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Coopération

Nouer des alliances internationales

Dans la stratégie d’intégration des entreprises burkinabè dans les chaînes de valeurs nationales, régionales et internationales, les acteurs du secteur privé ont entrepris de développer des partenariats avec des entreprises internationales. 

Par Tiego Tiemtoré

Le Premier ministre Christophe Dabiré ne cesse d’exhorter les entreprises burkinabè à se battre pour développer des alliances avec les privés étrangers et franchir les frontières nationales : « Notre modèle de développement, qui vise la transformation structurelle de l’économie nationale, place l’industrialisation au coeur des priorités du gouvernement. Nous voulons faire du secteur privé, le principal acteur dans la création de valeur ajoutée et d’emplois.

Les missions officielles du chef de l’État offrent aussi des opportunités de partenariats entre les privés locaux et leurs homologues étrangers. La visite de Roch Marc Christian Kaboré au Japon, en novembre 2018, a permis à plusieurs champions de l’économie nationale d’engager une opération séduction auprès des Japonais. 

Aussi, devons-nous trouver les voies et moyens pour promouvoir la compétitivité de nos entreprises dans un environnement international fortement concurrentiel. L’une des meilleures stratégies pour y arriver est d’assurer l’insertion de nos entreprises dans les chaînes de valeurs », a-t-il rappelé lors de la Rencontre État – secteur privé, le 14 octobre 2019 à Bobo-Dioulasso, consacrée à la problématique des chaînes de valeur (lire encadrés). 

Le patronat burkinabè n’est pas inactif, de ce point de vue. Par exemple, l’indien Mona Industry a scellé, en juin 2019, une coentreprise avec Rose Sanou pour lancer une usine de traitement de cuirs et peaux, aux environs de la capitale. Avec un investissement de 15,6 milliards de F. CFA (23,8 millions d’euros) sur les cinq premières années d’exploitation, le groupe indien surfe sur le potentiel d’un secteur qui a grandement besoin d’investisseurs.

La nouvelle usine à une capacité de traitement de 5 000 peaux/jour, est extensible à 100 000 peaux/jour, d’ici cinq ans. L’arrivée de Mona Industry redonne du tonus à la filière bétail-viande qui constitue après l’or et le coton, le troisième produit d’exportation du Burkina Faso et qui contribue à 26 % de ses recettes d’exportation. 

Dans le BTP, le saoudien Al Qasabi est associé, depuis trois ans, à un partenaire burkinabè, Susy construction, pour des travaux construction à l’université polytechnique de Bobo-Dioulasso (UPB) et à l’université Ouaga 2. 

Tirer profit des missions et forums 

Dans le cadre de la mécanisation agricole, le ministère de l’Agriculture et des aménagements hydrauliques a porté son choix sur Tropic Agro-Industrie, pour la réalisation d’une unité industrielle qui sera créée dans le cadre d’un partenariat public-privé.

Tropic Agro-Industrie appartient à Al Hassane Seynou, un fidèle associé du groupe malien Toguna Agro-Industries de Saydou Nantoumé, qui règne déjà sur la fourniture d’engrais. Le groupement Toguna-Tropic Agro-Chem est un fidèle fournisseur de ces machines agricoles et d’engrais dans le pays. L’usine sera installée à Bobo-Dioulasso où Toguna envisage y construire une usine de production d’engrais, avec une capacité de production de près de 400 000 tonnes par an. 

Les missions officielles du chef de l’État 

offrent aussi des opportunités de partenariats entre les privés locaux et leurs homologues étrangers. La visite de Roch Marc Christian Kaboré au Japon, en novembre 2018, a permis à quelques champions de l’économie nationale de mener une opération séduction auprès des Japonais à la faveur du premier Forum économique entre les deux pays. 

Lors du Forum économique Russie- Afrique, une convention pour dynamiser les relations d’affaires entre le Burkina Faso et la Russie a été signée. Mahamadi Sawadogo (Chambre de commerce et d’industrie) a conclu avec le directeur de la Fondation Roscongress, Alexander Stuglev, une convention de coopération. Roscongress est un fonds d’investissement qui accompagne les exportateurs russes en Afrique et dans le reste du monde. 

Partenariats de pays à pays 

« Nous avons beaucoup de produits à exporter, et cette convention permet l’ouverture du marché russe au Burkina Faso et vice-versa. Elle a donc été signée pour aider les hommes d’affaires à promouvoir leur business entre les deux pays », commente Mahamadi Sawadogo. 

Un Traité d’amitié et de coopération lie la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso depuis 2009 et des forums d’affaires sont organisés en marge des rencontres politiques et diplomatiques. 

Lors du deuxième forum d’affaires, cette année, les Chambres de commerce et d’industrie des deux pays ont signé un mémorandum d’entente en vue de la réalisation d’importants projets communs. En l’occurrence, sont prévus la construction de parkings pour le stationnement des camions de transport de marchandises sur le corridor Abidjan- Ouagadougou, ainsi que le renforcement du réseautage au bénéfice des hommes et femmes d’affaires ivoiriens et burkinabè. 

Lors de la 7e Conférence internationale de Tokyo sur le Développement de l’Afrique (TICAD 7), en août 2019 à Yokohama (Japon), l’Agence burkinabè des investissements a signé un protocole d’accord avec l’Organisation japonaise du commerce extérieur (JETRO), en vue de promouvoir les opportunités économiques dont regorgent les deux pays, et à encourager la coopération entre les hommes d’affaires en matière d’investissements. 

Les choses bougent aussi avec la Turquie : le pays, réputé pour son expérience en matière de développement textile, sera les 30 au 31 janvier 2020, l’invité d’honneur du Sicot, le Salon international du coton et du textile de Koudougou.

ENCADRE

Harouna Kaboré, ministre du Commerce et de l’industrie 

« La thématique sur la stratégie d’intégration des entreprises burkinabè dans les chaînes de valeurs nationales, régionales et internationales, vient à point nommé en ce sens que l’ouverture de notre pays au commerce intrarégional, africain et international ainsi que la diversification de nos partenaires commerciaux vont obliger le secteur privé national à développer et à intégrer les chaînes de valeurs tant au plan national qu’international pour en tirer parti. 

Parmi les fortes préoccupations des acteurs du privé, on peut citer l’organisation des acteurs locaux pour une bonne synergie dans les chaînes de valeurs ; l’accompagnement des entreprises locales dans la certification et la normalisation ; l’opérationnalisation du fret aérien à Bobo pour l’exportation des produits frais ; l’accompagnement des artisans et les petits transformateurs de matières premières locales dans l’acquisition d’équipements adéquats ; l’accès aux financements ; la catégorisation des marchés publics ; la mise en place d’une unité de production d’emballages. » 

ENCADRE

Les promesses du second compact du Millenium Challenge Corporation 

Le Burkina Faso a été sélectionné décembre 2016 par le MCC (Millennium Challenge Corporation) pour le développement d’un second programme. Il devrait être signé dans le courant de l’année 2020, avec à la clé, un marché de 200 milliards de F.CFA (305 millions d’euros) en compétition. La CCI-BF a entrepris de former et sensibiliser les privés locaux, afin de tirer grandement profit de cette aubaine. 

Un consultant américain coopté par le MCC, Victor Voicu, a effectué une mission à Ouagadougou en juillet 2019, pour expliquer aux entreprises burkinabè les directives pour l’acquisition de biens, services et travaux, afin de leur permettre de capter les opportunités. 

Le gouvernement a décidé, pour ce second compact, de mettre l’accent sur le domaine de l’électricité, à travers trois propositions de projets. Il s’agit du renforcement de l’efficacité dans le domaine de l’électricité (volet réformes) ; l’accroissement de l’offre d’électricité moins coûteuse (volet production) ; et le projet réseaux et accès à l’électricité (volet transport et distribution). 

Selon le directeur-général de la CCI-BF, Kargougou Issaka, « ces projets auront un impact certain sur l’investissement privé, quand on sait que les tarifs de l’électricité au Burkina Faso sont parmi les plus élevés de la sous-région, que sa qualité laisse à désirer et peut impacter sur la compétitivité et la survie de certaines entreprises ».

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