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Economie

La Bourse est-elle attractive ?

Des besoins de financement à satisfaire 

C’est cette structure en fait balbutiante des marchés d’actions en Afrique qui freine leur développement. Car il y a de l’argent à placer, les taux de bancarisation sont toujours très bas malgré l’envol des PIB.

Longtemps, les filiales de banques étrangères proposaient des produits de placement étrangers, complétés par les fameuses valises de billets qui filaient en Suisse, à Londres et aux États-Unis. Mais l’attractivité du marché africain, d’une part, et la lutte anti-corruption, d’autre part, ont modifié la donne. 

Aujourd’hui, les Africains investissent chez eux en priorité et, d’abord, sous forme d’auto-investissement. Ce qui entraîne, outre une envolée du bâtiment, une multiplication des PME qui, en grossissant, ne pourront plus se satisfaire de cet auto-investissement.

Il leur faudra faire appel aux banques qui, aujourd’hui, sont plutôt réticentes face aux structures moyennes (c’est pire pour les petites !) et aux Bourses de valeurs.

Quand on voit à quelle vitesse se sont constituées les structures d’agrobusiness au Burkina Faso ou en Côte d’Ivoire, beaucoup avec l’argent des hauts fonctionnaires, on ne peut qu’être confiant dans l’avenir.

Le tout est de rassurer une clientèle de possibles actionnaires plus méfiante en Francophonie qu’en Anglophonie, autre évidence montrée dans les deux tableaux ci-dessous. L’influence culturelle des ex-colonisateurs sans doute, mais on doit noter à cet égard que l’agrobusiness est né en Francophonie : les nouvelles générations d’Africains sont moins influencées… 

D’ailleurs, les nouveaux riches africains ne sont plus des proches du pouvoir ayant hérité ainsi de propriétés minières comme en Afrique du Sud.

Le plus riche, le Nigérian Aliko Dangote, a fait fortune dans le ciment et investit aujourd’hui dans l’agro-industrie. Son compatriote et ex n° 2 africain sur ce plan, Mike Adenuga, a vu sa fortune bâtie sur le pétrole fondre comme neige au soleil. La famille égyptienne Sawiris a fait fortune dans les télécoms (Orascom) avant de passer à d’autres secteurs.

Autre exemple de milliardaires issus de secteurs autres que pétroliers et miniers, l’Algérien Issad Rebrab, d’abord vendeurs d’appareils électroménagers avant de se lancer dans l’agroalimentaire, notamment les oléagineux. En Afrique du Sud, le n° 1 est bien dans les mines, Nicky Oppenheimer, mais son second est dans l’industrie du luxe (Johann Rupert).

Le nouveau président, Cyril Ramaphosa, a lui-même fait fortune non dans les mines, mais dans l’industrie, notamment téléphonique (MTN, premier opérateur africain de téléphonie mobile). 

Bref, l’Afrique bouge très vite aujourd’hui. En témoigne aussi la confection dans laquelle excellent de nombreuses créatrices et créateurs, qui exportent de plus en plus et dont les entreprises ont eu recours à l’autofinancement, dont le financement familial.

Ou bien encore la diversification agricole qui échappe totalement aux statistiques, mais qui est bien réelle et qui alimente une grande partie du commerce interafricain. 

En définitive, on est tenté de conclure que banques et Bourses sont en retard sur leurs économies et non l’inverse. La croissance africaine leur échappe et le nouvel argent des Africains leur échappe.

Faut-il attendre que la population décide de se bancariser et d’acheter des actions ou bien faut-il que les banquiers et responsables boursiers aillent d’abord à sa rencontre ? Et autrement qu’en envoyant une camionnette gardée par des vigiles pour recueillir les billets de banque sur les marchés !

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