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Economie

L’Égypte s’engage à stimuler les investissements et la coopération en Afrique

L’Égypte annonce plusieurs initiatives destinées à stimuler les investissements, l’intégration économique et une meilleure coopération en Afrique, alors que le président Abdel Fattah al-Sissi appelle à agir rapidement pour répondre aux besoins du continent. 

À l’occasion du Forum Africa 2018 tenu à Charm el-Cheikh en décembre, le président égyptien a expliqué aux délégués, parmi lesquels figuraient des chefs d’État africains et quelques-uns des dirigeants d’entreprise les plus connus d’Afrique, comment l’Égypte allait aider à s’attaquer aux obstacles qui entravent les investissements et la croissance économique sur le continent. 

Abdel Fattah al-Sissi a annoncé que l’Égypte allait créer un fonds d’assurance contre les risques afin d’inciter les entrepreneurs égyptiens à investir dans d’autres pays d’Afrique pour exploiter les opportunités qu’offre le continent.

L’édition 2018 du Forum a consacré une journée au rôle des femmes en Afrique et une journée aux jeunes entrepreneurs

Un fonds de garantie dédié aux investissements dans les infrastructures, les technologies de l’information et la numérisation des économies africaines a également été annoncé. « Cet événement reflète l’importance que l’Égypte accorde au continent africain », a indiqué le président al-Sissi.

« Il permet de renforcer le cadre multilatéral des pays africains. L’amélioration des infrastructures africaines et le développement seront au coeur de nos priorités lorsque nous présiderons l’Union africaine en 2019. » 

« Nous avons un autre défi urgent à relever en Afrique : celui du temps. Je crois que nous ne pouvons pas demander à nos peuples de continuer à espérer. Nous devons progresser rapidement dans tous les domaines », a-t-il souligné.

L’Égypte va prendre la présidence de l’UA lors de son prochain sommet fin janvier – succédant au Rwanda du président Paul Kagame. Les deux Présidents ont pris part à un dialogue intergénérationnel lors de la Journée des jeunes entrepreneurs du Forum.

Paul Kagame a insisté sur le fait que la croissance démographique de la population africaine ne constituait pas une menace mais une opportunité. « Nous devons permettre aux jeunes d’explorer et de s’exprimer. Ce n’est pas une faveur, c’est notre devoir et notre responsabilité », a-t-il affirmé. 

Avec plus de 60 % de la population âgée de moins de 25 ans, l’Afrique subsaharienne est la région la plus jeune du globe. D’ici à 2030, elle abritera plus d’un quart des jeunes de moins de 25 ans dans le monde. L’entrée sur le marché du travail de cette jeune population – la mieux formée et connectée que le continent n’ait jamais eue –, représente une formidable opportunité, a assuré le président rwandais. 

Était également présent au Forum le président nigérien Mahamadou Issoufou, qui a vigoureusement défendu l’accord de libre-échange continental africain. Il a souhaité rappeler aux délégués l’urgence de prendre des mesures audacieuses pour ratifier l’accord signé en mars 2018. Vingt-deux pays doivent ratifier l’accord pour qu’il puisse entrer en vigueur. « Si le panafricanisme politique s’est affirmé au xxe siècle, le xxie siècle doit être celui du panafricanisme économique », a-t-il souligné. 

Le président al-Sissi a annoncé la création d’une Académie nationale pour lutter contre la corruption en Égypte, sous les auspices de l’Autorité chargée du contrôle administratif. Des bourses seront accordées à 250 Africains pour leur permettre d’étudier et de s’attaquer aux pratiques douteuses dans leur pays. 

La corruption, les infrastructures, l’intégration et l’accélération du développement seront les priorités du nouveau président de l’Union africaine. Mais il a également insisté sur l’importance d’une Afrique sûre : «La sécurité est un investissement pour l’Afrique », a-t-il observé. « Si nous ne pouvons pas maintenir la sécurité et la stabilité, nous aurons des répercussions négatives dans tous les domaines. » 

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