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Diaspora

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L’on attend d’une diaspora qu’elle consolide sa présence, qu’elle prenne racine. Qu’elle crée où s’insère dans les structures qui renforcent la terre d’accueil. Une diaspora doit pouvoir exhiber des échantillons de réussite sociale. Elle doit nécessairement emprunter l’ascenseur social. Elle est intégrée par définition. Ce qui signifie qu’elle ne doit plus raser les murs comme le commun des immigrés. Mais elle doit toujours savoir rester à sa place. La terre d’accueil n’aime pas trop les nationaux « issus de » la diaspora qui ont le verbe haut. Ce dont témoigne l’hystérie politicienne contre Madame Taubira.

Ce n’est pas parce que le fils d’un Kényan, élevé en Asie, est devenu accidentellement président des États-Unis, qu’il faut se mettre à rêver. Penser à réitérer ce miracle dans la vieille Europe, comme disait Donald Rumsfeld.

Mondialisation oblige, on attend aussi d’une diaspora qu’elle serve de pont entre la terre d’accueil et la terre d’origine. Même si plusieurs générations séparent le membre de la diaspora de sa terre d’origine. Le fils d’un Béninois, né en Europe, qui n’a jamais mis les pieds sur la terre de ses parents, fraîchement diplômé d’une école de commerce, est supposé être la bonne personne pour conquérir des marchés aux Bénin. Mieux, on attend de cette diaspora qualifiée qu’elle dynamise la création d’entreprise et l’investissement dans son pays d’origine. Très souvent, la greffe prend tout de même. Apparemment, dans la diaspora, il y a plus de « meilleur » à prendre que de « pire ».

La diaspora est aussi désormais un atout diplomatique. Les chercheurs d’origine indienne dans le nucléaire américain confèrent de facto au nucléaire indien un certificat de pacifisme. C’est à peine si les Américains ne déroulent pas le tapis rouge devant le nucléaire indien. Que l’Inde n’ait pas signé le traité de non-prolifération nucléaire importe peu. La garantie que les États-Unis ne seront jamais sous la menace du nucléaire indien vient de la diaspora indienne installée dans le pays. Elle est le liant qui permet aux deux administrations de se comprendre, de parler la même langue, d’avoir les mêmes arrières-pensées. Là où l’Iran est contraint de signer des accords tatillons pour prouver ses intentions non belliqueuses. La diaspora est désormais bonne à tout faire. Certains veulent voir Venise et mourir. Il semble préférable d’aller voir ailleurs……et y rester. 

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