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Economie

Climat des affaires : Un pari difficile

La RD Congo peine encore à attirer des investisseurs, malgré les réformes entreprises pour rendre l’environnement des affaires plus attractif. Un nouveau pouvoir pourrait-il changer la donne ? 

Le pays a adhéré à l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) qui oeuvre en faveur du renforcement, par les États, de la sécurité judiciaire et juridique pour les investisseurs et les entreprises.

Au nombre des mesures prises par le gouvernement, figurent en bonne place la création de l’Agence nationale pour la promotion des investissements et la création d’un Guichet unique. 

Ce Guichet unique vise à raccourcir les délais de création d’entreprises. En théorie, on peut créer une entreprise en trois ou quatre jours, alors qu’il en fallait beaucoup plus avant les réformes engagées, pour l’essentiel, entre 2012-2016, par un gouvernement qui avait à coeur de polir l’image de la RD Congo et de rendre l’économie plus compétitive.

La libéralisation des secteurs tels que l’électricité, les hydrocarbures, les mines, les télécommunications et les assurances, a également été effectuée. Le pays a réformé ses entreprises publiques : elles sont passées sous le billard pour se refaire une santé, après de longues années de gestions contestées. 

Le Parlement débordait d’activité, par moments, en adoptant une série de textes législatifs destinés à promouvoir la concurrence et à injecter une dose de transparence, particulièrement dans les domaines forestier, minier et pétrolier.

Chasser les vieux démons 

Un nouveau Code des investissements, ainsi qu’un Code des marchés publics, sont entrés en vigueur. Et des Tribunaux de commerce peuvent rendre leurs décisions. Le crédit-bail, le régime des zones économiques spéciales et le partenariat public-privé ont fait l’objet de lois spécifiques.

Il s’agissait, pour les autorités congolaises, de mettre en place un meilleur cadre de collaboration entre les investisseurs privés et l’État en vue de la réalisation des projets de développement d’une certaine taille. 

Toutefois, une chose est d’entreprendre les réformes, une autre est de les appliquer et de les faire respecter. Ces réformes structurelles n’ont pas changé la réalité. L’inflation législative n’a pas amélioré le quotidien des entrepreneurs. Les maux d’hier sont, pour l’essentiel, ceux d’aujourd’hui : les vieux réflexes ont repris le dessus. 

« Les réformes ont été entreprises à bon escient. Les décrets d’application de ces mesures ont été signés. Les choses n’évoluent pas pour autant. La raison en est que les forces qui noyautent les institutions n’ont pas intérêt à ce que les réformes acceptées sur le papier entrent effectivement en vigueur.

D’où le blocage… Les textes ne sont pas appliqués et il n’y a pas de sanctions. Il suffit que ces réformes soient appliquées pour que le regard sur le pays change du tout au tout », explique un ancien ministre. Les tracasseries administratives et la corruption demeurent des facteurs dissuasifs.

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