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Culture

Une Afrique romancée mais loin des rêves

Une Afrique romancée mais loin des rêves
  • Publiéavril 15, 2024

Le prix Orange du livre en Afrique retient cinq finalistes, dont deux Tunisiens, un Camerounais, un Congolais et un Malgache, et à travers eux, des romans ancrés dans la réalité du continent.

 

Depuis 2019, le prix Orange du Livre en Afrique récompense un auteur du continent choisi par les lecteurs, avec le soutien de l’Institut français.

Pour cette 6e édition, 39 livres ont été présentés par 29 maisons d’édition issues de quinze pays africains. Pour sélectionner les finalistes, une centaine de lecteurs répartis dans six comités de lecture, basés au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, à Madagascar, au Mali, en Tunisie ainsi qu’un comité panafricain composé de lecteurs issus de quinze pays d’Afrique francophone se sont concertés.

Le lauréat recevra une dotation de 10 000 euros et bénéficiera d’une campagne de promotion de son ouvrage.

Chaque livre a ainsi été lu par au moins 18 lecteurs aux profils variés : professionnels du livre (libraires, éditeurs, bibliothécaires, journalistes littéraires) mais aussi passionnés de lecture, parmi lesquels de nombreux salariés Orange.

Il reste donc cinq finalistes, deux Tunisiens, un Camerounais, un Congolais et un Malgache.

À savoir Angelo Bayock, pour Percussions, publié par les éditions marocaines La croisée des chemins. Ce premier roman du journaliste camerounais une fresque qui suit les habitants d’un petit village alors qu’ils basculent tour à tour dans la violence et la dépravation. Et, au cœur de leurs histoires, une forêt fantomatique où viendront se mêler et se confondre leurs errances et leurs obsessions.

Le Tunisien Mouha Harmel présente Siqal, l’antre de l’ogresse, aux éditions Déméter. Architecte de formation, doctorant en philosophie, l’auteur a déjà écrit plusieurs essais et romans. Dans Siqal, l’antre de l’ogresse, lauréat du Comar d’Or 2023, il s’inspire des contes traditionnels tunisiens en mettant en avant leur face sombre, cruelle et transgressive. Il puise dans les légendes de djinns et de sorcellerie et nous transporte dans une histoire fantastique où les contes s’enchâssent dans le récit du destin mouvementé de quatre sœurs.

Dibakana Mankessi publie Le psychanalyste de Brazzaville, aux éditions Les lettres mouchetées. L’écrivain et sociologue décrit l’agitation politique de son pays depuis l’Indépendance. Son troisième roman laisse libre cours à de nombreux personnages, inconnus et célébrités, Africains comme Européens, désireux de trouver des réponses à leurs problèmes psychiques qu’ils traversent durant cette période. « Une réjouissante relecture de l’histoire du Congo », titre le quotidien Le Monde.

 

Sous le SIEL de Rabat

Hary Rabary, écrivaine de Madagascar, présente #ZaKoa, aux éditions Dodo vole. Ce titre est la traduction en malagasy de « #MeeToo ». Le roman raconte, sous la forme d’une longue lettre à l’agresseur, le combat d’une étudiante victime de viol, qui trouve le courage de se battre contre l’opprobre, qui refuse d’endosser la honte. Cette fiction a été nourrie par les nombreux récits que l’autrice a pu entendre dans le cadre de son métier de gynécologue.

Meryem Sellami est sélectionnée pour Je jalouse la brise du sud sur ton visage, édités par les éditions Cérès, en Tunisie. Socio-anthropologue à Tunis, Meryem Sellami a déjà publié plusieurs ouvrages académiques. Ce premier roman est un récit de la chute d’une femme, tombée dans les rets d’une relation où elle va s’abandonner jusqu’à en perdre l’équilibre. Une méditation forte sur les liaisons humaines, un roman viscéral et subversif où le corps est au centre du désir.

Les cinq finalistes participeront au Salon international de l’édition et du livre (SIEL), organisé à à Rabat du 9 au 19 mai. Dans ce cadre, seront organisés des ateliers de professionnalisation pour les maisons d’édition finalistes, coordonnés par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants. Le jury, présidé par Véronique Tadjo, se réunira et proclamera le lauréat de la 6e édition du Prix Orange du Livre en Afrique.

Le jury est composé de personnalités du monde littéraire : Yvan Amar, Kidi Bebey, Yahia Belaskri, Eugène Ebodé, Prudentienne Houngnibo Gbaguidi, Valérie Marin la Meslée, Nicolas Michel, Nétonon Noël Ndékéry, Gabriel Mwènè Okoundji, Ariane Poissonnier, et la lauréate de 2023, Michèle Rakotoson (Madagascar).

Le lauréat recevra une dotation de 10 000 euros et bénéficiera d’une campagne de promotion de son ouvrage. Le prix Orange du Livre en Afrique s’inscrit dans le cadre des engagements de la Fondation Orange en Afrique visant à accompagner les pays dans leur développement, notamment sur le plan culturel, fait savoir le groupe de télécoms.

@NA

Écrit par
Laurent Allais

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