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Economie

Afrique : Le Nepad passe à l’action…

Au terme d’une rencontre au Nasdaq Stock Market de New York, des investisseurs internationaux et dirigeants d’entreprise de haut niveau, le Nepad (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique – le programme de développement économique de l’Union africaine) a lancé officiellement la campagne Agenda 5%.

Par Gérard Choisnet

Ce lancement se tient cinq années après qu’un Sommet de l’Union africaine (janvier 2012) a adopté le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), avec ses 51 programmes d’infrastructure transfrontalière et plus de 400 projets à mettre en œuvre dans quatre secteurs prioritaires.

L’Afrique a seulement réussi à clôturer 158 projets de financement au cours de la décennie 2004-2013 avec une dette s’établissant à 59 milliards $, ce qui représente seulement 5% des besoins en investissements dans les infrastructures et 12% des flux financiers réels.

La campagne Agenda 5% rappelle que seule une approche collaborative réunissant à la fois les acteurs des secteurs publics et privés pourra apporter des réponses efficaces à ces problématiques et appelle les investisseurs institutionnels à augmenter leurs financements dans les infrastructures pour atteindre l’objectif déclaré de 5%.

Le lancement de la campagne a réuni des investisseurs internationaux du plus haut niveau ainsi que des PDG et chefs d’entreprise, issus notamment du Réseau d’affaires continental (CBN) du PIDA, un réseau dirigé par le NEPAD et qui constitue une plateforme de dialogue dédiée au secteur des infrastructures pour les dirigeants du secteur privé.

Pour le Nigérian Tony O. Elumelu, l’un des entrepreneurs les plus en vue en Afrique et membre actif du CBN, « les gouvernements africains doivent créer des environnements propices pour attirer ces investissements qui sont si importants pour la croissance et le développement du continent ».

Selon un rapport McKinsey de 2016, les investisseurs institutionnels et les banques disposeraient de 120 000 milliards $ d’actifs, dont une partie pourrait donc soutenir les projets d’infrastructures en Afrique.

Toutes ces problématiques sont au cœur de la feuille de route de l’Agenda 5% qui constitue la colonne vertébrale de la campagne du NEPAD et dont les résultats attendus sont notamment :

  • Le déblocage de sources notables et mesurables de capitaux nécessaires à la mise en œuvre des projets d’infrastructure nationaux et régionaux sur le continent.
  • L’élargissement et l’approfondissement des marchés de capitaux africains qui sont actuellement peu substantiels, tout en contribuant de manière significative à l’intégration régionale et à la création d’emplois.
  • La promotion du développement de produits innovants sur les marchés de capitaux, qui sont spécifiques aux enjeux et au potentiel du continent s’agissant du développement des infrastructures.
  • L’éveil, sur la base des étapes concrètes et des projets mis en évidence, de l’intérêt d’investir chez les autres financeurs institutionnels et non institutionnels qui hésitaient jusqu’alors à inclure les projets d’infrastructures africains comme actif de leur portefeuille sur la base des prochaines étapes concrètes et des suggestions de projets.

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