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Economie

Le secteur privé, au coeur de la dynamique

La cartographie du secteur privé burkinabè, encore faiblement structuré, montre une forte dominance du commerce et des biens et services. Le faible développement du tissu industriel alimente une économie de rente.

Dossier réalisé par Rodrigue Arnaud Tagnan et Tiego Tiemtoré 

Auteur d’une étude publiée en 2018, intitulée Soutenir le dialogue économique au Burkina Faso : renforcer la voix du secteur privé pour le renouveau économique, Free Afrik, un Think Tank qui prône « l’économie au service de la liberté », estime le nombre d’entreprises actives au Burkina Faso à plus de 66 000 dont plus de la moitié (51 %) évolue dans le commerce.

Le commerce de gros et de détail représente l’essentiel des activités. Les biens et services concentrent environ 30 % des entreprises, alors que l’industrie (12 %) et l’artisanat (7 %) demeurent relativement faibles. 

Bien que l’agriculture occupe une place essentielle dans l’économie du pays, pesant près d’un tiers du PIB, et qu’elle mobilise une part prépondérante de la population active, elle demeure très peu représentée dans les bases de données officielles sur les entreprises du fait de l’informalité et d’un secteur qui tarde à se moderniser.

Pour Free Afrik, cette situation s’explique par son organisation demeurée quasi traditionnelle : la présence d’entreprises privées y étant très limitée. 

La prépondérance d’une économie informelle 

Selon l’enquête 2015 de l’Institut nationale de la statistique et de la démographie (INSD), près de 85,2 % des travailleurs évoluent dans le secteur agricole. L’emploi non agricole est dominé par l’économie informelle (environ 70 %) dans laquelle évoluent la plupart des entreprises, avec une valeur ajoutée faible, d’après la Banque mondiale.

Parallèlement, la contribution du secteur privé formel à l’emploi est estimée à seulement 13 % contre 17 % pour les administrations publiques. La majorité des emplois se concentre dans les branches du commerce, des BTP et des transports. 

Le secteur industriel compte actuellement pour environ 20 % du PIB et emploie moins de 10 % de la population active. Ce secteur est fortement dominé par la manufacture et la production minière ; les industries repré

La jeunesse de la population, l’abondance de la main-d’oeuvre disponible et les nouvelles structures d’appui offertes par les politiques publiques sont des atouts majeurs pour dynamiser le secteur industriel, tandis que le Burkina Faso a le potentiel pour transformer localement ses matières premières.

sentent un peu plus de 35 % des investissements directs étrangers. Cette situation traduit, selon Free Afrik, un glissement du modèle de croissance d’une économie à base cotonnière vers une économie à essor minier. De fait, la dominance des secteurs commerciaux et miniers et la faible industrialisation alimentent une économie de rente, rendant souvent difficile la promotion d’un dialogue politique transparent. 

Redynamiser le tissu industriel 

Compte tenu des potentialités de transformation locale des matières premières, le gouvernement a inscrit le développement du secteur industriel au centre de sa politique. Le diagnostic des obstacles au développement industriel fait ressortir une dépendance au cours des matières premières, le coût élevé de l’énergie, le manque d’infrastructures de transports, l’absence d’accès direct à la mer, le manque d’infrastructures de transport et le coût élevé des facteurs de production.

Toutefois, la jeunesse de la population, l’abondance de la main-d’oeuvre disponible et les nouvelles structures d’appui offertes par les politiques publiques sont des atouts majeurs pour dynamiser le secteur, d’après le ministère du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat. Qui a adopté, en 2018, une stratégie nationale d’industrialisation avec pour objectif d’améliorer l’offre de financement, de développer des infrastructures existantes et d’accompagner la création d’unités industrielles de transformation. 

Pour maintenir la croissance, l’économie burkinabè doit créer environ 300 000 emplois par an, selon la Banque mondiale, alors que les contraintes budgétaires actuelles, marquées par la faible contribution des micros, petites et moyennes entreprises, entravent sérieusement le financement des dépenses sociales et de développement. Dans un tel contexte, le développement du secteur privé devient indispensable.

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