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Economie

La Bourse est-elle attractive ?

Les marchés boursiers d’Afrique sont particulièrement volatils et leur capitalisation ne représente qu’une fraction de l’économie réelle. Pourtant, le besoin des grosses PME, et de leurs actionnaires, pourrait entraîner un surcroît d’intérêt pour les placements actions. 

Par Christian d’Alayer 

Voici des indices que l’Afrique devrait passer sous silence : ceux de ses marchés boursiers : à voir les chiffres et hors quelques rares pays, y investir revient à perdre ses sous ! Notamment à la Bourse d’Abidjan qui a vu fondre sa capitalisation en quatre ans…

À long terme, toutefois, l’investisseur reste gagnant dans cinq pays : le Zimbabwe largement en tête (quelle surprise pour ce pays attaqué financièrement par les Anglo-Saxons !), la Namibie, l’Île Maurice, le Kenya, l’Afrique du Sud et l’Ouganda. 

Il ne faut toutefois pas crier au loup. En dehors de l’Afrique du Sud, qui a multiplié par trois ses investissements boursiers en quatre ans, les autres places boursières africaines sont pratiquement toutes débutantes.

Le gros des actions cotées concerne les matières premières, les opérateurs téléphoniques et les banques tandis que leur capitalisation totale est très éloignée de celles des pays développés : le New York Stock Exchange totalise 30 923 milliards de dollars, et les deux grandes bourses européennes, Londres (3 767 milliards $) et Euronext (3 927 milliards $) pourraient faire rêver même les Sud-Africains ! 

De plus, l’Afrique reste un continent largement rural et les fermes ne sont pas cotées en Bourse… Les investisseurs – il y en a de plus en plus – s’associent en fait au sein de sociétés d’agrobusiness.

On est tenté de dire que banques et Bourses sont en retard sur leurs économies et non l’inverse. La croissance africaine leur échappe et le nouvel argent des Africains leur échappe.

De plus, ces dernières années, la baisse du prix des matières premières a, bien entendu, pesé sur la valeur des sociétés minières, notamment les sud-africaines.

Dans le pays, le coût d’extraction aurifère s’est envolé (il faut aujourd’hui creuser jusqu’à 3 000 mètres pour trouver du minerai !). Des économies rurales et la baisse du prix des matières premières explique, en très grande partie, les chiffres décevants des Bourses africaines ces dernières années.

Avec en sus, quelques mouvements de panique chez les « investisseurs » : les retraits en dollar ont été partout très importants, accélérant les chutes : la règle d’or des boursiers (« On achète au son des canons et on vend au son des clairons ») ne peut atteindre les oreilles de gens qui étaient ruraux à plus de 85 % il y a un demi-siècle seulement. 

Peu d’entreprises cotées 

En Occident, la valeur des actions est liée aux faibles taux d’intérêt qui rendent peu attractives les obligations. De plus, les grandes banques sont maîtresses des actions qu’elles peuvent encourager ou décourager dans la composition de leurs fonds d’investissement (Sicav et assurances vie notamment).

En liaison étroite avec les Banques centrales, elles font tout pour éviter que n’éclate l’énorme bulle financière créée par la libéralisation du crédit. Exercice d’équilibre qui oblige les Banques centrales à refinancer régulièrement les banques de dépôts vivotant plutôt que vivant du crédit à taux bas. Et qui sont donc plus que tentées par la spéculation… 

Ce n’est pas le cas en Afrique où, à l’exception du Johannesburg Stock Exchange, les Bourses vivent de la bonne ou mauvaise tenue de quelques dizaines au plus d’entreprises. Les conséquences d’une baisse de quelques points dans le prix des matières premières sont perçues très vite et, comme toujours, amplifiées par des rumeurs. 

Les Banques centrales et les grandes banques locales n’y peuvent pas grand-chose, mais cet « effet village » accroît la volatilité du capital boursier.

En Occident, cette volatilité indique une circulation rapide des capitaux ; en Afrique, elle témoigne d’une fragilité évidente des placements. Or, il y a peu d’investisseurs institutionnels sur le continent, banques, compagnies d’assurances et fonds de placement.

Si bien que la volatilité y est naturellement plus importante qu’ailleurs. À Johannesburg, 75 % des actionnaires sont des particuliers.Ce, malgré l’existence de fonds de pension des salariés… 

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