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Coopération

Economie : La nouvelle place de la Russie

Les Assemblées annuelles d’Afreximbank, la première banque de financement du commerce d’Afrique, se sont déroulées à Moscou. Les relations Russie-Afrique prennent de l’importance alors que le continent recherche de nouveaux partenaires commerciaux.

Par Hippolyte Fofak, économiste en chef d’Afreximbank

La coopération entre la Fédération de Russie et l’Afrique remonte à plusieurs décennies : l’Union soviétique apportait alors un appui tactique et logistique aux pays africains au moment de leur lutte pour l’indé­pendance.

Récemment, la coopération économique entre la Russie et l’Afrique a pris un nouvel essor. En l’espace de dix ans, le volume d’échanges entre les deux partenaires a progressé de plus de 120 %, atteignant 10 milliards de dollars en 2018. Les investissements russes ont également bondi.

Dans la même veine, Benedict Oramah, président d’Afreximbank, a exhorté les partenaires de toutes les régions du monde qui partageaient la vision d’une Afrique en progrès à « unir leurs forces pour mettre en oeuvre un nouvel agenda pour l’Afrique ».

Les perspectives d’expansion sont bonnes, compte tenu des possibilités de complémentarité des deux économies. La technologie et l’expertise russes dans le domaine de l’énergie et des infrastruc­tures sont extrêmement importantes et pertinentes en Afrique où le déficit d’in­frastructures, notamment l’insuffisance chronique d’électricité, entrave la hausse de la productivité et l’augmentation de la production.

En outre, l’expertise russe dans la gestion intégrée des ressources naturelles pourrait aider le continent à développer des industries utilisant ses abondantes ressources naturelles et à créer le socle d’une coopération économique bénéfique aux deux parties.

Dans son discours d’ouverture lors des Assemblées annuelles, le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a insisté sur le fait que la mondialisation avait déplacé les moteurs de croissance vers les pays en développement, faisant de l’Afrique un partenaire attrayant pour la Russie. Il a ajouté que l’Afrique pourrait exploiter l’expertise industrielle et commerciale russe pour accroître ses capacités de production et saisir les opportunités.

Dans la même veine, Benedict Oramah, président d’Afreximbank, a exhorté les partenaires de toutes les régions du monde qui partageaient la vision d’une Afrique en progrès à « unir leurs forces pour mettre en oeuvre un nouvel agenda pour l’Afrique ». Les Assemblées annuelles ont eu pour thème cette année : « Exploiter les partenariats émergents dans un contexte de montée du protec­tionnisme ».

De nécessaires investissements

L’Afrique affiche une forte croissance économique depuis vingt ans avec des taux de croissance moyens de 4,5 %, supérieurs à la moyenne mondiale, à 3,8 %. La région comprend quelques-unes des économies à plus forte croissance du monde et offre de bons retours sur investissement, attirant les investisseurs des régions développées et en développement.

La croissance soutenue de la région reflète également la diversification de ses sources de croissance et de ses partenaires commerciaux dans un paysage mondial où les pays du sud gagnent du terrain. La Chine et l’Inde sont devenues les premiers partenaires commerciaux de l’Afrique.

Pour autant, dans un monde où le commerce mondial est largement dominé par les biens manufacturés au contenu technologique important, le maintien de taux de croissance élevés en Afrique et le renforcement de l’intégration à l’économie mondiale exigeront davantage d’inves­tissements dans l’énergie, la technologie et l’innovation.

Cela devra s’ajouter aux investissements dans les infrastructures physiques et économiques, dans le but de développer la création de valeur ajoutée, d’accroître la production dans la fabri­cation et de stimuler la productivité.

Les investissements russes dans des secteurs stratégiques, tels que la pétro­chimie, l’aviation et les chemins de fer, permettront non seulement de développer l’économie en Afrique mais aussi d’accé­lérer la mise en oeuvre de la ZLEC (Zone de libre-échange continentale africaine).

Le premier Sommet des investissements Russie- Afrique, en octobre, sera l’occasion de présenter les dirigeants politiques et chefs d’entreprise africains à leurs homologues russes et d’élargir les champs d’intérêt commun dans le but de renforcer l’implication des pays

Bien que la ZLEC ait le potentiel de créer l’un des plus vastes marchés de biens et services du monde, de nouveaux partena­riats commerciaux pour attirer davantage d’investissements étrangers sont essentiels à son succès, afin de soutenir la modernisa­tion des infrastructures et l’augmentation de la production manufacturière.

Combler le déficit d’infrastructures

Même si la numérisation révolutionne aujourd’hui les systèmes de paiement et de livraison, la géographie détermine toujours les flux de biens et services.

En Afrique, où un tiers des pays n’a pas accès à la mer, remédier aux insuffisances infras­tructurelles facilitera considérablement le commerce transfrontalier et accélérera le processus de transformation économique nécessaire pour renforcer l’intégration des pays africains dans l’économie mondiale.

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