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Culture

Karim Kattan, un roman pour la Palestine

Karim Kattan, un roman pour la Palestine
  • Publiédécembre 18, 2021

L’écrivain palestinien Karim Kattan, chapeauté par l’éditeur tunisien Elyzad, reçoit le Prix des cinq continents remis par l’Organisation internationale de la Francophonie, pour son premier roman, Le Palais des deux collines.

Par Véronique Clara-Véronne

Le Prix des cinq continents 2021 est attribué à l’écrivain palestinien Karim Kattan. Une distinction de poids pour l’auteur engagé dans les débats sur la Palestine, ainsi que pour sa maison d’édition tunisienne Elyzad.

Le jury, réuni de manière virtuelle pour des raisons liées à la crise sanitaire par l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie), le 16 décembre, a récompensé le roman Le Palais des deux collines.

Doté d’un montant de 15 000 euros pour le lauréat et de 5 000 euros pour la mention spéciale, le Prix des cinq continents, créé en 2001, permet de mettre en lumière des talents littéraires reflétant l’expression de la diversité culturelle et éditoriale en langue française sur les cinq continents.

« Quel bonheur immense et inattendu », a réagi l’écrivain sur son compte Instagram. « Merci au comité de lecture sur les cinq continents, au prestigieux jury, à l’OIF et aux éditions Elyzad pour leur soutien sans failles. »

Le livre relate le retour d’un jeune Palestinien dans son village natal déserté, tout comme sa maison familiale habitée par les fantômes du passé. Le jury y voit là « une histoire poignante sur la mémoire, ses lieux et ses fantômes, sur l’anticipation d’une disparition programmée de tout un peuple ».

Les jurés ont été « particulièrement séduits par la langue poétique et un art du récit mêlant dérision, humour et colère contenue, d’une grande originalité ». Le jury international était présidé par l’écrivaine et femme de médias franco-égyptienne Paula Jacques.

Il a également décerné une mention spéciale à Miguel Bonnefoy pour son roman Héritage publié aux éditions Rivages: « Un roman d’une grande maîtrise narrative, saga d’une famille de vignerons français installée au Chili à la fin du XIXe siècle. C’est un récit qui ne fait jamais concession des horreurs de la période qu’il décrit, mais réussit à transcender l’absurdité de la violence à travers le parcours de ses personnages. Magnifique écriture mêlant à la fois le réel et le fantastique. »

Un rayonnement international

Karim Kattan couverture de son livre

09Pour sa 20e édition, la cérémonie officielle de remise du prix se déroulera le 20 mars 2022, à Dubaï, en marge de la Journée internationale de la Francophonie qui sera célébrée dans le cadre de l’Exposition universelle.

Karim Kattan, né en 1989 à Jérusalem, est docteur en littérature comparée. Il écrit en anglais et en français ; Le Palais des deux collines est son premier roman. Écrivain engagé pour la cause palestinienne, Karim Kattan vient d’ailleurs d’annuler sa présence à une conférence de l’Institut du monde arabe de Paris, pour protester contre la participation d’intérêts israéliens à une exposition sur les Juifs d’Orient.

Doté d’un montant de 15 000 euros pour le lauréat et de 5 000 euros pour la mention spéciale, le Prix des cinq continents, créé en 2001, permet de mettre en lumière des talents littéraires reflétant l’expression de la diversité culturelle et éditoriale en langue française sur les cinq continents.

Ce prix permet également d’offrir à l’auteur un rayonnement international. Le lauréat bénéficiera d’un accompagnement promotionnel pendant toute une année, l’OIF assurant sa participation à des rencontres littéraires, foires et salons internationaux identifiés de commun accord avec lui.

Le jury est composé de quinze écrivaines et écrivains de renom et d’un membre d’honneur, originaires de tout l’espace francophone. Jean-Marie Gustave Le Clézio (France-Maurice), Prix Nobel de littérature, René de Obaldia de l’Académie française (Hong Kong), Lise Bissonnette (Québec), Vénus Khoury-Ghata (Liban), Liliana Lazar (Roumanie), Wilfried N’Sondé (Congo-France), Lyonel Trouillot (Haïti), Abdourahman Waberi (Djibouti), Jun Xu (Chine). 

Beata Umubyeyi Mairesse (Rwanda), lauréate du prix 2020, Mohammed Aïssaoui (Algérie), Victor Comte (Suisse), lauréat 2020 du prix du Jeune écrivain. Binta Tini, représentante de l’Association internationale des libraires francophones et Fawzia Zouari (Tunisie), représentant le Parlement des Écrivaines francophones, complétaient le jury pour cette édition.

@VCV

EN BREF

Tout comme la calligraphie arabe et la rumba congolaise, la broderie palestinienne, le « tatriz », entre au patrimoine de l’humanité définit par l’Unesco. Cette inscription permettra de donner une meilleure visibilité à ces arts et à ceux qui les transmettent.

 « La broderie est une pratique sociale et intergénérationnelle, les femmes se réunissant les unes chez les autres pour broder et coudre, souvent accompagnées de leurs filles », relève l’Unesco. Le Tatriz est l’art de coudre à la main des motifs avec du fil aux couleurs vives sur les vêtements.

Les broderies représentent une variété de symboles tels que des oiseaux, des arbres ou des fleurs. Préparée depuis deux ans, cette inscription intervient en pleine polémique ; certains, dans le monde arabe, accusent Israël d’« appropriation culturelle » après la diffusion d’une vidéo promotionnelle à l’occasion du concours Miss Univers, le 12 décembre. Les candidates étaient vêtues du Thobe, la tenue traditionnelle fabriquée par la technique du Tatriz.

@VCV 

 

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Par Véronique Clara-Véronne

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