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Economie

Focus : Plaidoyer pour un capitalisme positif

Des projets structurants

Autre préoccupation : le pouvoir d’achat. Avec Marjane – un groupe de grande distribution qui compte aujourd’hui 55 millions de clients par an –, nous avons été pionniers en donnant accès à tous les Marocains à un mode de consom­mation aujourd’hui plébiscité, car il s’efforce de proposer les meilleurs prix.

À propos du désenclavement de nos territoires, le fonds Al Mada contribue fortement au dévelop­pement local notamment dans les mines avec Managem ou les énergies renouvelables avec Nareva. Dans l’énergie éolienne par exemple, Nareva opère plusieurs parcs totalisant 1 650 mégawatts, soit la consommation annuelle de 8 millions de Marocains, près d’un quart de la population du pays.

Territoires dont nous accompagnons l’évolution vers une économie bancarisée en rendant accessible des services financiers au plus grand nombre. Attijariwafa bank, dont Al Mada est l’actionnaire de référence, est devenue le premier réseau bancaire en zone francophone – et ses filiales, telle que Hissab Bikhir, permettent de toucher des personnes encore non bancarisées…

Tout ceci n’excluant pas bien entendue l’action philanthropique à travers l’action de la Fondation Al Mada – qui intervient dans les domaines de l’éducation, l’entrepreneuriat et la culture – ainsi que des associations telle Injaz Al Maghrib, fondée en 2007 et dont les programmes pour stimuler l’esprit d’entreprise ont pu toucher près de 100 000 jeunes au Maroc – et ceci n’est qu’un début puisque nous avons l’ambition de toucher 250 000 jeunes à l’horizon 2022.

Voilà ce que nous entendons par « Al Mada – Positive Impact ». Partout où nous prenons la décision d’investir, nous nous efforçons de rencontrer cette double finalité de l’entreprise : créer des richesses et contribuer au bien commun en renforçant le tissu social de manière durable et respectueuse de la dignité humaine et de la nature.

Il en va de notre responsabilité : une conception de la responsabilité qui remet à plat les anciens fondamentaux de l’économie, « capitalisme contractuel » et « capitalisme financiarisé ».

Quelle nouvelle forme de capitalisme appelons-nous de nos voeux ? La question de la finalité de l’entreprise est de plus en plus présente dans le débat public, et l’élargis­sement de son objet social est évoqué au niveau mondial.

Les États-Unis ont ainsi créé des Public Benefit Corporations qui associent but lucratif et intérêt général. En Europe, le mouvement s’étend avec la Società Benefit italienne, les Community interest companies en Grande-Bretagne ou les entreprises avec « raison d’être » en France.

Il y a là pour l’Afrique une opportunité, celle du quantum leap, prendre un train d’avance et adopter dès aujourd’hui le modèle d’avenir, plus efficient pour son développement… positif.

Inclure dans les statuts de l’entreprise une mission sociale, scientifique ou environnementale qui vient compléter la recherche du profit n’est pas qu’un argument marketing. Les entreprises qui s’engagent pour l’intérêt général attirent des collaborateurs plus motivés, mieux formés, qui cherchent à donner du sens à leur parcours.

Au sein d’Al Mada, la RSE est intégrée de manière native dans la stratégie profonde de nos participations, leur progrès étant mesuré à partir d’une performance globale, incluant des dimensions sociales et environnementales en plus de la dimension économique.

Chez nous, il y a quelque temps déjà que le ROI a changé de sens, qu’il est passé de Return on Investment à Return On Involvement, soit « le retour sur engagement », un gage d’attractivité pour tous les talents que nous souhaitons fédérer à nos côtés et qui assureront demain notre capacité à adresser nos enjeux.

Le retour sur engagement

Ce modèle, nous souhaitons bien sûr qu’il essaime partout en Afrique. Il nous ferait honneur devant le tribunal des générations futures. Mais ce modèle de fonds, qui place le Positive Impact comme le retour sur engagement au coeur de ses pratiques, demeure bien rare en Afrique. Al Mada espère modestement ouvrir la voie. Nous sommes une avant-garde.

Et si le Positive impact devient la marque de fabrique d’une approche économique africaine, alors sans aucun doute aurons-nous oeuvré collectivement pour répondre pleinement aux enjeux qui nous rassemblent et inventer un « capitalisme positif » que nous appelons tous de nos voeux. Peter Drucker, le père du concept d’« esprit d’entreprise » et souvent décrit comme le fondateur du Management moderne, disait que « la raison d’être d’une organisation est de permettre à des gens ordinaires de faire des choses extraordi­naires ».

Faire des choses extraordinaires. C’est ce qui nous mobilise chaque jour. C’est tout ce que je nous souhaite et souhaite aux organisations africaines. Puissions-nous avec le Positive Impact rendre tangible cette vision pour l’Afrique et les Africains.

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