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Economie

William Elong : PDG de Algo Drone Holding

Selon les calculs de l’entrepreneur, le marché africain de drones civils représente 80 milliards de dollars et l’offre reste en dessous de la demande « d’où l’urgence d’en tirer grand profit ». Pour y parvenir, le jeune entrepreneur et son équipe optent pour la fabrication du modèle Algo Drone dont l’unité est vendue au moins à 10 000 dollars.

Soit un prix très inférieur à celui de ses concurrents américains et israéliens, fait savoir l’entreprise. Ce drone comporte une caméra embarquée qui transmet les images en haute définition et peut aussi transporter des radars et des caméras multispectrales.

Il peut être utile, entre autres, pour la cartographie, la prise de vue aérienne, l’agriculture. En effet, le coeur du marché n’est pas le drone en lui-même, mais les logiciels embarqués.

La partie matérielle du drone représente moins de 30% de sa valeur alors que plus de 70 % sont consacrés aux ressources humaines et logicielles. Un repositionnement technologique et économique que le jeune entrepreneur explique aussi par des raisons de sécurité et de rentabilité.

Les drones Made in Cameroun avec intelligence artificielle embarquée, espère William Elong, vont « briser le complexe d’infériorité des jeunes Africains vis-à-vis de l’étranger ».

Des ambitions internationales

Face à la concurrence internationale, le PDG d’Algo Drone reste confiant, d’autant que plusieurs de ses concurrents ont déposé leurs bilans pour, suppose-t-il, avoir mis d’énormes moyens financiers sur le secteur matériel alors que la bataille se situe au niveau de l’intelligence artificielle.

« J’ai vu des drones fabriqués par les Occidentaux, lors d’un salon l’étranger. Je peux vous assurer que certains grands fabricants emploient le même matériel que nous utilisons dans notre usine de montage à Douala », relate-t-il.

Et de nuancer : « La seule différence entre eux et nous, c’est l’accès aux capitaux pour la recherche et le développement, puis le marketing. C’est justement ce que nous voulons obtenir en allant à l’étranger, pour que nous puissions rivaliser à armes égales avec nos concurrents. »

Avec l’ouverture de deux succursales en France et aux États-Unis, pour la conquête des marchés européen et américain, William Elong poursuit le développement de son entreprise : « Nous voulons entrer sur le marché international. Localement, la première levée de fonds nous a permis d’obtenir les résultats escomptés : prendre des locaux, recruter des ingénieurs camerounais, acheter du matériel pour monter nos drones à Douala, etc. Désormais, nous pensons que nous devons rapidement aller à l’international. Et je suis convaincu que nous pouvons devenir les meilleurs au monde d’ici à cinq ans. »

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