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Dossier

A quoi sert le Conseil présidentiel pour l’Afrique

Le président d’Africsearch appelle réciproquement à faire face à la concurrence financière croissante de la Chine et de ses promesses d’investissement sur le continent à hauteur de 60 milliards d’euros, lesquels ne profiteront pas aux marchés du travail locaux et laisseront le secteur privé africain composé à 90 % de PME. Des remarques qui sont comme un bol d’air pour le CPA, pris dans des débats tendus. 

Des représentantes de réseaux de femmes de la diaspora, des artistes, des jeunes encore, présentent leur volonté de donner de nouvelles directions aux relations entre France et Afrique et de ne pas les laisser aux seules institutions publiques et aux représentants du privé. 

Jules-Armand Aniambossou approuve la vision positive d’une Afrique relais de croissance économique pour les pays européens, à condition d’y investir d’abord dans l’éducation secondaire et supérieure.

Béatrice Lederlé (Quai d’Orsay) lui emboîte le pas et promeut le développement de villes durables, autre enjeu de la course à l’influence financière car synonyme de services de gestion des déchets et de développement de réseaux d’eau et d’assainissement.

Le chantier de la redistribution des rôles des nombreux acteurs des relations France-Afrique pousse en fait à la transformation de l’écosystème franco-africain. 

À commencer par le président de la République, premier intéressé des relations avec le continent ? Didier Acouetey voudrait le voir imposer des relations normalisées avec ses homologues et par lesquelles il s’opposerait frontalement aux manquements aux droits de l’homme.

L’actualité des manifestations à Lomé, et de la crise qui dure au Togo depuis août 2017, illustre pour lui le manque d’exigence de la France face aux comportements autoritaires. 

Pour autant, le public de la journée s’intéresse bien plus à l’idée de bouleverser l’écosystème françafricain par l’implication durable de nouveaux acteurs issus de la société civile, à l’image des membres du CPA.

Les prises de parole se suivent alors comme autant de propositions d’expertise à l’appui du CPA pour ne pas laisser la direction des relations France-Afrique aux seules institutions publiques et aux représentants du privé : la présidente du réseau de femmes RF Adiena, Camélia Ntoutoume Leclerq, souhaite aider à la remontée des opinions locales, le journaliste camerounais Amobe Mévégué veut faire connaître et valoriser les figures artistiques et culturelles africaines ; la consultante mauritanienne Djemila Abdel Vetah désire agir en faveur de partenariats entre écoles françaises et universités africaines en lieu et place du financement d’écoles privées locales. 

Vers de nouvelles directions 

Hervé Berville, député LRM, offre lui aussi un témoignage au diapason sur la part de transformation qui revient à l’Aide française au développement et défend la participation du plus grand nombre d’acteurs à l’atteinte des objectifs mondiaux – donc français – de développement.

Auteur d’un rapport sur l’aide de la France, il entend positivement la possibilité de faire appel à des relais de la société civile pour rapporter les résultats de développement, à commencer par ceux des partenariats financiers dans le secteur de l’éducation. 

Les hauts fonctionnaires présents n’oublient pas de défendre leur place après l’exposition d’une recommandation du rapport Berville de donner à un Commissaire européen la responsabilité des relations entre l’UE entière et le continent.

Jennifer Moreau, conseillère auprès de l’Élysée et professionnelle de l’aide au développement, tient à rappeler le rôle du Quai d’Orsay dans les consultations qui mèneront à une loi d’orientation de l’aide, dans l’ouverture aux partenaires africains du débat sur les inégalités sous la présidence française du G7, et qualifie enfin le Comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) d’« espace de dialogue politique pertinent » sur les relations avec l’Afrique. Une manière de tempérer l’effervescence réformiste et de laisser, pour l’instant, le CPA être le réceptacle des plaintes relatives aux politiques françaises vers l’Afrique.

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