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Dossier IC Intelligence

Où vont les systèmes énergétiques ?

Où vont les systèmes énergétiques ?
  • PubliéAugust 8, 2022

Les systèmes de distribution d’électricité en Afrique sont en pleine mutation. Si certains pays d’Afrique du Nord et d’Afrique australe bénéficient de niveaux d’accès à l’énergie relativement élevés, l’Afrique subsaharienne en est encore dépourvue.

 

Par Varun Khanna

Avec la prolifération continue du stockage de l’énergie et des énergies renouvelables distribuées, l’Afrique est prête à se hisser au premier rang du déploiement de la production distribuée. En effet, l’Afrique subsaharienne peut tirer parti du fait que l’accès à l’énergie est bien inférieur à 50 % ; ce, en raison de l’absence d’investissements importants dans les infrastructures existantes. Alors que certains pays ont développé une production centralisée avec des systèmes de transmission, des pools d’énergie et des interconnexions, ainsi que des systèmes de distribution unidirectionnels pour s’assurer que l’énergie arrive jusqu’aux foyers, très peu de ces éléments sont en place dans les pays subsahariens, et encore moins dans les zones rurales.

Par conséquent, la configuration d’un réseau bidirectionnel, distribué et basé sur les transactions devrait être une tâche plus facile. Les principaux obstacles à l’accès à l’énergie sur le continent africain sont la législation, le financement, la réglementation de la propriété et le manque de confiance dans le comptage.

En ce qui concerne les services publics verticalement intégrés et appartenant à l’État, par exemple, de nombreuses juridictions internationales évoluent vers un secteur de l’énergie plus désagrégé, en découplant les domaines clés de l’industrie, en créant  des institutions individuelles pour chaque domaine et en définissant succinctement les rôles et les responsabilités de chacune de ces institutions. L’octroi de licences indépendantes, l’autorisation pour les entités de se connecter de manière plus flexible au réseau et la définition et la mise en œuvre de la facturation nette sont d’autres réformes clés.

À mesure que les systèmes énergétiques évoluent, d’autres modifications de la législation peuvent être nécessaires pour permettre l’exploitation de mini-réseaux indépendants et la possibilité de s’isoler du réseau principal. Ces éléments seront essentiels pour l’électrification rurale et la pénétration plus profonde des énergies renouvelables en Afrique subsaharienne.

 

L’exemple du Kenya

Pour continuer à progresser vers l’électrification, il faut encourager la participation des particuliers et du secteur privé. Pour ce faire, il faut définir des règles et des tarifs de connexion au réseau et d’approvisionnement en électricité, communément appelés « tarifs de rachat ». Actuellement, ceux-ci sont souvent échelonnés, traitant séparément la production inférieure à 100 kW, entre 100 kW et 1 MW et supérieure à 1 MW, en raison de leurs exigences différentes.

Varun Khanna est un scientifique des données, ingénieur électricien et consultant chez Clean Energy 4 Africa.

L’introduction du comptage net est donc une étape utile, car elle fournit une base cohérente permettant d’évaluer la contribution d’un générateur à l’exécution du contrat. Des compteurs scellés et vérifiables donnent confiance à la fois au service public et au propriétaire du générateur. Des fonctionnalités telles que le stockage de l’énergie, le soutien de la puissance réactive et la possibilité de réaliser des transactions entre les parties peuvent être ajoutées au fur et à mesure de l’évolution du réseau et du cadre de l’électricité. Avec l’objectif d’alimenter le pays en électricité avec 100 % d’énergies renouvelables, le Kenya a apporté des changements importants à son paysage électrique qui peuvent servir de modèle à d’autres nations.

La réforme énergétique du Kenya a commencé vers 1996 avec le découplage de la production de la transmission et de la distribution ; un processus qui s’est accéléré après la publication en 2008 de la stratégie Kenya Vision 2030, qui a placé l’énergie au centre du plan de développement du pays et a conduit à la séparation de chaque domaine du secteur de l’électricité. En 2018, le gouvernement a lancé la stratégie d’électrification nationale du Kenya, qui encourage la participation du secteur privé aux solutions hors réseau et aux systèmes autonomes. Et en 2019, la loi sur l’énergie a fait de nouveaux pas vers un réseau moderne, en consolidant la législation existante et en définissant les lois et règlements concernant la production, la génération, la transmission, la distribution et la vente d’énergie, tout en réglementant l’utilisation des combustibles fossiles traditionnels.

La dynamique du marché kenyan

 

Bien que les mécanismes de financement et les facilités de crédit posent encore problème et que certaines transactions doivent encore être développées, la possibilité d’obtenir des licences de production indépendante ainsi que le mécanisme de tarifs de rachat placent le Kenya à l’avant-garde de l’évolution des énergies renouvelables en Afrique. Comme dans d’autres juridictions qui ont tiré parti des tarifs de rachat garantis, cela a conduit au développement de producteurs d’électricité indépendants, au déploiement du stockage et à la fourniture d’autres mécanismes de soutien au réseau. Ce sont tous des précurseurs du développement d’un marché de l’électricité qui peut offrir des avantages à long terme au pays et à ses citoyens.

@ICI

 

Écrit par
laurent

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