x
Close
Culture

L’homme et l’oiseau, un lien éternel

L’homme et l’oiseau, un lien éternel
  • Publiédécembre 7, 2023

Kalthoum Jemaïl, peintre et essayiste, se lance constamment des défis. Son dernier livre nous fait pénétrer dans l’univers méconnu des oiseaux, à travers les civilisations et les cultures, ainsi que les mythologies. L’auteure explique ce qui l’a conduit à s’y aventurer.

 

De la peinture à la rédaction d’essais, comment avez-vous opéré cette évolution ?

En vérité, l’écriture et la peinture ont depuis toujours, cohabité en moi. Pour faire court, je fus journaliste à la Radio-télévision tunisienne. Parallèlement, j’ai commencé à exposer. D’abord en Tunisie puis à l’étranger, dans plusieurs pays où j’ai vécu. En devenant correspondante, en 2002, à la revue hebdomadaire tunisienne,  Réalités, et du mensuel Femme et Réalités, je repris ainsi la plume. Mes 50 ans approchaient ! J’ai alors décidé de me consacrer entièrement à l’écriture. Et je m’y plais encore beaucoup.

Il nous faut à présent, plus que jamais, nous préoccuper de reboiser notre Afrique ; pour notre écosystème et pour que nos oiseaux ne nous quittent pas.

Pourquoi avoir choisi pour vos livres des sujets complexes et qui exigent un intense travail de documentations et d’informations ?

Je ne choisis pas mes sujets. Ils s’imposent à moi. M’y soumettre, quel formidable défi ! En retour, j’ai beaucoup appris. Quant à la complexité elle est à la hauteur de l’intérêt qu’on porte au sujet. Les affres de la douleur apparaissent une fois passé le cap des cinq premières pages Arrive alors la spirale de questionnements et de recherches, passage obligé qui devient tunnel. Mais, tout au long de cette aventure de l’esprit rien n’entrave le plaisir de la découverte.

 

Comment est née cette idée d’écrire sur l’oiseau et l’homme ?

Je voulais écrire une histoire pour enfants. Ma première démarche, comme à chaque fois, c’est de m’informer d’abord sur le sujet principal. En l’occurrence, il s’agissait d’un oiseau. Ma question fut : « À quelles aptitudes doit-il l’aisance de traverser les airs ? ». En me penchant sur l’anatomie externe et interne de cet animal à plumes, un univers incroyable s’était ouvert à moi. Je me suis alors dit : « Il faut absolument en informer les adultes. » Écrire est aussi une histoire de partage.  Quant au sujet, il m’est venu naturellement : « L’homme et l’oiseau, un lien éternel. » Cette relation entre l’homme et l’oiseau est en effet bien réelle.

 

En Afrique, l’imaginaire et la culture sont imprégnés des références liées à la nature et aux animaux. Dans sa cosmogonie, l’oiseau occupe une place importante.

Absolument. L’oiseau occupe une place importante dans l’imaginaire et la culture, en Afrique. Dans mon livre, je me suis référée aux masques. Supports essentiels au déroulement de nombreux rituels, sacralisés et sculptés dans le style propre à chaque ethnie, les masques, d’une manière générale, rendent tangibles à l’homme le surnaturel et l’invisible. Ceux des oiseaux sont reconnaissables à la forme du bec : échassier, pintade, rapace et autres… Chaque espèce possède sa propre symbolique mais toutes relient l’univers du réel à celui du spirituel. Le porteur, sous les traits d’un oiseau, est maître de la terre et du ciel.

 

Selon les indicateurs de la biodiversité, des millions d’oiseaux migrateurs passent moins de temps en Afrique. Quelle en est la raison ?

En effet de nombreuses études attestent de la vulnérabilité des oiseaux au réchauffement du climat. Chaque degré Celsius d’augmentation de la température de la planète pourrait entraîner l’extinction de 100 à 500 espèces. Il nous faut à présent, plus que jamais, nous préoccuper de reboiser notre Afrique et pour notre écosystème et pour que nos oiseaux ne nous quittent pas.

Le masque du calao, aux yeux globuleux et au bec recourbé, est typique des masques tribaux des Nunuma et des Gourounsi, populations d’Afrique de l’Ouest, au centre-sud du Burkina-Faso et au nord du Ghana.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le masque du calao, aux yeux globuleux et au bec recourbé, est typique des masques tribaux des Nunuma et des Gourounsi, populations d’Afrique de l’Ouest, au centre-sud du Burkina-Faso et au nord du Ghana.

 

*****

Bibliographie

La Préhistoire ou le génie créatif de l’homme

Éditions Jugurtha international, 2008.

 

Saâdou le Magnifique

CELI Éditions Tunisie-Sénégal, 2012, petites histoires pour enfants.

 

Abdelaziz Jemaïl et le siècle de la Tunisie moderne.

Édition Universelle, 2012, biographie historique couronnée par le prix Zoubeida Bchir 2013, pour les études scientifiques en langue française auprès du CREDIF (Centre de recherches, d’Etudes, de documentation et d’information sur la femme).

 

Collectif, sous la direction d’Abdelaziz Daoulatli,

Tunis, Métropole arabe méditerranéenne », agence de mise en valeur du patrimoine et

de promotion culturelle, Tunis 2019.

 

L’homme et l’oiseau, un lien éternel,

L’Harmattan, 2023

@NA

Écrit par
HBY

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *