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Economie

Togo : Des atouts à faire valoir auprès des investisseurs

Un forum UE-Togo à Lomé, un sommet des investissements à Londres… Le pays cherche à attirer les investisseurs, faisant valoir ses réformes afin d’améliorer sa productivité et ses atouts particuliers. Et reçoit quelques soutiens de poids.

Par Shoshana Kedem 

Tony Blair a fait une apparition surprise au Sommet des investissements au Togo, à Londres, dont l’objectif était de promouvoir les investissements dans un pays en pleine croissance.

L’ancien Premier ministre britannique a accueilli le président Faure Gnassingbé et une délégation de responsables chargés du commerce à l’occasion d’un événement visant à présenter le pays comme une destination d’investissement attrayante après les réformes mises en oeuvre. Toutefois, le contexte politique du pays pourrait venir compliquer les initiatives.

La circulation le long du corridor commercial reliant les pays enclavés que sont le Mali, le Burkina Faso et le Niger, au port ouest-africain, devrait doubler d’ici à 2025 et quadrupler d’ici 2040. « Le PND coûte 8 milliards $, mais deux tiers de cette somme devrait provenir du secteur privé », précise Kodjo Adédzé.

Depuis qu’il a quitté ses fonctions en 2007 après plus de dix ans à la tête du pays, Tony Blair pris un itinéraire paradoxal, parfois controversé, de philanthrope, de conférencier et de consultant.

Son organisme à but non lucratif, le Tony Blair Institute for Global Change, travaille avec le Togo depuis 2017 pour « former des équipes compétentes au sein du gouvernement » et accélérer la mise en oeuvre de « projets créateurs d’emplois » en facilitant les investissements étrangers, lit-on sur le site Web de l’organisation. 

Une attractivité renforcée 

Tout en reconnaissant les « défis majeurs » auxquels le pays est confronté, Tony Blair a longuement fait son éloge. « Je suis très optimiste sur l’avenir de ce pays », a-t-il lancé.

« Le gouvernement togolais a la volonté et la capacité de transformer le pays ; et le Togo possède un climat propice aux affaires. Le Plan national de développement définit clairement les champs prioritaires. Il ne fait aucun doute que le pays présente une multitude d’opportunités. Le gouvernement s’efforce d’attirer des investissements étrangers directs et encourage le secteur privé. »

Ainsi, des opportunités majeures se présentent-elles dans le secteur agricole, un pilier de l’économie togolaise, pesant environ 40 % du PIB, selon la Banque mondiale. 

Faure Gnassingbé a précisé que le Plan national de développement, estimé à 8 milliards de dollars pour la période 2018- 2022, espérait capitaliser sur l’accès du pays aux marchés ouest-africains de la région. 

« La priorité est de transformer le pays en un hub logistique régional. Notre pays bénéficie d’une situation stratégique dans une région qui compte plus de 350 millions d’habitants, formant un vaste marché de consommateurs… Il sert de passerelle vers le Burkina Faso et le Mali et reçoit des produits provenant d’autres pays de la Cedeao », a-t-il détaillé. 

Dans le cadre du PND, le pays a pour projet de bâtir des usines agroalimentaires, des centres de fabrication et de développer les industries extractives.

Le Togo est le quatrième producteur de phosphate du monde, et possède également des gisements de fer, ainsi que des carrières de calcaire, de graviers et de sable, dont une grande partie est exportée. 

Une volonté politique 

Kodjo Adédzé, le ministre togolais du Commerce et des transports, rappelle à African Business que le pays avait instauré plusieurs mécanismes favorables aux investisseurs : « Nous avons créé un organisme de promotion des investissements. Pour accéder à notre pays, obtenir des autorisations et effectuer toute autre démarche, les investisseurs passent désormais par un seul organisme du ministère des Finances. Nous avons également huit projets liés au développement du hub logistique, du port et du réseau routier. Nous agrandissons notre réseau autoroutier et nous développons des centres agricoles et industriels. » 

L’un des projets, Unity Highway, vise à transformer la principale route vers le nord, qui relie le port de Lomé à Ouagadougou au Burkina Faso, en une autoroute à quatre voies.

La circulation le long du corridor commercial reliant les pays enclavés que sont le Mali, le Burkina Faso et le Niger, au port ouest-africain, devrait doubler d’ici à 2025 et quadrupler d’ici 2040. « Le PND coûte 8 milliards $, mais deux tiers de cette somme devrait provenir du secteur privé », précise Kodjo Adédzé. 

Le Togo affiche sa « volonté politique de transformer le pays », affirme Alex Johnsen, consultant à Eagle Scientific. « Le seul autre pays africain où j’ai rencontré ce même intérêt est le Rwanda, mais le Togo a des atouts spécifiques, comme l’accès à la mer avec un port international, et un accès facile au marché nigérian », analyse-t-il. 

Croissance soutenue 

Le Togo a grimpé de 19 places dans le classement Doing Business réalisé par la Banque mondiale. Il se situe à présent au 137e rang sur 190 économies, dépassant le Nigeria (146e), l’Éthiopie (159e) et le Sénégal (141e).

L’agence Standard & Poor’s a récemment attribué pour la première fois une note souveraine au pays, lui accordant une note « B » en devises et en monnaie locale, assortie de « perspectives stables », fondées sur la croissance économique du pays, les mesures prises pour réduire son déficit budgétaire et courant, et ses efforts pour diversifier l’économie par le biais de l’intégration régionale et de l’augmentation des exportations. 

Selon les prévisions, la croissance du PIB devrait se situer juste au-dessus de 5 % en 2019, portée par les investissements dans les infrastructures – en particulier dans les transports –, ainsi que l’essor des activités portuaires et de la production de phosphates, de clinker et de coton, précise Alisa Strobel, économiste et analyste du risque souverain chez Markit. 

« Les investissements dans des projets d’infrastructures majeurs et les activités tournées vers les exportations devraient favoriser la croissance. Les perspectives de croissance économique soutenue et les mesures favorables aux investissements privés devraient permettre de dissiper les inquiétudes liées à l’augmentation de la dette suite aux investissements dans les projets d’infrastructure », conclut-elle.  

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