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Côte d’Ivoire : 300 000 t. de sucre en 2023

La Côte d’Ivoire souhaite augmenter sa production sucrière nationale. D’importants investissements vont être réalisés par deux groupes ivoirien et français, en vue d’atteindre l’autosuffisance dans les années à venir.

Par Gérard Choisnet

Le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, a reçu le 6 février à Abidjan Alexandre Vilgrain, PDG du groupe français Somdiaa, actionnaire de la Sucrerie africaine Côte d’Ivoire (SUCAF CI)« Nous croyons à la productivité et à la compétitivité du sucre ivoirien. Nous allons investir 84 milliards de F.CFA pour combler le déficit du marché et subventionner l’exportation de sorte qu’elle soit compétitive », a déclaré Alexandre Vilgrain.

Créée en 1997 à la suite du programme de restructuration et de privatisation du secteur sucrier ivoirien, la SUCAF CI fait partie depuis 2010 du groupe Somdiaa, dont elle est l’unique filiale ivoirienne.

La société tire ses cannes de ses surfaces irriguées mais aussi des cultures villageoises environnantes. La superficie sous cannes s’élève à 14 600 ha, répartis sur les deux sites des sucreries situées à Ferkessédougou dans le Nord de la Côte d’Ivoire, à proximité des frontières du Burkina Faso (80km) et du Mali (110km).

L’usine de Ferké 1 produit du granulé blanc et du sucre morceau, et l’usine de Ferké 2 du granulé roux. Les deux sites sont aujourd’hui capables de récolter plus de 1 million de tonnes de canne afin de produire 105 000 t de sucre, commercialisé sous la marque Princesse Tatie.

En 2015, la Côte d’Ivoire représentait un chiffre d’affaires de 93,5 millions d’euros (61 milliards de F.CFA), soit 19,1 % du chiffre d’affaires total de 489,7 millions d’euros du groupe Somdiaa.

« Nous croyons à la productivité et à la compétitivité du sucre ivoirien. Nous allons investir 84 milliards de F.CFA pour combler le déficit du marché et subventionner l’exportation de sorte qu’elle soit compétitive », a déclaré Alexandre Vilgrain.

La campagne 2018 vient de s’amorcer, indiquait fin octobre dernier la Somdiaa. Elle verra le début du projet PESUF, qui permettra à terme d’irriguer près de 1.500 hectares de nouvelles terres.

Cette campagne sera également associée au déploiement de nouvelles technologies, avec, pour la SUCAF CI, l’introduction de la plantation mécanique ainsi que la mise en œuvre du guidage GPS des engins, déjà utilisé sur les sites de la SOSUCAM au Cameroun et de la SARIS  au Congo.

Dans un contexte mondial marqué par la chute des prix du sucre, la filiale ivoirienne, qui a produit 105 000 t de sucre pour la campagne 2017-2018, projette 135 000 t pour la campagne 2018-2019, selon les autorités ivoiriennes, soit une augmentation de près de 30 %.

Le gouvernement ivoirien a par ailleurs décidé le 14 février de mettre en place un mécanisme d’approvisionnement en sucre des industries utilisatrices de ce produit comme intrant, « en vue d’assurer concomitamment le développement de la filière sucrière nationale et la compétitivité des entreprises locales».

Les sociétés sucrières locales, Sucrivoire et SUCAF-CI, sont autorisées « à titre exclusif », après évaluation des besoins des industries locales, à importer 40 % des besoins en sucre du marché, la différence de 60% étant fournie par les sociétés sucrières nationales.

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Written by African Business

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