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Diaspora

Catalyser les investissements de la « sixième région d’Afrique »

Catalyser les investissements de la « sixième région d’Afrique »
  • Publiédécembre 5, 2023

Le projet SDE4R appuie l’engagement de la diaspora venue de huit pays africains, dont le Mali, Madagascar et le Togo. Il permettra de catalyser les investissements privés afin de renforcer la résilience, y compris auprès des populations les plus vulnérables.

 

La Commission de l’Union africaine, l’Organisation internationale pour les migrations et la BAD (Banque africaine de développement) vont financer en commun, à hauteur de 3,9 millions de dollars sous forme de dons, le projet SDRE4R destiné à renforcer l’investissement, le capital humain et l’engagement philanthropique de la diaspora dans huit pays africains.

Cet accord tripartite de financement et de mise en œuvre soutiendra le projet « Streamlining Diaspora Engagement to Catalyze Private Investments and Entrepreneurship for Enhanced Resilience » (Rationaliser l’engagement de la diaspora pour catalyser les investissements privés et l’esprit d’entreprise afin de renforcer la résilience, SDE4R de son acronyme en anglais). Les pays cibles sont Madagascar, le Mali, le Togo, ainsi que la Gambie, le Liberia, la Somalie, le Soudan du Sud et le Zimbabwe.

« Cette intervention contribuera à stimuler les investissements en faveur des groupes les plus vulnérables dans les pays bénéficiaires, y compris les populations déplacées de force et les communautés d’accueil. »

Le projet aidera les pays bénéficiaires à identifier les meilleures méthodes pour mobiliser efficacement le capital humain et financier de la diaspora, soit pour soutenir le développement socio-économique en relançant le secteur privé national, soit pour se relever à la suite d’une crise politique ou humanitaire en tirant parti de l’expertise et des réseaux des groupes de la diaspora.

Outre les gouvernements des huit pays cibles, le projet devrait compter 10 000 bénéficiaires directs et 40 000 bénéficiaires indirects dans les communautés touchées par des conflits, les changements climatiques et d’autres catastrophes humanitaires et environnementales.

Il s’agit là d’un exemple concret de partenariat du triptyque humanitaire-développement-paix axé sur la mise en œuvre de cadres stratégiques et de priorités communes, commente la BAD dans un communiqué.

On estime à 160 millions le nombre d’Africains de la diaspora ; les quelque 96 milliards $ qu’ils ont envoyés sur le continent en 2021 ont largement dépassé les 35 milliards $ d’Aide publique au développement qui ont été versés à l’Afrique la même année.

 

 

Des agents de changements

Les gouvernements de ces pays ont appelé à un soutien plus fort de l’engagement de la diaspora, soit en l’incluant dans leur plan de développement national, soit en adoptant des recommandations politiques spécifiques. Tout d’abord, la diaspora au sens large est définie comme l’ensemble des populations ayant la même nationalité d’origine et dispersées dans le monde.

Au niveau continental, l’exploitation du capital financier et humain de la diaspora pour le développement socio-économique des pays d’origine est depuis longtemps une priorité pour les décideurs politiques africains. La « Position commune africaine sur la migration et le développement », rédigée en 2006, reconnaît le rôle central de la diaspora en tant que sixième région d’Afrique. D’autres décisions politiques régionales ont renforcé cette déclaration, telles que l’Agenda 2063 de l’UA, le Cadre révisé de politique migratoire de l’UA et les objectifs du Pacte mondial pour les migrations sur l’engagement de la diaspora. Ces cadres politiques reconnaissent les migrants comme des « agents de changement » et des « facilitateurs de développement dans les pays d’origine, de transit et de destination ».

C’est pourquoi le projet multi-pays SDE4R vise à soutenir les huit pays cibles pour atteindre l’Agenda 2030 et les objectifs pertinents des ODD grâce à l’engagement de la diaspora en utilisant leurs investissements directs, leur expertise et leurs compétences dont ils ont tant besoin pour stimuler le développement socio-économique dans les pays d’origine, explique le document portant création du projet.

Selon Abdul Kamara, de la BAD le projet stimulera les opportunités d’affaires et le soutien technique à la résilience socio-économique à travers le continent en promouvant des outils de financement innovants et des initiatives de transfert de compétences.

Des visages de la diaspora

 

Cette signature de don pour le projet SDE4R constitue « une étape importante dans l’exploitation de l’engagement de la diaspora pour catalyser les investissements privés et l’entrepreneuriat afin de renforcer la résilience des populations, notamment des femmes, des jeunes et des habitants des zones rurales. Cette intervention contribuera à stimuler les investissements en faveur des groupes les plus vulnérables dans les pays bénéficiaires, y compris les populations déplacées de force et les communautés d’accueil », considère-t-il

Avis partagé par Betty Mupenda Wangozi, de la Commission de l’Union africaine, selon qui son organisation est chef de file de son organisation dans la coordination des efforts visant à exploiter la contribution de la diaspora au développement de l’Afrique. Elle considère que le projet SDE4R fera considérablement progresser l’Agenda 2063 de l’Union africaine dans les pays bénéficiaires.

De son côté Mariama Cissé Mohamed, directrice du Bureau de liaison spécial de l’Organisation internationale pour les migrations à Addis-Abeba, juge que le projet vise à promouvoir le développement socio-économique par la migration tout en fournissant une assistance humanitaire aux migrants dans le besoin, y compris les réfugiés et les populations déplacées internes. « En tant que tel, cet accord constitue un tremplin pour des interventions plus globales envisagées à travers le continent africain, sur la base d’initiatives existantes et évolutives sur l’engagement de la diaspora pour le développement du secteur privé. »

@AB

 

Écrit par
Aude Darc

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