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Economie

Les opportunités de croissance

Selon une enquête menée dans 91 zones de 20 pays d’Afrique subsaharienne, les ZES représentent 1 million d’emplois, soit 0,2 % de l’emploi national. 

Bien sûr, le rattrapage souhaité en matière de productivité passe par les initiatives privées (amélioration des capacités de gestion et managériale, des compétences techniques, des possibilités de financement) et des initiatives publiques complémentaires (réduction des inégalités sur le marché du travail, passerelles vers le secteur formel, renforcement de la gouvernance, etc.). 

Ainsi, les économies locales peuvent-elles attirer davantage les investisseurs, jugent les économistes de l’Union africaine et de l’OCDE, « à condition de mieux mobiliser les ressources intérieures et les apports financiers extérieurs ».

Sur le plan financier, les économies peuvent actionner trois leviers : l’amélioration de l’intermédiation financière, tandis que l’épargne représente pas moins de 20 % du PIB du continent ; l’amélioration des politiques fiscales (312 milliards $ en 2016, soit 1,7 fois plus que les 185 milliards d’apports extérieurs) ; et la lutte contre les flux financiers illicites (estimés à 50 milliards $ par an). 

Cinq « mégatendances » mondiales 

De leur côté, les aides extérieures doivent être mieux orientées, en faveur d’une diversification des économies et des gains de productivité. Entre 2003 et 2014, 36 % des investissements étrangers sont allés vers le seul secteur extractif. 

Selon les experts de l’Union africaine et de l’OCDE, l’Afrique doit tenir compte de cinq tendances macroéconomiques majeures qui influeront sur son intégration dans l’économie mondiale, autant de « défis et de promesses » pour le continent. 

La part croissante des pays émergents offre à l’Afrique la possibilité de multiplier ses partenaires commerciaux, de monter en gamme dans la « chaîne de valeur », par exemple en attirant de nouvelles manufactures. À condition de nouer de solides partenariats commerciaux et de gagner en compétitivité. 

Les mutations technologiques permettent aux entreprises africaines d’accéder à de nouveaux marchés. Déjà, l’Afrique compte 227 millions de comptes d’argent mobile déclarés, soit plus que dans toutes les autres régions en développement réunies, se félicitent les auteurs qui préviennent « des risques considérables » : en Éthiopie, 85 % des emplois actuels appartiennent à des secteurs exposés à la robotisation. 

Le « dividende démographique » pourrait, à lui seul, contribuer à une hausse du PIB africain de 10 % à 15 % d’ici à 2030. À condition de mieux former la jeunesse et à mieux l’intégrer dans l’économie formelle. De même, la «transition urbaine » représente un atout, car elle favorise l’émergence d’une classe moyenne consommatrice de biens et services et catalyse les gains de productivité et d’innovation. À condition, bien sûr, de combattre l’urbanisation sauvage, synonyme de bidonvilles. 

Enfin, le changement climatique menace l’Afrique, plus particulièrement 27 pays du continent, alors que ce dernier ne représente que 4 % des émissions globales de gaz à effet de serre.

Une menace qui pourrait se transformer en atout : « Des stratégies de croissance verte pourraient permettre à l’Afrique de développer de nouveaux secteurs d’activité, de créer des emplois et de réduire ses futurs coûts d’adaptation », concluent les auteurs, qui notent la baisse de 80 % des coûts de l’énergie solaire, sur la période 2008-2015.

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