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Education

Les engagements des ministres de l’Ouest et du Centre

Les engagements des ministres de l’Ouest et du Centre
  • Publiéjuin 29, 2022

Constatant un bilan peu flatteur, les ministres d’Afrique de l’Ouest et du Centre ont pris une série d’engagements en faveur de l’éducation. Suivant les recommandations de la Banque mondiale, les gouvernements devront suivre une stricte feuille de route.

 

Par Laurent Allais

La capitale du Ghana a accueilli, le 27 juin 2022, les ministres de l’Éducation et des Finances de 22 pays d’Afrique occidentale et centrale, afin de discuter et d’adopter une nouvelle stratégie d’éducation pour améliorer les résultats d’apprentissage.

Durant cette réunion de travail, la Banque mondiale a présenté sa stratégie régionale, « De l’école à l’emploi : un parcours pour les jeunes d’Afrique de l’Ouest et centrale ». Elle constitue, aux yeux de l’institution de Washington, une feuille de route pour les investissements afin d’améliorer les apprentissages et fournir aux jeunes les compétences nécessaires pour décrocher des emplois productifs.

« Dans de nombreux pays de la région, il faudra consentir davantage d’efforts pour optimiser la gouvernance des systèmes éducatifs afin d’étendre la cohérence, la coopération, et la coordination », juge Mahamudu Bawumia, vice-président de la République du Ghana.

La Banque mondiale prévoit de doubler, d’ici à 2025, son financement de l’éducation en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, afin d’accélérer le travail réformateur, a promis Ousmane Diagana, vice-président de l’institution. Le financement passerait ainsi de 3,1 milliards de dollars à 6,2 milliards $.

Cette stratégie d’éducation, qui devrait être mise en œuvre de 2022 à 2025, exige des gouvernements et de la société qu’ils donnent la priorité à l’éducation sur le continent pour tous les enfants en âge d’être scolarisés. Reste à persuader les gouvernements d’allouer les ressources financières importantes à la mise en œuvre de la stratégie. L’enjeu est simple : permettre à 30 millions d’enfants de lire et de comprendre des tâches simples, d’ici à 2030. L’Afrique de l’Ouest et du Centre sont loin de cet objectif.

Il s’agit également de permettre la scolarisation de 2,5 millions d’adolescentes, de faire en sorte que 3,7 millions de jeunes supplémentaires acquièrent des compétences fonctionnelles de base et qu’un million de jeunes s’assureront des compétences numériques d’ici à 2025, afin de permettre au plus grand nombre d’entre eux d’obtenir de meilleurs emplois.

Les ministres ont plaidé pour une coalition pour l’éducation en Afrique de l’Ouest et centrale, adoptant une déclaration finale.

« Nos enfants représentent l’avenir, et leur éducation est essentielle pour atteindre nos objectifs de développement inclusif et durable », relate ce document. « Nous avons convenu de l’importance et de la nécessité d’une éducation de qualité pour le développement des personnes, des citoyens, et des valeurs qui cimentent nos sociétés et en garantissent la solidarité. » Il s’agit au fond, reconnaît cette charte, de respecter l’Objectif de développement durable numéro 4 (assurer l’accès de tous à une éducation de qualité).

 

Améliorer l’efficacité des dépenses

Tout en saluant « les progrès significatifs » réalisés à ce jour, les ministres reconnaissent que l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale sont « loin d’avoir atteint une éducation de qualité pour tous ». Avec un sentiment d’urgence renforcé par les effets de la pandémie, les ministres s’engagent « à faire en sorte qu’une approche globale de l’éducation soit une priorité dans nos stratégies de développement en tant que facteur clé du progrès économique et social ».

Entre autres engagements, les ministres prônent l’augmentation des inscriptions dans l’enseignement supérieur, notamment dans les STIM (Sciences et technologies) et dans les autres matières pertinentes pour les marchés du travail.

Chaque pays devra publier ses objectifs nationaux quantifiables pour 2025 et 2030 afin de réduire la pauvreté des apprentissages, d’augmenter la scolarisation des filles dans le secondaire et d’élargir l’accès à l’enseignement professionnel et supérieur.

Bien sûr, il est quelques défis : « Le progrès nécessite un leadership politique fort, des systèmes bien gérés et la capacité technique pour mettre en œuvre les réformes », jugent les dirigeants africains. Lesquels s’engagent à « améliorer encore » l’efficacité et l’efficience des dépenses d’éducation et à accroître la part de l’Éducation dans la richesse produite.

Pour offrir une éducation de qualité, il faudra l’implication de toutes les parties prenantes, y compris les communautés et les parents, les organisations de la société civile et le secteur privé. Sachant que le développement de la petite enfance et d’un enseignement pré‐primaire de qualité est essentiel pour garantir que les enfants arrivent à l’école en situation d’apprendre.

« Nous ne parviendrons pas à des changements significatifs sans un élan politique soutenu à travers la région », résume Mahamudu Bawumia, vice-président de la République du Ghana.

@NA

 

 

Écrit par
laurent

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