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Dossier

Vingt-cinq ans après Le Caire, Cap sur les ODD

Le temps d’une génération s’est écoulé depuis la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) du Caire, en 1994. 

Par NAF

Un quart de siècle plus tard, alors que le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) fête ses 50 ans, où en est-on ? Un cap a été franchi : le temps n’est plus aux discours mais à l’action, pour transformer la vie des générations futures.

Le bureau régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et centrale accompagne au quotidien l’aspiration de l’Union africaine (UA) d’investir dans la jeunesse, le véritable fer de lance dans la construction de l’Afrique qui vient. Les avancées faites s’inscrivent désormais dans l’Agenda 2063 de l’UA et les Objectifs du développement durable (ODD).

Avec la promotion de la scolarisation des filles, surtout au-delà du secondaire, la transition de la fécondité va s’accélérer

Les résultats concrets parlent d’eux-mêmes. L’approche globale, qui vise à rassembler le plus de partenaires, du chef de village aux grandes agences des Nations unies, en passant par les imams, les Premières dames et les chefs d’État, se traduit par des impacts quantifiables. Exemplaire, le projet d’autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel (SWEDD), s’inscrit dans les bonnes initiatives à répliquer à une plus large échelle. 

Toute l’action du bureau régional de l’UNFPA en Afrique de l’Ouest et centrale repose sur un axe clair : la capture du dividende démographique, qui va permettre l’essor économique tant attendu du continent. Sa philosophie consiste à construire l’avenir en répondant aux besoins pressants des populations les plus vulnérables.

Il s’agit de faire en sorte que plus rien ne soit comme avant, en se servant de quatre grands leviers. Les partenaires doivent en premier lieu s’approprier les impératifs de la capture du dividende démographique. Ensuite, des cercles vertueux de changement sont enclenchés, en plaçant les partenaires au développement derrière les pays africains, et non plus devant, pour les soutenir dans la réalisation de leurs propres aspirations.

Il paraît essentiel de changer le discours sur les questions de population, en faisant le lien entre la démographie et les demandes sociales non satisfaites, le marché du travail, les migrations, sans oublier les facteurs d’instabilité. Enfin, l’implication des jeunes est devenue centrale, avec des liens de confiance renouvelés avec les aînés, dans le respect des valeurs, des cultures et des religions.

Les Africains, désormais, avancent sur ce chantier, en investissant leurs propres ressources. L’opportunité est unique pour l’Afrique de sortir de la pauvreté et de l’insécurité, pour enfin entrer dans une ère de prospérité. C’est le moment pour la communauté internationale d’accompagner les Africains et d’accélérer la réalisation des ODD et de l’Agenda de l’Afrique 2063, l’Afrique que nous voulons. 

25 ans après Le Caire, Cap sur les ODD

Au Caire, en 1994, un changement majeur intervient dans la façon dont la communauté internationale envisage la démographie. Il ne s’agit plus seulement du contrôle de la croissance démographique des pays en développement, mais de changement social.

Aller au-delà du planning familial suppose l’autonomisation de la femme, ainsi que des mesures plus complètes sur la santé sexuelle et reproductive, et un effort massif de scolarisation des filles. La raison en est toute simple.

«Dans nos pays, la femme ayant fait des études secondaires a deux fois moins d’enfants que celle qui n’a pas été scolarisée, explique Mabingué Ngom, le directeur régional du bureau du UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Avec la promotion de la scolarisation des filles, surtout au-delà du secondaire, la transition de la fécondité va s’accélérer. » 

La conférence du Caire pose donc les bases d’un nouvel axe, qui prend en compte la santé et le respect des droits des femmes. Un an plus tard, la conférence mondiale sur les femmes de Pékin marque elle aussi un tournant.

Pas moins de 189 pays adoptent alors un programme d’action pour l’autonomisation des femmes. L’UNFPA a fait siens ces objectifs, qui visent à promouvoir la santé maternelle et infantile, la planification familiale, la lutte contre les pratiques néfastes telles que les mutilations génitales féminines (MGF), les violences de genre et les mariages précoces. 

En 25 ans, les taux de MGF et de mariages d’enfants ont baissé. Dans les 30 pays où les MGF sont les plus répandues, près de la moitié des filles les avaient subies en 1994, contre moins d’un tiers aujourd’hui. En 1994, un tiers des jeunes femmes étaient mariées avant l’âge de 18 ans, contre moins d’un quart aujourd’hui.

Seul problème : l’élimination des pratiques néfastes ne suit pas le rythme de la croissance démographique, comme l’a rappelé lors de sa première visite à Dakar le directeur exécutif adjoint de l’UNFPA, Dereje Wordofa. L’excision recule, partout où l’on se bat contre elle, mais 50 millions de jeunes filles en Afrique restent exposées à ce risque d’ici 2030, sur 68 millions dans le monde. 

L’action reste donc urgente, dans un contexte de transition démographique en Afrique où l’essor de la jeunesse pose des défis colossaux. La population totale du continent va en effet passer de 1 milliard de personnes en 2010 à 1,6 milliard en 2030 et 3 milliards en 2065, avec 531 millions de jeunes en 2065 (30,2 % de la population totale). La fécondité décline, certes, mais reste élevée.

En Afrique, elle est passée de 5,7 enfants par femme en moyenne à 4,4 entre 1990 et 2015 – avec des variations régionales importantes. Sur la période, le nombre moyen d’enfants par femme est passé de 3,5 à 2,3 en Afrique australe, de 4,1 à 2,9 en Afrique du Nord, de 6,4 à 5,3 en Afrique de l’Ouest, de 6,9 à 5,2 en Afrique centrale et de 6,4 à 4,5 en Afrique de l’Est. La population africaine, la plus jeune du monde, le restera pour longtemps encore. 

Le dividende démographique est attendu avec impatience sur le continent. Cette accélération de la croissance économique résulte de la modification de la structure par âge de la population, avec moins de personnes à charge par actif.

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