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Culture

Une vitrine de prestige pour l’art contemporain

Les locaux parisiens de Christie’s ont accueilli une vingtaine d’artistes africains, du 21 au 23 janvier, dans le cadre de la Foire 1-54. Toujours visible en ligne, l’événement se double d’une série de conférences et de rencontres, tout au long de février.

Par Laurent Soucaille

Comme prévu – expression qu’il est rare d’employer ces temps-ci quand on évoque un rendez-vous artistique –, les locaux parisiens de Christie’s ont accueilli la Foire d’art contemporain 1-54. Au prix du strict respect des règles sanitaires, les visiteurs ont admiré les œuvres d’une vingtaine d’exposants africains.

« Nous voulons que nos trois éditions reviennent à la normale, mais en attendant, en cas d’annulation, il serait intéressant d’essayer différentes villes. », dixit Touria El Glaoui.

Les organisateurs de la Foire 1-54, dont sa fondatrice Touria El Glaoui, ont réinventé un nouveau format créatif face aux contraintes. L’événement devait initialement se tenir à Marrakech. Plutôt que Londres, les organisateurs ont choisi Paris pour faire connaître les créateurs africains ; la France vivant – virtuellement – au rythme de la saison Africa2020.

Des galeristes venues de diverses capitales d’Afrique (Dakar, Le Cap, etc.) ou d’Europe ont envoyé leurs œuvres les plus emblématiques. Une salle par galerie et, bien souvent, un artiste par salle, afin de ne pas frustrer le visiteur.

Lelong & Co (Paris, New York) a choisi le peintre Barthélémy Toguo, venu du Cameroun, qui a revisité les cartes postales de l’époque coloniales pour inviter le spectateur à en saisir l’ironie. La galeriste Nathalie Obadia a également choisi des travaux sur papier, ceux de Nu Barreto, originaire de Guinée équatoriale. Qui impressionne par son travail sur les couleurs, ici sur celles du drapeau américain, qui se mélangent aux couleurs jaunes et vertes souvent présentes sur les drapeaux africains.

La galerie lusophone This Is Not a White Cube a présenté le peintre angolais Cristiano Mangovo. Une œuvre variée, qui va de portraits bruts aux paysages très colorés. Quittant Accra (Ghana), la Gallery 1957 a présenté les œuvres tissées, ornées de perles, de Joana Chamouli. Qui aime représenter la vie quotidienne sans quête d’exotisme.

Plusieurs autres artistes ont évoqué la mémoire de l’Afrique ou l’actualité issue du mouvement Black Lives Matter. Noel Anderson, Kelani Abass ont retenu l’attention, ainsi que les jeunes Roméo Mivekannin et Emo de Medeiros. De même que des artistes déjà cotés auprès des spécialistes, comme Romuald Hazoumé, Pascale Marthine Tayou, Chéri Samba ou Amadou Sanogo. 

Un programme de discussions

Ce partenariat de la Foire 1-54 avec Christie’s à Paris fait suite à une collaboration remarquée lors de la foire de Londres 2020. La société de ventes aux enchères avait choisi des œuvres présentées dans ses galeries de King Street, tandis que l’intégralité de la foire était accessible sur son site Internet. La collaboration avec la maison de ventes s’inscrit dans le cadre d’un partenariat permanent : Christie’s Education avait commencé à soutenir 1-54 en organisant des conférences, en 2018.

Merci, merci, je suis dans la zone verte

À noter que l’exposition se double du 1-54 Forum, programme multidisciplinaire de discussions, d’échanges, d’ateliers de performances entièrement numériques, qui se poursuivra tout au long du mois de février. Un forum organisé par LE 18, espace multidisciplinaire implanté à Marrakech. Retour aux sources, donc.

Encore aujourd’hui, les visiteurs pourront découvrir, et pourquoi pas acquérir, les œuvres en ligne, provenant de toutes les galeries, sur la plateforme artsy.net, partenaire historique de la foire 1-54.

Touria El Glaoui décrit 1-54 chez Christie’s comme un « accord gagnant-gagnant ». Bien qu’elle ne sache pas si le 1-54 à Paris pourrait être répété chaque année, elle espère que la collaboration avec la maison de ventes apportera des opportunités de développement du Forum 1-54 ailleurs : « Je serais très disposée à tester la foire avec Christie’s dans des endroits où nous ne sommes pas présents, comme Dubaï ou la Chine », a-t-elle déclaré.

« Nous voulons que nos trois éditions reviennent à la normale, mais en attendant, en cas d’annulation, il serait intéressant d’essayer différentes villes. » Interrogée sur les intentions du collectionneur et homme d’affaires français François Pinault – propriétaire de Christie’s –, à l’égard du Forum 1-50, Touria El Glaoui a assuré : « Non, il n’y a pas d’agenda caché. »

LS

Pour découvrir les œuvres : www.artsy.net/fair/1-54-paris-2021

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