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Coopération

Europe-Afrique : clarifier les partenariats financiers

Pour répondre à cette opacité et face aux chambres de commerce européennes qui viendraient épauler les (futurs) champions africains, l’UE pourrait constituer une plateforme digitale (réunissant avocats, fonds dédiés à l’Afrique, associations des diasporas, etc.) consacrée à la due diligence de partenaires potentiels. L’objectif est de mieux faire pénétrer l’information financière en Afrique. 

D’autre part, les économistes préconisent de mesurer l’Aide au développement par les « effets d’entraînement » qu’elle induit, plutôt que par la simple analyse comptable en termes de part du Revenu national.

Ce qui permettrait de privilégier des outils « moins budgétivores » mais plus efficaces, comme les garanties, les prêts subordonnés, les mécanismes de premières pertes, comme la garantie Aziz proposée par Proparco (AFD) qui appuie les banques africaines dans leur soutien aux PME. 

Si les initiatives de finance mixte (blending finance) ne vont « pas toujours au bout de leur démarche », elles doivent être « démultipliées et renforcées ». Notamment, en direction des pays les plus fragiles.

Ainsi que le regrettent les Africains, les institutions internationales ont tendance à privilégier les pays et les projets les moins risqués. Pourtant, les projets les plus risqués sont « susceptibles des plus forts effets d’entraînement sur l’économie ». Aussi, les bailleurs de fonds doivent-ils prendre davantage en considération cet effet de levier. 

Deux continents, un intérêt commun 

Aujourd’hui, « tous les acteurs sont importants pour accélérer le développement de l’Afrique. On parle de plus de 400 millions d’emplois à créer d’ici à 2050 ! Et l’État ne pourra pas relever ce défi seul », note l’Institut Montaigne qui observe que l’Afrique n’échappe pas à la critique du politique.

Aussi, les partenaires du développement doivent-ils miser sur les acteurs déjà actifs du continent, notamment les jeunes, et demeurer au plus près des populations, au lieu de se cantonner aux relations bilatérales avec les États. Ce qui suppose de dresser « une cartographie » de ces acteurs. 

Enfin, sans surprise, les auteurs invitent à renforcer le système financier africain, en direction des PME. Si des initiatives sont prises afin d’aider les banques à prêter aux petits entrepreneurs africains, « la redevabilité de ces banques et les preuves d’un meilleur accès des PME aux crédits bancaires doivent être contrôlées sans concession par les bailleurs » comme Proparco, par exemple. 

L’Europe et l’Afrique pourraient inventer ensemble des solutions innovantes, pour les deux continents. De nouvelles méthodes d’analyse du risque réduiraient le danger que fait porter l’asymétrie d’informations, diminuant le coût d’entrée dans un secteur, pour une banque.

L’Afrique doit développer ses marchés des capitaux et user davantage du Private Equity. Là encore, les deux continents « ont un intérêt commun » à développer des intermédiaires formés, des fonds d’investissement, des banques coopératives, des institutions de microfinance, de banque en ligne.

Par exemple, les fonds locaux créés et soutenus par Investisseurs et Partenaires (Comoé Capital et Mirakap à Madagascar, Sinergi au Niger et au Burkina Faso), « sont des relais à consolider et à démultiplier ».  

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