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Culture Diaspora

​​Natou Pedro Sakombi, une femme engagée 

​​Natou Pedro Sakombi, une femme engagée 
  • Publiéseptembre 11, 2022

Historienne de nationalité belge, aux origines nigérianes et congolaises, Natou Pedro Sakombi a un crédo : redorer l’image écorchée de l’Afrique. Qu’elle restaure par exemple dans un de ses livres, Du sang bleu à l’encre noire

 

Restaurer la vérité historique, telle est l’obsession de Natou Pedro Sakombi. Une démarche qu’elle exprime dans l’un de ses ouvrages historiques, Du sang bleu à l’encre noire, ouvrage qu’elle présente régulièrement, comme lors du salon des Auteurs africains, dans le cadre de la semaine africaine de l’Unesco à Paris qui s’est tenue en mai 2022.

L’auteure n’est pas une inconnue. En 2010, Natou Pedro Sakombi fonde le magazine Reines et Héroïnes d’Afrique, destiné à faire revivre la mémoire des femmes africaines qui ont joué un grand rôle dans l’histoire du continent. Grâce à ce travail mémoriel, elle reçoit à Bruxelles le prix Antoinette Gbatigua, décerné par l’agence belge CIRAP. 

Licenciée en Lettres modernes, spécialisée en Civilisations européennes, doctorante en Histoire générale, Natou Pedro Sakombi est chercheuse indépendante, publiant des essais sur les questions africaines.

 

« Il est très important pour nous de nous réapproprier cette histoire et de la réécrire dans une simple volonté de véracité historique. Ce n’est pas pour se glorifier mais c’est vraiment parce que nous avons besoin que l’histoire soit retranscrite dans toute sa véracité. »

« L’écriture a toujours été une passion, un moyen pour moi d’exprimer mes idées, de les partager », explique-t-elle. « Lorsque ma passion pour l’histoire s’est agrandie, j’ai effectué des recherches sur l’histoire de l’Afrique. Je me suis mise à écrire à partir du moment où j’ai ressenti le besoin de renouer avec mes racines africaines et de connaître davantage l’histoire de mes ancêtres. »  

À travers ses recherches, l’historienne découvre que ce qu’on lui avait enseigné à l’école n’était pas totalement la bonne version de la réalité historique. Elle déplore la volonté de cacher certains points cruciaux, notamment la participation de l’homme africain dans l’historiographie globale de l’humanité. Dans ses écrits, elle dénonce ce qu’elle appelle  « Négrocide historique ». Elle met ainsi le doigt sur la problématique de la falsification historique, de l’histoire cachée, occultée, oubliée de l’Afrique berceau de l’humanité et fondement de toutes les civilisations, selon elle. 

Du sang bleu à l’encre noire est né au bout de trois années de recherche. La Belge d’origine africaine a fait une confrontation des sources notamment anthropologiques, littéraires et génétiques pour parvenir à la réalisation de cet opus. Avec une plume à la fois fluide et avec beaucoup de précision dans ses explications, elle invite le lecteur à sa propre autonomie de pensée voire à une prise de conscience. 

 

Se réapproprier l’histoire

Natou Pedro Sakombi  évoque de la présence de population négro africaine en terre européenne notamment dans les grandes monarchies occidentales, dont les écrits historiques montrent une absence totale. Son objectif à travers ce livre est d’inviter ses lecteurs, en partie, à comprendre pourquoi la population négro-africaine, qui peuplait l’Europe, est devenue finalement une population de type caucasienne d’où la notion de « négrocide historique » voire de « falsification historique », qui selon elle, est le fait de gommer toute action des Africains dans l’écriture de l’histoire de l’humanité. 

Dans ce livre engagé, l’auteure qui s’affiche comme étant afro-optimiste, est dans une démarche de rectification.

 

 

 

 

 

 

Natou Pedro Sakombi
Du sang bleu à l’encre noire
Éditions Emergo et Dagan
Prix : 25 euros.

 

@NA           

Écrit par
Aïssatou Diamanka-Besland

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