Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Economie

Afrique : Brèves économiques et financières

Brèves africaines et internationales sur l’économie, la finance, la coopération et le développement…

Par Gérard Choisnet

Le groupe français ENGIE a signé mi-janvier un accord pour l’acquisition de deux entreprises spécialisées dans les services énergétiques en Afrique de l’Ouest.

ENGIE se développe dans les services énergétiques

Afric Power et Tieri, basées en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Mali et au Niger, sont spécialisées dans la conception, l’installation et la maintenance des systèmes électriques et des automatismes en Afrique de l’Ouest, et emploient plus de 140 personnes. Leurs clients sont présents dans de nombreux secteurs comme l’agro-industrie, l’agro-alimentaire, les mines, le grand tertiaire et les datacenters.

 « Afric Power et Tieri ont construit leur empreinte régionale et leur portefeuille client diversifié en misant sur la qualité, la proximité et l’innovation », a déclaré Philippe Miquel, directeur régional Afrique de l’Ouest et centrale d’ENGIE. « Cette base solide combinée à l’expertise, à la puissance financière, et aux références internationales d’ENGIE permettront de bâtir rapidement le fournisseur de services énergétiques intégrés dont la région a besoin. »

Par cette acquisition, ENGIE confirme son ambition de se développer rapidement pour devenir l’un des leaders des services à l’énergie en Afrique de l’Ouest et Centrale.

Les activités d’ENGIE en Afrique de l’Ouest et Centrale s’articulent autour de la production d’énergie centralisée, des mini-réseaux, et des kits solaires individuels. Dans le domaine de l’énergie, ENGIE s’est récemment illustré par la mise en service de la centrale solaire photovoltaïque de Santhiou Mekhe au Sénégal (30 MW, contrat clés en main porté par Solaire Direct, filiale d’ENGIE), l’adjudication du lot énergie et systèmes du TER de Dakar (contrat clés en main porté par ENGIE Ineo), et la mise en service du barrage hydro-électrique de Soubré (275 MW, contrat d’assistance à maîtrise d’ouvrage porté par Tractebel, filiale d’ENGIE) en Côte d’Ivoire.

AFRIQUE DE L’OUEST

CÔTE D’IVOIRE

Importants investissements dans l’eau potable

A l’occasion d’une séance de travail avec la direction de la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (SODECI), le 16 janvier à Abidjan, le ministre des Infrastructures économiques, Amédé Koffi Kouakou, a annoncé d’importants investissements pour résoudre le problème d’approvisionnement en eau potable.

« Plusieurs projets, estimés à plus de 270 milliards de F.CFA, sont programmés, notamment dans les grandes villes du pays, pour solutionner définitivement le problème d’approvisionnement en eau potable », a déclaré le ministre. Dans le cadre du programme ‘’Eau pour tous’’, le gouvernement réalisera des projets structurants dans les 31 régions du pays. Le taux d’accès actuel à l’eau potable en Côte d’Ivoire est de 69%, selon le ministre.

Les activités de la SODECI sont régies par deux conventions avec l’Etat ivoirien : une convention de concession du service de distribution publique urbaine d’eau potable en Côte d’Ivoire, et une convention d’affermage pour l’entretien et l’exploitation des réseaux et ouvrages d’assainissement et de drainage de la ville d’Abidjan.

En 2016, la SODECI servait 937 183 abonnés (dont Abidjan 434 242) pour une production de 242,4 millions m3, avec un ratio de facturation (m3 facturés/m3 produits) de 75 %. Le total des produits s’élevait à 93,5 milliards de F.CFA, dont ventes d’eau 54 milliards, travaux et services vendus 33,4 milliards et divers 6,1 milliards.

Deux nouveaux permis pour Tullow

Le gouvernement a approuvé le 17 janvier la signature de deux contrats de partage de production (CPP) avec la compagnie britannique Tullow Oil. A la suite de la manifestation d’intérêt introduite par Tullow et après plusieurs séances de négociations, le conseil des ministres a donné son accord pour la signature de deux nouveaux CPP hydrocarbures sur les blocs CI-520 (onshore) et CI-524 (offshore).
La première période d’exploration pour chacun des deux blocs s’étend sur trois années durant lesquelles cette société réalisera des travaux et études géophysiques et géologiques, pour un investissement minimum de 5 millions $ (environ 2,7 milliards de F.CFA). Les forages d’exploration interviendront en seconde période.

Tullow est présent depuis 1997 en Côte d’Ivoire, mais à la suite de la vente de ses permis, le groupe s’est recentré sur ses intérêts dans la production offshore sur le champ Espoir (permis CI 26 zone spéciale E, Tullow 21,33 %, CNR opérateur), à 19 km de la côte. Le programme Espoir phase 3 a été achevé en mars 2016, ajoutant quelque 14 000 barils par jour bruts à la production du champ Espoir depuis le démarrage du programme de forage. Espoir représente actuellement quelque 4 000 b/j nets pour Tullow. Une phase 4 du programme est à l’étude pour exécution à partir de 2019.

En octobre 2017, Tullow a annoncé la signature de quatre nouveaux permis onshore : CI 518, CI 519, CI 301 et CI 302. Ces permis détenus à 90 % (Petroci 10 %) couvrent 5 035 km2, et une étude par gravité gradiométrique commencera en 2018.

La SOTRA acquiert 500 autobus

La Société des transports abidjanais (SOTRA) et le groupe IVECO ont signé le 22 janvier à Paris un accord commercial portant sur l’acquisition de 500 autobus, dont des bus à gaz.

Selon le ministre ivoirien des Transports, Amadou Koné, « cet accord commercial vient renforcer la volonté du gouvernement de faire en sorte que nous ayons une circulation moins polluante à Abidjan et que les Ivoiriens puissent respirer mieux et être en meilleure santé. »

La livraison des 500 autobus, dont des véhicules articulés pour le transport de masse et des bus standards de 18 m, se fera de façon massive en 2018, a indiqué le directeur général de la SOTRA, Meité Boiké, précisant que l’acquisition de ces véhicules plus silencieux et moins polluants est liée à la volonté du gouvernement de respecter les engagements issus de la COP 21.

La SOTRA avait déjà réceptionné officiellement en mars 2016 un lot de près de 130 autobus neufs comprenant 50 IVECO, ainsi que 71 autobus Hyundai de 27 places et quatre autobus Hyundai Universe de  45 places.

IVECO fait partie du groupe néerlandais CNH Industrial, issu de la fusion en 2013 du groupe italien Fiat Industrial et de sa filiale américaine CNH Global.

Développement des zones industrielles

Le ministre de l’Industrie et des mines, Jean-Claude Brou, a effectué le 25 janvier une visite de travail sur les sites des zones industrielles de Yopougon (Abidjan), et d’Akoupé-Zeudji au PK24 de l’autoroute du Nord.

« Les travaux d’aménagement de la zone industrielle de Yopougon, notamment en voiries et réseaux divers (VRD) et en assainissement, sont au-delà de 90% », selon le ministre. Ces travaux représentent un coût de plus de 24 milliards de F.CFA.

 « Quant à la nouvelle zone industrielle de d’Akoupé-Zeudji, devant être bâtie sur près de 900 ha pour décongestionner celle de Yopougon, les travaux de VRD, d’eau potable, d’assainissement et d’électricité sont réalisés aussi à plus de 92%. La première tranche, qui comprend 62 ha, est pratiquement terminée. Nous sommes satisfaits de l’évolution des travaux de cette zone industrielle de nouvelle génération », a déclaré Jean-Claude Brou.

La première tranche d’Akoupé-Zeudji, a précisé le ministre, accueille déjà 65 entreprises, dont 49 ont été totalement aménagées. Ces entreprises sont installées en fonction de leur niveau de pollution. « Les entreprises plus polluantes comme les cimentiers sont éloignées des moins polluantes comme les brasseries, et des non polluantes. C’est un nouveau concept, une petite ville. » Le coût des travaux d’aménagement représente près de 9,67 milliards de F.CFA.

La deuxième tranche porte sur la mise en concession, dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP), du reste de la parcelle en trois phases d’au moins 200 hectares chacune. A l’issue d’un appel d’offres international lancé en mai 2014 pour la mise en concession d’une première parcelle de 218 ha, la China Harbour Engineering Company (CHEC) avait été retenue.
Au terme des négociations avec l’opérateur et au regard du niveau important de subvention requis, le gouvernement, sur proposition du comité de négociation, a autorisé le 28 juin 2017 l’aménagement d’une parcelle de 100 ha dans le cadre d’une maîtrise d’ouvrage publique (MOP) avec CHEC.

Le gouvernement avait également donné le 28 juin son accord en vue de la signature d’un accord-cadre entre l’Etat ivoirien et la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), relatif aux modalités de mise en œuvre des études de faisabilité de la première tranche d’un projet de parc industriel d’une superficie de 100 ha sur le site du PK-24 d’Akoupé-Zeudji.

Lors de sa visite fin janvier, Jean-Claude Brou a par ailleurs annoncé, pour bientôt, le début des travaux d’aménagement des zones industrielles de Koumassi et Vridi et le lancement de projets de zones industrielles dans plusieurs villes de l’intérieur du pays. Le secteur industriel devrait générer plus de 6000 emplois.

Rédaction du Code de la construction avec Gide

 Le ministre de la Construction, du logement, de l’assainissement et de l’urbanisme, Claude-Isaac Dé, et les représentants du cabinet Gide ont conclu le 17 janvier à Abidjan une convention d’assistance juridique en vue de l’élaboration du Code de la construction et de l’habitat.L’objectif est de doter le pays d’un cadre normatif répondant aux standards les plus exigeants en matière de sécurité juridique, tant pour les usagers que pour les investisseurs internationaux.

« Nous voulons profiter de l’expérience éprouvée du cabinet Gide en matière de conseil aux gouvernements pour nous aider à élaborer un corps de règles essentielles dans le domaine de la construction, et ainsi soutenir la politique gouvernementale en faveur de l’investissement immobilier », a déclaré le ministre.

La mission sera conduite par Emmanuel Vital-Durand, Nicolas Planchot (associés) et Nicolas Jean (counsel), assistés de Me Adama Koné du cabinet ivoirien 3K, qui ont remis au ministre et au groupe interministériel de travail leurs premières analyses et recommandations.

BURKINA FASO

L’Université Norbert Zongo développe ses infrastructures

Le directeur général de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), Sidi Ould Tah, a signé le 20 janvier à l’Université Norbert Zongo de Koudougou un accord de prêt de 19 milliards de FCFA avec la ministre de l’Economie, des finances et du développement, Hadizatou Rosine Coulibaly Sori, pour la construction et l’équipement d’une Unité de formation et de recherche en science et technologie (UFR-ST) et d’une cité universitaire.

L’UFR-ST sera composée d’un bloc administratif en R+1, d’un bloc pédagogique en R+2, d’un amphithéâtre de 350 places, d’une bibliothèque et d’un centre multimédia. La cité universitaire  comprendra 3 blocs d’hébergement d’étudiants en R+3 d’une capacité de 1500 lits, un restaurant de 800 places, un centre multimédia pour résidents, des blocs locaux techniques et des magasins.

Créée il y a 44 ans, la BADEA a 43 ans de coopération avec le Burkina Faso, souligne la ministre de l’Economie. « C’est une grande coopération. Actuellement, le portefeuille actif est autour de 50 milliards de F.CFA et nous sommes en train de formuler d’autres projets, par exemple dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable», a-t-elle indiqué.

GUINEE

Lancement des travaux du barrage d’Amaria

Le président Alpha Condé a lancé le 19 janvier les travaux de construction du barrage hydroélectrique d’Amaria, sur le fleuve Konkouré, à 38 km de la sous-préfecture de Tanènè (préfecture de Dubréka).

Dans une communication au gouvernement relative au projet de convention minière entre la Guinée et TBEA Group, le ministre des Mines et de la géologie, Abdoulaye Magassouba, indiquait le 28 décembre que TBEA est une société de droit privé chinoise cotée en Bourse, basée dans la ville d’Urumqi (Xinjiang). A travers cette convention de base, TBEA souhaite exploiter les ressources en bauxite (notamment le bloc de Santou Nord et des périmètres de recherche additionnels) situées dans les préfectures de Boffa, Télémelé et Boké.

Ce projet « ambitieux et stratégique pour la Guinée » selon le ministre des Mines, porte sur le développement par phases sur le territoire national d’une chaîne de production intégrée de la bauxite à l’aluminium, assortie d’infrastructures portuaires, énergétiques et ferroviaires, et d’une zone industrielle multi-activités et multi-secteurs.

Lors de la première phase du projet, TBEA procèdera à la construction et à l’exploitation d’une mine de bauxite d’une capacité initiale de 10 millions de tonnes par an, d’une raffinerie d’alumine d’une capacité de1 million t/an, d’une fonderie d’aluminium d’une capacité de 200 000 t/an et d’une centrale thermique d’une puissance initiale de 75 MW, ainsi que de la centrale hydroélectrique d’Amaria d’une puissance installée de 300 MW.

La production de bauxite devrait démarrer le 30 juin 2019, et celle d’alumine le 30 juin 2021. La mise en service de la fonderie est prévue dans un délai de 7 ans et demi à compter de l’entrée en vigueur de la convention de base. La centrale thermique, la centrale hydroélectrique et le port à réaliser par TBEA au cours de cette phase initiale seront accessibles aux tiers.

Plusieurs phases additionnelles portant sur la réalisation d’autres infrastructures transformatrices sont prévues. TBEA entend créer au total plus de 10 000 emplois locaux directs et indirects.

Le ministre des Mines a noté l’engagement de l’investisseur à réaliser un investissement initial de 2,89 milliards $, et il a été accepté de favoriser un tel investissement par la mise en place de mesures spécifiques d’incitations fiscales et d’accompagnement.

Les travaux du barrage d’Amaria sont prévus sur une durée de 56 mois.

MALI

Construction de deux mini-centrales hydroélectriques

Le ministre de l’Economie et des finances, Boubou Cissé, et le directeur général de la Banque africaine de développement (BAD) pour la région Afrique de l’Ouest, Janvier Litse, ont signé le 11 janvier à Abidjan une convention de financement de plus de 28 millions $ en vue de raccorder au réseau électrique près de 12 500 nouveaux abonnés vivant en milieu rural

Accordé sous forme de don, ce financement va permettre de construire deux mini-centrales hydroélectriques, l’une à Djenné (Centre-Ouest) et l’autre à Talo (Centre), d’une capacité totale de 8,9 MW (7,5 MW à Djenné et 1,4 MW à Talo). L’énergie produite bénéficiera à 55 localités rurales à travers un réseau de distribution composé de 231 km de ligne moyenne tension et 275 km de ligne basse tension.

Ce don de 28 millions $ intervient quelques semaines seulement après un autre don de plus de 42 millions $ accordé par le Fonds africain de développement (FAD), pour financer l’interconnexion électrique de la Guinée et du Mali avec la construction d’une ligne haute tension de 714 km, reliant les localités de N’Zerekore (Guinée) et de Sanankoroba (Mali).

SENEGAL

La 1ère phase du marché national de Diamniadio réceptionnée en juillet

Le ministre du Commerce, Alioune Sarr, et le ministre turc chargé du Développement économique, Lüfti Elvan, ont effectué le 18 janvier une visite sur le chantier du futur Marché d’intérêt national (MIN) de Diamniadio, à 30 km de Dakar. « Ce marché répond à une demande sans cesse formulée depuis 1980 par le secteur privé sénégalais », selon Alioune Sarr, et constitue « la plus grosse infrastructure commerciale jamais réalisée au Sénégal depuis 1960. »

Le chef de l’Etat, Macky Sall, avait présidé le 30 mai 2016 la cérémonie officielle de pose de la première pierre du MIN, ainsi que de la gare des gros porteurs, projets confiés à la société turque DM Investment Corporation.

Le marché de gros, « lieu de négoce regroupant, dans un même endroit, l’offre et la demande dans les secteurs de l’alimentaire et de l’horticulture » selon Macky Sall, et construit sur une superficie de 24 hectares, abritera 137 magasins de 75 à 150 m2 avec des chambres froides intégrées pour le stockage des produits agricoles, une chambre froide commune de 750 m2, de grands halls réservés aux produits de cueillettes, et des halls de 300 à 500m2 pour les produits d’origine animale.

La gare de gros porteurs, érigée à proximité sur une superficie de 10 ha, comprendra dans un premier temps une grande aire de stationnement pour 187 camions et autres véhicules, un hangar de 1.900 m2 pour les fruits secs, une chambre froide de 1.200m2, des bâtiments techniques et administratifs. 620 emplois y seront créés. Elle contribuera « au décongestionnement de Dakar et au désencombrement de la voie publique », estimait le chef de l’Etat.

Avec ces deux projets couplés, « les camions chargés de produits pour Dakar pourront s’arrêter à Diamniadio. Ainsi, ils déchargeront leurs produits et permettront aux petits véhicules de venir s’approvisionner sur place pour ravitailler les marchés du centre-ville » soulignait pour sa part le ministre.

Diamniadio abritera également une fabrique industrielle de meubles et une tour « D-Tower » de 35 étages, 140 mètres de haut, pour 35 milliards de F.CFA, et devrait générer plus de 1.000 emplois, précisait Ismaila Dogan, PDG de DM Holding.

Représentant un investissement de 55 milliards de F.CFA financé à 15% par le Sénégal et 85% par la Turk EximBank, « ce marché sera réceptionné en juillet prochain », a annoncé Alioune Sarr lors de sa visite du chantier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts

Share This