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Société

Dominique Ouattara : « Mon engagement pour l’émancipation des femmes »

La Première Dame de Côte d’Ivoire, Dominique Nouvian Ouattara, affirme ici son attachement au combat des Africaines et explique pourquoi tout ne peut qu’être bénéfique pour l’Afrique avec des femmes entrepreneures et leaders. Son verbatim in extenso.

Par Dominique Nouvian Ouattara*

« Si elles font encore face à de nombreux obstacles, les femmes africaines sont de plus en plus nombreuses à exercer leur leadership. Une chance pour l’ensemble du continent.
Ambitieuse, courageuse, solidaire, résiliente : la femme africaine a des rêves et des projets plein la tête.

« C’est dans ce sens que je maintiens mon engagement auprès du Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) qui, depuis 2012, a permis à 130 000 Ivoiriennes d’entreprendre des activités génératrices de revenus. Il s’agit du programme de financements le plus important du pays », dixit Dominique Ouattara.

Sans attendre que l’aide vienne d’en haut, elle compte bien se donner les moyens de les réaliser. Elle agit, elle pense, elle crée pour bâtir une Afrique toujours plus en phase avec son temps, une Afrique pleinement actrice de la mondialisation, une Afrique qui rayonne au-delà de ses frontières.

L’ascension des femmes va dans le sens de l’histoire

Cette irrésistible ascension des femmes africaines va dans le sens de l’histoire. Partout sur le continent, les femmes accèdent, enfin, à de plus amples responsabilités. Cela se vérifie, notamment, dans la sphère politique. Si les femmes occupent seulement 20% des sièges au parlement sur tout le continent, certains pays comme le Rwanda (64%), le Sénégal (44%) ou l’Afrique du Sud (42%) montrent l’exemple. Inscrivons-nous dans leurs pas !

Mais c’est sans doute dans la sphère économique que le leadership féminin s’impose avec le plus d’évidence. Sur le continent, les femmes représentent d’ores et déjà 27% des  entrepreneurs : presque un sur trois. 63% des bénéficiaires du microcrédit africain sont des femmes. Et je suis particulièrement fière du fait qu’en Côte d’Ivoire, plus de 60% de nos entreprises soient dirigées par des femmes.

Un volontarisme qui se traduit par la présence régulière de femmes ivoiriennes dans les classements mettant à l’honneur les femmes d’affaires du continent. Qu’il s’agisse de Janine Kacou Diagou, directrice du groupe bancaire et assurantiel NSIA, de Martine Coffi-Studer, présidente du Conseil d’administration de Bolloré transport et logistics en Côte d’Ivoire, de Lala Moulay Ezzedine, présidente du Conseil d’administration de la Bank of Africa en Côte d’Ivoire ou de Kadi Fadika, directrice générale associée de la société de bourse Hudson and Cie, toutes se distinguent par leur ambition, leur courage et leur détermination.

Le leadership féminin, un chemin long et difficile

Ces réussites sont bienvenues. Elles témoignent de ce que les Africaines prennent leur destin en main. Mais elles ne doivent pas nous faire oublier ni minorer les nombreux défis auxquels sont encore confrontées les femmes sur notre continent. Aujourd’hui comme hier, s’imposer dans une société patriarcale est un véritable parcours de la combattante.

Dans leur chemin vers le sommet, les femmes africaines souffrent encore de nombreux préjugés systémiques. Elles sont, très souvent, reléguées à leur rôle de mère. S’occuper de sa famille et des tâches ménagères représente un véritable « second emploi », qui les empêche de gravir les échelons à la même vitesse qu’un homme.

Si la plupart des obstacles légaux ont disparu, la société africaine est encore façonnée par de nombreuses traditions (…) Plus que de nouvelles législations, c’est de nouvelles perceptions dont l’Afrique a besoin.

Et, quand elles y arrivent, elles font face à l’hostilité et au dénigrement d’un monde du travail encore largement dominé par les hommes. Les femmes doivent travailler plus durement qu’eux pour réaliser leurs ambitions.
Si la plupart des obstacles légaux ont disparu, la société africaine est encore façonnée par de nombreuses traditions, qui ont pour conséquence de maintenir les femmes dans une situation de subordination. Certaines pratiques coutumières les empêchent de poursuivre leur scolarité au-delà du primaire. Plus que de nouvelles législations, c’est de nouvelles perceptions dont l’Afrique a besoin.

Les obstacles à l’ascension des femmes sont encore nombreux. Les femmes africaines doivent s’armer de courage, d’une détermination à toute épreuve, et être solidaires entre elles si elles veulent relever les défis qui sont les leurs et accéder à davantage de responsabilités. Elles doivent, aussi, être encouragées, accompagnées concrètement dans leurs démarches de création d’entreprise, afin de se soustraire aux simples tâches ménagères ou au travail informel.

Mon engagement pour l’émancipation des femmes

C’est dans ce sens que je maintiens mon engagement auprès du Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) qui, depuis 2012, a permis à 130 000 Ivoiriennes d’entreprendre des activités génératrices de revenus.

Il s’agit du programme de financements le plus important du pays. Il s’adresse à toute femme majeure qui a un projet d’activité génératrice de revenus et qui a un besoin de financement compris entre 30 000 et 500 000 Francs CFA. Ces aides sont nécessaires pour permettre à ces entrepreneures en herbe de porter et de pousser leur projet plus loin. Pour les femmes-mères, cet argent est gage d’autonomisation, il leur permet d’appréhender plus sereinement le développement de leur activité.

Le FAFCI est passé d’1 milliard de F.CFA à 10 milliards en l’espace de 6 ans. De plus en plus de femmes bénéficient d’aides de ce fonds pour mener à bien leurs projets. Le 1er mars 2018, ce sont dix chèques d’un montant de 100 000 F.CFA qui ont été offerts aux femmes de Diandéguéla, dans la localité de Minignan.

Autant d’actions concrètes qui ont été récompensées par le prix AllAfrica du leadership féminin, remis en mars. Plus que jamais, la femme africaine est l’avenir de notre continent ».

*Dominique Nouvian Ouattara, Première Dame de Côte d’Ivoire

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