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Economie

Afrique : Brèves économiques et financières

  • Publiéfévrier 27, 2018

AFRIQUE CENTRALE

REGIONAL

Prochaines études de faisabilité du chemin de fer Ngaoundéré-N’Djaména

Edgard Alain Mébé Ngo’o, ministre des transports du Cameroun, et Adoum Younousmi, ministre des Infrastructures, du désenclavement et l’aviation civile du Tchad, ont présidé le 16 janvier à Yaoundé la 4ème session de la Commission ferroviaire Cameroun-Tchad (Comifer), l’instance qui pilote le projet d’extension du chemin de fer camerounais depuis le terminal Camrail (Bolloré) de Ngaoundéré jusqu’à N’Djamena, la capitale tchadienne.

La Comifer a relevé au titre des progrès enregistrés l’approbation le 28 novembre 2017 par la Banque africaine de développement (BAD) de la proposition de financement pour la réalisation des études de faisabilité, l’assistance technique et la gestion du projet (don FAD au Tchad et prêt FAD au Cameroun, de 2 millions UC soit environ 1,5 milliard de F.CFA chacun).

Parmi les résolutions adoptées figurent la poursuite des diligences en vue de la signature d’accords de financement entre les Etats et la BAD, l’approbation de l’avis général de passation des marchés, des appels à manifestation d’intérêt de consultants pour les études de faisabilité, l’assistance technique au suivi et à la coordination du projet …

Le ministre tchadien a relevé que ce projet nécessite des études préalables pour déterminer avec précision le tracé retenu. Des études économiques sont également attendues pour réunir les bailleurs de fonds et établir des partenariats public/privé, ainsi que des études d’impact environnemental. « Je peux déjà vous dire que toute la communauté des bailleurs de fonds est enthousiasmée du fait que ce projet est extrêmement porteur pour les deux pays, surtout en matières d’affaires », a déclaré Adoum Younousmi. « Le Cameroun et le Tchad sont les deux pays les plus intégrés de la CEMAC, en termes de réseaux routier, électrique et téléphonique, mais aussi avec le pipeline pétrolier. Aujourd’hui, on travaille à s’interconnecter à partir du réseau ferroviaire, qui est important pour le développement d’un pays enclavé comme le Tchad. Avoir le train de N’Djaména à Douala, notre port principal, c’est un défi majeur. »

Les études de faisabilité devraient démarrer en septembre prochain. La construction de la nouvelle voie ferrée de 800 km de long représente un coût évalué à quelque 5 000 milliards de F.CFA (plus de 7,6 milliards d’euros).

Conformément à l’accord bilatéral du 3 juin 2014 créant la commission ferroviaire Cameroun-Tchad en vue du projet d’extension de la voie ferrée, Bolloré Africa Logistics (concessionnaire du chemin de fer existant à travers Camrail) a été retenu comme  partenaire technique du projet, chargé « d’appuyer la réalisation des études ; apporter un appui à la préparation des dossiers de présentation du projet aux bailleurs de fonds ; préparer les rencontres avec les bailleurs de fonds ; apporter une contribution aux réflexions et aux montages institutionnels et financiers. »

Le ministre camerounais des Transports a par ailleurs reçu le 23 janvier une délégation de l’Agence française de développement (AFD) pour évoquer notamment les travaux d’extension du chemin de fer camerounais vers le Tchad et la réhabilitation du tronçon Pangar-Ngaoundéré. L’acquisition de 25 voitures-voyageurs négociée avec le groupement franco-coréen Compagnie internationale de maintenance (CIM)-Sung Shin Rolling Stock Technology (SSRST) a également été examinée, et l’AFD a proposé d’accorder un prêt concessionnel, conforme aux exigences du FMI.

«Nous avons parlé de l’importance du secteur ferroviaire et des différents projets, qu’ils soient de réhabilitation ou d’extension, qui vont permettre d’améliorer le service rendu à l’ensemble de la population camerounaise et pour l’économie sous-régionale. Nous n’avons pas encore parlé de montants, mais nous avons exprimé un intérêt fort pour contribuer à la réhabilitation du tronçon afin d’éviter une interruption du trafic», a déclaré Lise Breul, qui conduisait la délégation de l’AFD.

CAMEROUN

Appel d’offres de la SNH pour huit blocs d’exploration

La Société nationale des hydrocarbures (SNH) a lancé le 15 janvier à l’attention des sociétés pétrolières et gazières internationalesun appel d’offres pour l’attribution de huit blocs libres d’une superficie totale de 14 674,6 km2 : Bomana (223,3 km2), Bolongo (391,5 km2) et Bakassi (736,9 km2) dans le bassin du Rio Del Rey (RDR) riche en hydrocarbures ; et Etinde Exploration (1698 km2), Ntem (2 319 km2), Elombo (2 405 km2), Tilapia (3 874,9 km2) et Kombe/Nsepe (3 026 km2) dans le bassin très prometteur de Douala/Kribi-Campo (DKC). Tous ces périmètres sont offshore, excepté Bakassi et Kombe/Nsepe, situés en zone de transition/onshore.

Les offres seront reçues jusqu’au 29 juin 2018, et la notification des résultats est prévue le 18 juillet suivant.

A la suite de l’annonce de cet appel d’offres, la CGG (ex-Compagnie générale de géophysique-Veritas) a annoncé le 18 janvier un accord avec la SNH pour la promotion de données sismiques et de produits d’interprétation non exclusifs. Des présentations auront lieu à Londres du 28 février au 2 mars 2018 et à Houston du 7 au 9 mars 2018, avec la participation des spécialistes de la SNH et de CGG.

Selon Jean-Georges Malcor, directeur général de CGG, « cet appel d’offres international offre des perspectives intéressantes pour l’industrie pétrolière et gazière internationale. C’est une occasion unique de se positionner sur des blocs à fort potentiel dans des bassins à hydrocarbures prouvés au Cameroun. »

La majorité du gaz et pétrole du Cameroun est produite dans les champs matures des bassins camerounais RDR) et DKC, souligne CGG. Le potentiel de découvrir de nouveaux gisements commerciaux dans ces deux bassins reste important, notamment dans DKC où davantage de blocs sont disponibles. De récentes analyses pétrophysiques et géophysiques permettent d’identifier de nouvelles thématiques d’exploration dans ces bassins considérés comme de plus en plus prospectifs, mettant en évidence la présence éventuelle de volumes d’hydrocarbures potentiellement très importants.

Remise en jeu de la concession du terminal à conteneurs de Douala

Le Port autonome de Douala (PAD) a lancé le 12 janvier un appel public international à manifestation d’intérêt (APIMI), en vue de présélectionner des opérateurs portuaires qui participeront à «l’appel à consultation restreinte pour la rénovation, la modernisation, l’exploitation et la maintenance du terminal à conteneurs du port de Douala-Bonabéri.»

Une liste de trois entreprises au minimum et cinq au maximum sera constituée, au sein de laquelle sera choisi l’adjudicataire.

« La gestion, l’exploitation et la maintenance du terminal sont assurées, depuis le 1er janvier 2005, par l’entreprise Douala International Terminal (DIT)» rappelle le PAD, qui détient 10 % de DIT, dont l’actionnaire principal est le groupement franco-danois Bolloré Transport & Logistics/APM Terminals. La concession de 15 ans accordée à DIT n’expire ainsi théoriquement que fin décembre 2019.

Selon DIT, « en 13 ans, entre 2005, année de démarrage de la concession, et 2017, les volumes manutentionnés par DIT sur le terminal à conteneurs de Douala ont plus que doublé, passant de 180 000 EVP à près de 386 367 EVP ; le taux annuel moyen de progression des trafics s’établit à plus de 13%. »

Parmi les projets envisagés par le PAD figurent l’extension du terminal à conteneurs, la création d’un nouveau parc à véhicules sécurisé, l’aménagement des zones d’attente des camions, la création d’une zone urbano-portuaire…

Première usine au port de Kribi

Patrice Melom, directeur général du Port autonome de Kribi (PAK), a signé le 24 janvier à Kribi un protocole d’accord avec la société Atlantic Cocoa Corporation (ACC), pour l’installation de la première unité industrielle dans la zone industrielle du port (Mboro). Cette usine sera spécialisée dans le traitement de fèves de cacao.

L’investissement prévu, d’un montant de 30 milliards de F.CFA partiellement financé par la BGFI Bank, vise à traiter dans une première phase 32 000 tonnes par an de fèves de cacao, pour atteindre 60 000 t/an à plein régime, en aval d’une production brute de 140 000 t/an environ, issue principalement des régions du Sud et du Centre du Cameroun.

Selon ACC, « ce projet d’une unité agro-industrielle de traitement primaire des fèves de cacao s’intègre aux objectifs du gouvernement de promouvoir la transformation du cacao à hauteur de 50% de la production nationale, pour retenir une partie significative de la valeur ajoutée des filières agricoles dites stratégiques sur le territoire ». Le Cameroun, dont la production cacaoyère moyenne représente 200 000 t/an depuis au moins cinq campagnes, ne transforme localement qu’à peine 25% de sa production, et vise à doubler ce volume d’ici à 2020.

Le promoteur de ACC est l’investisseur ivoirien Koné Dossongui, l’une des plus grandes fortunes de Côte d’Ivoire (fondateur en 2002 d’Atlantique Télécom, cédé en 2005 à Etisalat et où il a repris 15 % ; créateur d’Atlantic Financial Group, dont 50 % du réseau Banque Atlantique ont été cédés en 2012 au groupe marocain Banque centrale populaire/BCP…).

CENTRAFRIQUE

Soutien de la BAD à la dorsale à fibre optique

Le ministre de l’Economie, du plan et de la coopération, Felix Moloua, et le responsable-pays de la Banque africaine de développement (BAD) pour la RCA, Joel Sibaye Tokindang, ont signé le 17 janvier à Bangui un accord de don de 13,6 millions d’unités de compte (soit environ 16,68 millions d’euros/10,94 milliarde de F.CFA) destiné à financer le Projet dorsale à fibre optique d’Afrique Centrale (CAB) – Composante RCA.

L’investissement, d’un montant total de 33,28 millions d’euros, bénéficie d’un co-financement de l’Union européenne à hauteur de 16,6 millions d’euros. Une convention a été déjà signée entre la Banque et l’ l’UE en décembre 2017.

Le projet prévoit l’installation de plus de 1.000 km de fibre optique permettant à la RCA de s’interconnecter au Cameroun et au Congo; la mise en place d’un centre national de données (Datacenter) couplé à une plateforme d’administration électronique ; l’opérationnalisation d’une vingtaine de Centres communautaires numériques et d’un Centre de formation digitale ; et l’installation d’un Incubateur d’entreprises au sein de l’Université de Bangui. Le projet entend également contribuer au renforcement des capacités des principales parties prenantes nationales (ministère des Postes et télécommunications, régulateur, etc.).

Écrit par
Gerard Choisnet

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