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Coopération

Economie : La nouvelle place de la Russie

Les investisseurs, y compris russes, veulent profiter des opportunités de croissance liées aux économies d’échelle et aux retours sur investissement supérieurs qu’apportera le nouveau bloc commercial. Déjà, les multinationales affichent leur intérêt : Volkswagen et Peugeot ont annoncé leur intention de construire des usines de fabri­cation et d’assemblage au Rwanda et au Kenya.

De plus en plus d’investisseurs russes pourraient également s’intéresser aux opportunités commerciales liées à la ZLEC. Toutefois, les investisseurs russes devront s’adapter à l’environnement économique de plus en plus compétitif dans la région.

Le Sommet Russie-Afrique de Sotchi, la première étape vers une plus grande reconnaissance de la contribution de la Russie à l’histoire de l’Afrique. Il permettra de créer les bonnes conditions pour une compréhension mutuelle et une coopération sur le plan économique, ainsi que sur le plan éducatif et culturel.

Aujourd’hui, l’Afrique attire non seulement les partenaires tradi­tionnels, mais aussi les économies émer­gentes. C’est peut-être l’un des défis les plus importants que la Russie devra relever en s’impliquant de nouveau en Afrique.

Mais l’expertise russe dans le domaine de l’énergie, des infrastructures et de la technologie – où le pays est compétitif sur la scène internationale – est l’une des clés d’un partenariat gagnant-gagnant.

L’avantage concurrentiel de la Russie

Le premier Sommet des investissements Russie-Afrique, qui se tiendra dans la ville russe de Sotchi, sur les bords de la mer Noire, en octobre 2019, sera l’occasion de présenter les dirigeants politiques et chefs d’entre­prise africains à leurs homologues russes et d’élargir les champs d’intérêt commun dans le but de renforcer l’implication des pays. Le fait que tant de responsables politiques africains aient si bien accueilli l’événement est de bon augure.

Les attentes sont très élevées de part et d’autre. Dans un continent où les besoins de financement dans les infrastructures dépassent 100 milliards $ par an et où les déficits de financement du commerce sont tout aussi élevés, le succès de ce sommet ne se mesurera pas au nombre de contrats signés, mais au volume des contrats et à leur impact sur la croissance et le développement.

Le sommet de Sotchi permettra également d’explorer et d’exploiter les opportunités liées à la sécurité nationale. La Russie est parfaitement consciente du lien entre la sécurité nationale et le développement économique.

Comme l’avait précisé feu Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, dans l’un de ses discours les plus célèbres, « il ne peut y avoir de développement sans sécurité, ni de sécurité sans développement ». À cet égard, le partenariat renouvelé et renforcé entre la Russie et l’Afrique doit également viser à consolider les bases de la sécurité nationale pour placer l’Afrique sur une trajectoire de croissance irréversible lors de la mise en oeuvre de la ZLEC.

Un rôle historique

Le sommet de Sotchi sera également l’occasion de valoriser la Russie aux yeux de l’Afrique à une époque où la concur­rence d’autres partenaires a fait quelque peu oublier le rôle historique qu’a joué la Russie dans les mouvements d’indépen­dance.

Malgré les forts liens historiques qui unissent ces pays, très peu d’Africains et de Russes, en particulier chez les jeunes, se rappellent des sacrifices des Russes lors des conflits d’indépendance en Afrique.

Néanmoins, cette incapacité à se rappe­ler l’aide apportée par les Russes participe de l’amnésie historique qui a caractérisé l’après-indépendance. Par exemple, le souvenir du combattant pour la liberté et Premier ministre de la RD Congo de l’ère post-coloniale, Patrice Lumumba, est plus vivace en Russie, où une université prestigieuse porte son nom, qu’en RDC, sans parler du reste de l’Afrique où aucun monument n’est dédié à sa mémoire.

Le Sommet Russie-Afrique de Sotchi sera donc la première étape vers une plus grande reconnaissance de la contribution de la Russie à l’histoire de l’Afrique.

Il permettra de créer les bonnes conditions pour une compréhension mutuelle et une coopération sur le plan économique, ainsi que sur le plan éducatif et culturel. Il jettera les bases d’un partenariat équitable et assurera la continuité historique entre les générations.

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