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Economie

Le Forum des investisseurs africains en novembre

La Banque africaine de développement organise le Forum sur les investissements africains (AIF) à Johannesbourg en novembre, afin d’encourager les investissements dans les infrastructures. IC Publications s’est entretenu avec Ebenezer Essoka en marge du lancement du forum sur les investissements.

Comment la Banque compte-t-elle augmenter le volume des investissements dans les infrastructures ?

J’ai passé des années dans une banque commerciale à refuser des contrats d’affaires parce qu’ils étaient mal préparés. Avec mes collègues, nous avons passé du temps sur les accords de financement de projet, à étudier les moyens de limiter les risques associés aux projets de transformation sur le continent, parfois avec succès, parfois sans. Quand on réussissait, on s’associait à d’autres partenaires.

La BAD propose une nouvelle approche : repérer les projets sur le continent qui peuvent être élargis et biens structurés avant la clôture financière. Afin de trouver les projets, la Banque a contacté d’autres banques de développement multilatérales. Ensemble, nous avons décidé de regrouper nos ressources pour avoir une idée des projets possibles et étudier leur viabilité. Nous préparons les projets afin d’être prêts à en discuter avec les investisseurs.

De plus, si nous pouvons travailler avec les banques de développement multilatérales, nous pourrons sans doute le faire avec des banques commerciales. Compte tenu des réglementations internationales plus strictes comme les accords de Bâle III et les nouvelles lois de comptabilité IFRS9, les banques vont davantage devoir s’associer pour réaliser de lourds investissements. Nous avons décidé de discuter avec l’IFC, la KfW, la BEI, la BERD, la Banque islamique de développement et d’autres institutions financières dans le monde. Toutes estimaient que nous devions mobiliser des ressources.

Comment la Banque organise-t-elle les projets avant de les présenter aux investisseurs ?

Les projets sont classés suivant différentes catégories. Certains projets nécessitent davantage de travail quand les études de faisabilité n’ont pas été réalisées correctement. Une étude de faisabilité nécessite 5 % à 7 % du budget prévu pour le contrat. Certains projets sont mal adaptés à l’environnement réglementaire. D’autres peuvent sembler viables mais les risques doivent être limités pour qu’ils soient finançables. De quels instruments avons-nous besoin pour limiter les risques afin de parvenir à intéresser les investisseurs ? C’est la question à laquelle nous voulons répondre aujourd’hui.

Les investisseurs sont-ils intéressés ?

Beaucoup étudient les projets et, dans le même temps, nous recherchons des investisseurs traditionnels et non-traditionnels qui ont conclu des accords sur le continent. Les investisseurs

sont intéressés mais, comme vous le savez, il existe un déficit de financement. Il arrive toujours que des investisseurs internationaux se retirent, jugeant que les risques encourus ne justifient pas le financement de ces transactions.

Dans certains cas, nous n’avons pas réfléchi suffisamment à la stratégie. Sans parler des ressources nationales. De nombreux pays africains ont placé les ressources de la Banque centrale dans des établissements financiers offshore qui ne rapportent rien. Ces pays empruntent de l’argent à l’étranger pour financer leurs projets. Tout en recherchant des investisseurs, nous devons également redéfinir l’approche des gouvernements et travailler différemment avec nos propres institutions.

Combien de projets seront présentés et comment ?

Des projets sont étudiés et seront classés en fonction de plusieurs critères. Nous avons sélectionné des projets qui sont, d’après nous, tout à fait « bancables ». L’objectif est de nous assurer que les discussions entre les promoteurs de projet et les investisseurs débutent avant le Forum qui se déroulera du 7 au 9 novembre à Johannesbourg.

Aujourd’hui, nous avons réduit le nombre de projets à présenter à une centaine, représentant 58 milliards $, mais nous allons encore limiter ce nombre car, en deux jours, il n’est pas possible de discuter de cent transactions. Lors du Forum, nous serons face à des partenaires qui sont déterminés à conclure des accords. Des objectifs et des délais ont été clairement définis ; nous avons résolu toutes les questions qui nous avaient empêchés de trouver un accord sur ces projets. Mais le 9 novembre n’est pas une date finale. Le Forum est l’occasion d’entamer des discussions qui pourront se poursuivre.

Comment le Forum sera-t-il organisé ?

Il comprendra des événements ouverts à tous les participants, comme des ateliers, des études de cas et des discussions où nous aborderons notre expérience sur le continent. Nous inviterons les gouvernements à expliquer pourquoi ils estiment que la situation pourrait changer s’ils s’associent à d’autres acteurs. Nous animerons une activité pour des jeunes afin de les stimuler, et pour qu’ils aient foi dans l’avenir de notre continent.

Nous insisterons également sur le fait que les Africains doivent jouer un rôle actif. Cela nécessite plusieurs éléments : croire dans les investissements dans les infrastructures ; mettre leurs ressources à disposition ; et travailler en collaboration avec leurs partenaires pour davantage d’efficacité.

Une fois que cette approche aura fait ses preuves, nous pourrons nous adresser aux investisseurs non-traditionnels, en Asie, au Moyen-Orient, etc., et leur proposer de réaliser les projets à plus grande échelle. Quand je dirigeais des banques sur le continent pour le compte de multinationales, mon rendement moyen sur investissement était supérieur à 15 % ; cela n’arrive pas souvent. 

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