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Coopération

Afrique-Europe : L’approche de la BERD convient à l’Afrique

« Nous avons modernisé le concept d’économie de marché suite à notre travail en Europe de l’Est et centrale et nous l’avons appliqué à ces pays. » Cela fait écho à l’approche du développement qu’on trouve dans de nombreux pays d’Afrique du Nord et subsaharienne où les entrepreneurs, les femmes et les jeunes sont considérés comme des moteurs importants de l’économie.

Financer l’économie verte

Si la BERD a des projets au Maroc et en Tunisie, c’est en Égypte que son impact a été le plus important. La banque a jusqu’ici financé 92 projets dans la première économie d’Afrique du Nord, qui vont de la transformation

du secteur financier à la modernisation des services de transport et de télécommunications.

L’an dernier, l’Égypte est devenue le plus important bénéficiaire des fonds de la BERD, illustrant la volonté de la banque d’évoluer. En marge du forum économique de Davos qui s’est tenu en janvier, le Premier ministre égyptien, Moustafa Madbouli, a remercié Suma Chakrabarti d’avoir étendu la portée de la banque, citant 4,7 milliards $ de financements depuis 2015.

Conformément à ses engagements, 44 % des prêts de la banque en Égypte sont destinés à l’économie verte. La banque a notamment accordé un prêt de 148 millions d’euros pour réduire les niveaux de pollution extrême auxquels sont exposées les six millions de personnes qui vivent dans la région du Kitchener Drain du delta du Nil.

Elle a également financé en grande partie le plus grand parc d’énergie solaire du monde près d’Aswan, le parc solaire de Benban.

Doté de 30 centrales d’énergie solaire, le parc d’une valeur de 1,8 milliard $ a été financé par un vaste consortium d’institutions de financement du développement, dont la BERD. La banque finance 16 de ces centrales, ce qui en fait le premier investisseur du pays dans les énergies renouvelables.

Suma Chakrabarti attribue ce succès à sa présence sur le terrain. En créant rapidement un vaste réseau de bureaux et d’employés dans le pays, le président estime que sa banque est mieux placée pour contribuer au développement de l’Égypte.

« Nous sommes l’unique banque multilatérale ayant cette approche », indique-t-il. « Nous ne nous contentons pas d’avoir un bureau au Caire ; nous avons des agences dans des villes moins importantes comme Alexandrie et Ismaïlia. Nous voulons créer des petites entreprises et créer des emplois. »

Comment convaincre les sceptiques ?

L’expansion de la banque en Afrique subsaharienne ne sera pas décidée avant l’Assemblée générale annuelle de 2020. Les actionnaires doivent au préalable évaluer une étude de préfaisabilité qui, si elle est approuvée, donnera lieu à une étude globale, puis à une présentation lors de l’Assemblée de 2020. Quand l’idée a été lancée l’an dernier, elle s’est heurtée à une opposition de la France, de l’Allemagne et de l’Union européenne ; un ministre souligne : « Elle n’a pas été abandonnée mais il faudra du temps. » Les succès dans la région du MENA contribueront à dissiper les craintes des actionnaires de la BERD quant à sa capacité à réussir sur d’autres marchés et prouver que le modèle de la banque est transférable. « Compte tenu de notre succès en Afrique du Nord, ils doivent étudier la question de financer des projets en Afrique subsaharienne», considère Suma Chakrabarti. « J’ai suggéré cette idée et j’estime qu’ils devraient y réfléchir. »

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