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Economie

La Cemac, une institution zombie ?

Le capitalisme de surveillance s’est révélé particulièrement lucratif et a propulsé Google au sommet des firmes mondiales. Les données comportementales en ligne sont devenues la matière première du nouvel âge du capitalisme, l’âge de la surveillance. Une matière première exclu­sivement détenue par les firmes-pays que sont devenues les « GAFAM ».

Au total, si pendant ce temps, les Africains continuent à ne pas appré­hender l’importance stratégique de la monnaie, si les Africains ne créent pas ici et maintenant, c’est-à-dire au plus tard en 2020, une monnaie unique africaine, ils seront les esclaves des champs du reste du monde.

Ainsi quand la firme Facebook annonce-t-elle la création d’une crypto-monnaie dénom­mée « libra », fonctionnelle dès 2020, elle ne fait que parachever le capitalisme de surveillance.

Jusqu’à ce jour, la monnaie était un équivalent général qui ne laisse aucune trace. En ce sens que lorsque vous ache­tez un bien à l’aide de la monnaie, cette dernière ne livre aucune information sur vos achats antérieurs.

Le billet de banque par exemple ne dit pas s’il a déjà été utilisé dans l’achat d’un chocolat, d’un vélo, ou d’un ordinateur. Avec le libra, la monnaie va cesser d’être muette.

Chaque transaction va laisser des traces en ligne, consignées dans un registre numérique appelé blockchain. La totalité des acteurs ayant accès à la « chaîne de blocs » constituant le libra aura un accès total et immédiat aux comportements de dépenses des utili­sateurs du libra.

Une monnaie dont le pays virtuel compte déjà 2,25 milliards d’habitants. Une monnaie qui est appe­lée à remplacer à très court terme, les actuelles monnaies de réserve (dollar, euros, yen, livre sterling etc.).

Car, que nul ne se fasse des illusions. Au départ, le libra se donne à voir comme une monnaie adossée aux grandes devises mondiales. Une fondation basée en Suisse va rassembler un fonds, abondé par toutes les firmes partenaires de Facebook dans cette aventure.

A priori, ce fonds permet­tra de convertir des libras en dollars ou en euros. Toutefois, à très brève échéance, les volumes de libra excéderont celui des monnaies Banques centrales.

Personne ne peut en effet empêcher une firme partenaire du Libra de faire du crédit à ses clients. En clair, nous assisterons, à très court terme, une création monétaire de libra qui excédera la valeur des monnaies Banques centrales.

Et, comme la monnaie papier s’est libérée de l’or qui était à l’ori­gine la seule vraie monnaie, le libra se libérera aussi du dollar, de l’euro, etc. et deviendra l’unique monnaie tangible.

Au total, si pendant ce temps, les Africains continuent à ne pas appré­hender l’importance stratégique de la monnaie, si les Africains ne créent pas ici et maintenant, c’est-à-dire au plus tard en 2020, une monnaie unique africaine, ils seront les esclaves des champs du reste du monde. Des esclaves maintenus sous servitude par les esclaves de maison que sont les oligarques locaux. Ceux qui gesticulent dans des institutions zombies comme la Cemac.

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