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Economie

BF : Redonner du souffle à l’économie

Au Burkina Faso, le Plan national de développement économique et social 2016-2020 semble séduire les investisseurs. Toutefois, les défis de l’émergence ne manquent pas.

Par Marie-France Réveillard

Le PNDES 2016-2020, soutenu par la Banque mondiale, représente le référentiel du développement du Burkina Faso. Doté d’un budget de 18,3 milliards d’euros financé à 63,8 % par l’État, il a été élaboré pour restructurer l’éco­nomie nationale selon trois axes majeurs.

La réforme des institutions et la moder­nisation de l’administration, d’une part, le développement du capital humain, d’autre part, et enfin la dynamisation des secteurs porteurs pour l’économie et l’em­ploi, qui devrait permettre la création de 50 000 « emplois décents ». Le pays devra également relever le défi de l’énergie qui lui coûte encore 2 points de croissance par an.

En termes inclusifs, le Burkina Faso entend réduire l’incidence de la pauvreté. Le pays bénéficie d’un contexte macroécono­mique favorable. Selon une récente étude du cercle FREE Afrik, le Burkina Faso a profité du raffermissement des cours de l’or et du coton, mais aussi de la baisse du prix du pétrole qui lui a permis d’économiser 120 milliards de F.CFA (180 millions d’euros) en 2016. Enfin, la gouvernance burkinabè s’améliore, notam­ment grâce à la loi anti-corruption.

Renforcement du secteur privé

Pour attirer les investisseurs, la pression fiscale a été réduite et le taux d’absorption des ressources extérieures devrait se renforcer, passant de 59 % en 2014 à 100 % dès 2018, selon les prévisions gouvernementales. Enfin, le cadre juridique et réglementaire a été réformé.

Parallèlement, grâce à l’Agence de promo­tion des investissements (API-BF), « porte d’entrée des investisseurs », il est désormais possible de créer son entreprise en 24 heures. De son côté, la dématérialisation des actes administratifs, gérée par l’Agence nationale pour la promotion des TIC (Anptic) va permettre aux entrepreneurs de remplir l’ensemble de leurs formalités en ligne.

Malgré ces indicateurs favorables, la stratégie nationale de développe­ment des partenariats public-privé (PPP) de septembre 2012, ne fait pas l’una­nimité. « Les PPP représentent une menace à moyen terme. Les programmes de préfinance­ment sont très mal négociés, dans une précipita­tion absolue. Les gouvernements ouest-africains sont en difficulté sur le marché financier régio­nal.

La Banque centrale a resserré les conditions de financement des banques qui ont besoin de beaucoup plus de liquidités et font concurrence aux États dans l’accès aux ressources au niveau de la Bourse. Ensuite, les gouvernements étant en incapacité d’accroître l’effort fiscal de mobi­lisation des recettes, cherchent des solutions faciles comme la dette, auprès du secteur privé », explique l’économiste Ra-Sablga Seydou Ouédraogo.

PNDES, une locomotive…

Avec 46,5 % de réalisation physique et 63,1 % d’exécution financière dans la mise en oeuvre, le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba s’est félicité de l’avancement du plan, en octobre 2017 : « Aussi bien au niveau des réformes que des taux de réalisations des inves­tissements structurants, les résultats sont encou­rageants et satisfaisants ». Pourtant, l’exécu­tion du PNDES a été affectée par un contexte défavorable.

Premièrement, la dégradation du climat sécuritaire (156 attaques entre avril 2015 et décembre 2017) alors que le défi terroriste, qui crée un besoin de repositionne­ment des entreprises, n’a pas été traité dans la stratégie économique du PNDES.

Deuxièmement, les grèves ont fragilisé le processus d’exécution : « Nous avons enregis­tré 108 grèves en 2017 », explique Ra-Sablga Seydou Ouédraogo. Toutefois, « la locomotive du développement est en marche et le PNDES est la meilleure opportunité pour l’atteinte des objectifs de développement », a déclaré opti­miste, le Premier ministre lors de la session extraordinaire du comité national de pilotage du PNDES en octobre 2017.

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