions à : Mikhaïl Bogdanov ( Vice-ministre et représentant spécial du président russe Vladimir Poutine pour le Moyen-Orient et l’Afrique)

Quels sont les liens de la Russie avec l’Afrique ?

Nous avions des liens étroits jusqu’à la fin de l’URSS. De nombreux Africains n’ont pas oublié leurs relations avec la Russie et notre soutien apporté durant la période des indépendances.

Nous y avons développé un solide réseau d’ingénieurs, de professeurs, de responsables politiques, de policiers et de militaires formés en Union soviétique, et nous pouvons nous appuyer dessus. Aujourd’hui, la Russie est présente en fonction des opportunités et des attentes de nos partenaires, et cette présence est de plus en plus forte. Nous renforçons également notre aide humanitaire, et développons de nombreux accords de coopération.

Pour quelles raisons la Russie s’intéresse-t-elle tant à l’Afrique, aujourd’hui ?

La Russie veut renforcer ses relations avec l’Afrique, mais elle arrive bien tardivement par rapport aux Européens, aux Américains et aux Asiatiques. Face à la Chine, qui est maintenant le premier partenaire commercial du continent, devant les États-Unis, la Russie est encore un partenaire relativement modeste.

D’autre part, nous observons un marché de l’armement pour lequel l’industrie russe est très compétitive. Nous voulons aider nos partenaires à développer leurs capacités militaires, ce qui passe par l’entretien d’équipements acquis à l’époque soviétique ou la fourniture de matériels et technologies plus modernes.

Mon pays a déjà conclu des accords militaires avec la RD Congo et la République centrafricaine. Nous souhaitons également conclure des accords de coopération industrielle.

Pourquoi envisagez-vous l’organisation d’un grand forum Afrique-Russie en 2019 ?

Nous allons mettre en place plusieurs forums pour réunir les ONG, la société civile, les entreprises, etc. Ils pourraient déboucher sur un sommet entre Vladimir Poutine et les chefs d’États africains comme il en existe déjà entre l’Afrique et l’Europe ou l’Afrique et la Chine. Là encore, nous sommes en retard sur les Occidentaux et les Asiatiques.

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