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Economie

William Elong : PDG de Algo Drone Holding

Premier fabricant de drones Made in Cameroon à destination des entreprises, William Elong vient de lever 1,3 milliard de F.CFA pour développer son  activité à l’international. Misant sur les performances de l’intelligence embarquée, il entend rivaliser avec les plus grands.

Douala, Frédéric Nonos

Il s’est désormais lancé à la conquête du marché mondial de fabrication de drones civils. Après sa deuxième levée de fonds de 1,3 milliard de F.CFA (2 millions d’euros) en janvier 2019, William Elong voit grand ! Un carnet de commandes déjà bouclé, prévoit une centaine de drones à livrer durant l’année.

La force de son entreprise est de savoir s’adapter aux besoins du client, en proposant des drones sur mesure au tarif minimum de 600 000 F.CFA (915 euros), sans compter les coûts supplémentaires liés à la personnalisation de l’engin. Soit 25 fois moins cher que ses concurrents.

Pour asseoir ses ambitions, le jeune entrepreneur a créé Algo Drone, une holding basée en Allemagne pour lever des capitaux, développer le volet Recherche & Développement, et enfin offrir au marché international des drones Made in Cameroon, au système d’intelligence artificielle embarqué.

« Nous avons reçu une commande d’une centaine de drones de six pays d’Afrique centrale et de l’Ouest. Mais, nous n’avions pas la capacité de production suffisante pour répondre à la demande. Nous avons opéré les ajustements nécessaires en acceptant de céder une partie de la chaîne de production à des partenaires techniques, notamment sur la partie matérielle, tout en gardant en interne la propriété intellectuelle et la partie logicielle du drone », confie le jeune entrepreneur.

Ingénieux

Âgé aujourd’hui de 26 ans, William Elong était, à vingt ans, le plus jeune diplômé en stratégie et intelligence économique de l’École de guerre économique de Paris. Passé par Thalès à dix-huit ans, puis par Oracle, il crée en

France Will&Brothers, start-up orientée vers l’intelligence économique et l’innovation technologique. Un univers peu exploité en Afrique : « Il n’a pas été possible de convaincre les investisseurs locaux, à cause de ma jeunesse, mais surtout en raison des projets technologiques que je portais. Or, l’Afrique a encore beaucoup de chemin à faire en matière d’intelligence économique, et nos pays doivent s’en servir pour se faire une place de choix sur l’échiquier mondial », analyse le jeune surdoué, qui compte bien jouer un rôle de premier plan.

Passionné de nouvelles technologies, William Elong développe dès 2015 DroneAfrica, initiative visant à proposer des services associés aux drones en Afrique dans le tourisme, l’agriculture, la météorologie, la cartographie… Il compte « plus de 50 opérations réalisées, au départ avec des drones qui existaient déjà sur le marché, puis progressivement avec des drônes fabriqués

au Cameroun ». DroneAfrica réussit une première levée de fonds de 110 millions de F.CFA (167 700 euros) en 2015. Son promoteur et sa vingtaine d’employés réussissent à fabriquer les premiers drones Made in Cameroon et à les dévoiler au public, en  février 2018.

« Nous avons trois drones phares : un drone à voilure fixe, avec une portée de 20 km et une autonomie de plus de 45 minutes, baptisé Algo ; un drone hexacoptère baptisé Logarithm et un drone terrestre baptisé Sanaga », décrit William Elong.

Valeur ajoutée

La force de son entreprise est de savoir s’adapter aux besoins du client, en proposant des drones sur mesure au tarif minimum de 600 000 F.CFA (915 euros), sans compter les coûts supplémentaires liés à la personnalisation de l’engin. Soit 25 fois moins cher que ses concurrents. Ce, avant qu’il ne décide un changement de modèle économique en se « positionnant sur des projets à forte valeur ajoutée ».

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