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Coopération

International FIAD : l’Afrique coopère avec l’Afrique

La sixième édition du Forum international Afrique développement (FIAD) a mis l’accent sur la nécessité d’une intégration intra-régionale du continent passant par une coopération Est-Ouest. Une intégration qui ne se fera pas sans industrialisation.

Guillaume Weill-Raynal, envoyé spécial à Casablanca

Quand l’Est rencontre l’Ouest » était l’intitulé de la sixième édition du FIAD (Forum international Afrique développement), tenue les 14 et 15 mars à Casablanca (Maroc).

« Pendant longtemps, on a cru que l’industrie était réservée aux pays développés. Or, la Chine a changé de modèle économique, offrant des potentialités énormes à l’ensemble des pays du monde, en particulier à l’Afrique », estime Moulay Hafid Elalamy.

Un événement qui est devenu, au fil des ans, un rendez-vous incontournable pour l’ensemble des acteurs économiques africains. Les précé­dentes éditions avaient vu se réunir, au total, plus de 7 500 opérateurs et investisseurs venant de 36 pays différents, générant plus de 17 000 rendez-vous d’affaires BtoB.

Celle de cette année a été incontestablement un grand succès avec 2 000 participants et près de 5 000 rendez-vous. Et deux plénières consacrées à l’accélération de l’intégration économique régionale ainsi qu’à la question du Positive Impact.

Sur le premier de ces thèmes, Mohamed El Kettani, PDG de Attijariwafa bank, co-organisatrice du Forum avec son action­naire de référence le fonds d’investisse­ment privé panafricain Al Mada, a souligné combien la «combinaison de menaces et d’op­portunité » sur l’environnement économique mondial rendait les réformes de structure et l’approfondissement de l’intégration écono­mique plus que jamais nécessaires et urgents.

À son sens, ces réformes devront désormais concerner l’ensemble des pays du continent, bien au-delà de la « zone de confort » dans laquelle l’expansion du groupe s’était jusqu’à présent engagée.

Une croissance peu créatrice d’emplois

Signe de cet élargissement, la présence au Marché de l’investissement – autre volet du Forum – en qualité d’invité d’honneur, de Julius Maada Bio, président du Sierra Leone, accompagné d’une imposante délégation, aux côtés de huit autres pays mis également en avant pour leurs projets et réalisation les plus remarquables : Côte d’Ivoire, Tunisie, Nigeria, Égypte, Rwanda, Madagascar, Burkina Faso, Sénégal.

En d’autres termes, il s’agissait d’unir les efforts de pays en situation de post-crise – certains comptant parmi les plus pauvres du continent –, à ceux qui comptent parmi les « bons élèves » de la classe africaine aux yeux des institutions internationales.

Accélérer l’intégration économique du continent ? L’état des lieux est connu depuis longtemps, tant de fois énoncé : enjeux sécu­ritaires, faibles capacités de transformation de la production, déficit d’infrastructures et de compétences… Répondre aux attentes, oui, mais comment ?

Aujourd’hui, le commerce intra-africain ne pèse que 15 % des échanges sur le continent, contre 70 % entre les pays européens. « Le coût d’importation d’un produit asiatique à plusieurs milliers de kilo­mètres est équivalent à celui d’un produit venant d’un pays voisin », déplore Mohcine Jazouli, ministre marocain délégué à la coopération africaine.

Qui poursuit : « L’Afrique fournit les trois quarts du cacao mondial, mais ne capte que 1 % des 110 milliards de dollars géné­rés chaque année par l’industrie chocolatière mondiale. » Une situation paradoxale, selon Lionel Zinsou, fondateur de SouthBridge, une société de conseil financier et stratégique dédié au continent africain :…

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