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Economie

UEMOA : le pic de l’inflation atteint en juin ?

UEMOA : le pic de l’inflation atteint en juin ?
  • Publiéjuillet 29, 2022

Faisant état d’une hausse des prix, en glissement annuel, de 7,5 % en juin, en Afrique de l’Ouest, la Banque centrale (BCEAO) anticipe une légère décélération de l’inflation les mois suivants, ainsi qu’un maintien du rythme de croissance économique.

 

Par Laurent Soucaille

Tout en prévenant des risques, à rechercher notamment du côté des prix à la production, la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest) se montre plutôt optimiste, pour les mois à venir. Sa note de conjoncture ne présage pas, a priori, d’un nouveau durcissement de la politique monétaire.

En effet, juge l’institution monétaire, les économies de l’Union devraient bénéficier des effets des plans de relance, tirées par les services et l’industrie manufacturière. « Ces perspectives demeurent entourées d’autres risques baissiers, notamment les incertitudes relatives à l’évolution de la crise sanitaire, l’environnement sécuritaire et sociopolitique difficile », précise le bulletin de conjoncture du 28 juillet 2022.

En juin, l’inflation est ressortie à 7,5%, en glissement annuel, contre 6,8% en mai. La hausse du niveau général des prix est essentiellement imputable à la composante « Produits alimentaires » et, dans une moindre mesure, aux fonctions « Logement » et « Transport ».

Quoi qu’il en soit, cette dynamique serait tirée par la hausse attendue des demandes intérieure et extérieure, du fait de l’amélioration continue de plusieurs secteurs d’activité : transport, tourisme, hôtellerie, BTP, etc.

Toutefois, la hausse continue du coût de production pourrait induire un effet modérateur. Selon l’enquête de conjoncture menée par la BCEAO, l’activité économique serait bien orientée dans l’ensemble des secteurs ; les chefs d’entreprise interrogés anticipent de meilleures performances. L’accélération serait notée au niveau des branches commerciales, des industries manufacturière et extractive, ainsi que des services marchands et financiers.

Dans ce contexte, la croissance, en variation annuelle, poursuivrait au rythme de ces derniers mois, soit +5,2% au troisième trimestre et +5,6% au quatrième. Les performances économiques des pays de l’UEMOA seraient tirées par la bonne tenue des services et des activités de commerce.

De leur côté, les conditions financières et monétaires vont commencer à ressentir les effets de la hausse des taux d’intérêt, décidée par le Comité de politique monétaire le 1er juin 2022, afin de limiter les effets du retour de l’inflation, « condition indispensable pour une croissance économique saine et inclusive ».

 

Des plans de réponse efficaces

Sur le front de l’inflation, justement, les informations disponibles font état d’une décélération du rythme de progression de l’inflation, en glissement annuel, à 7,4% en juillet et 7,0% en août 2022. Le maintien des tensions inflationnistes à un niveau élevé s’expliquerait par les répercussions attendues de la hausse des cours mondiaux des produits pétroliers et alimentaires, ainsi que l’impact de la période de soudure dans les pays sahéliens.

Toutefois, les tensions inflationnistes devraient être atténuées par les mesures d’urgence prises par les différents pays de l’Union pour lutter contre le phénomène de la vie chère, ainsi que les interventions attendues au titre des plans nationaux de réponse convenus entre les États et leurs partenaires.

Ces tensions pourraient être également atténuées par la poursuite de la décélération du coût de fret, dans le sillage de la tendance amorcée depuis janvier 2022, ainsi que l’arrivée des premières récoltes de la campagne agricole 2022-2023.

En juin, pourtant, l’inflation est ressortie à 7,5%, en glissement annuel, contre 6,8% le mois précédent. La hausse du niveau général des prix est essentiellement imputable à la composante « Produits alimentaires » qui a contribué à 5,7 points à l’inflation totale et, dans une moindre mesure, aux fonctions « Logement » et « Transport ».

Le renchérissement du pétrole lampant est noté au Bénin (+35,4%), au Burkina (+18,8%), au Mali (+21,7%) et au Togo (+18,9%), dans le sillage des cours mondiaux. Le taux d’inflation sous-jacente, calculé en excluant les prix les plus volatils, est ressorti à 4,7% en juin 2022, après 4,5% en mai et avril 2022. En cause notamment, le renchérissement du prix de certaines denrées alimentaires comme huiles, la farine, les légumes et dans une moindre mesure, la viande.

Au titre de la situation monétaire et financière, la politique monétaire de la BCEAO est restée « accommodante », rappelle la BCEAO qui juge que les conditions de financement dans les économies de l’UMOA sont demeurées favorables. Le financement des plans de relance des États et de l’activité du secteur privé s’est traduit par une croissance soutenue des agrégats monétaires.

@AB

 

 

Écrit par
laurent

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