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Construction

Valoriser les matériaux au Congo

  • Publiémars 31, 2015

À l’heure de l’éco-attitude, impossible, en effet, de faire fi des émissions de CO2 générées pendant le cycle de production. Or « plus une technique est évoluée, plus elle pollue », souligne Marie Nang. D’où la nécessité de privilégier les solutions énergétiques susceptibles de réduire la facture carbone. En théorie, l’énergie d’origine hydroélectrique est bon marché, renouvelable et propre. Mais en dépit de l’immense potentiel, son offre est encore limitée au Congo. Le recours au solaire est une alternative dans les zones qui ont peu de chance d’être desservies en hydroélectricité.

Abondant dans une grande partie du Congo, le bois offre de bonnes performances techniques et thermiques et permet de régler le problème de la surcharge pour les fondations. Mais il reste un matériau cher, qu’il faut traiter contre les termites et l’humidité. Et difficile à travailler, compte tenu de sa dureté en Afrique centrale. Pour abaisser les coûts, pas d’autres moyens que de produire des planches en séries. Si, au stade du chantier, les délais d’exécution du gros œuvre, qui consistent à assembler les planches entre elles, sont courts, en revanche, les études en amont, pour mettre au point les découpes, doivent être rigoureuses et faire appel à des ouvriers qualifiés. Bien qu’elle représente un marché étroit et limité à une clientèle aisée, la filière construction en bois se développe, encouragée par le ministère de l’Économie forestière et du développement durable.

La brique et le poto-poto

Deux sociétés forestières – la Compagnie industrielle des bois, du groupe singapourien Olam, et l’entreprise italienne Likouala Timber – proposent ainsi des maisons en bois, sortes de kits (panneaux) rapidement montés. Des menuiseries industrielles et artisanales tentent de développer le mobilier en bois. Mais l’approvisionnement en matière première reste un problème.

Pour les petits budgets, la brique en terre cuite est une solution avantageuse. L’argile, de bonne qualité, est répandue au Congo, en particulier dans la Likouala, le Pool, la Bouenza et le Niari. La technique de fabrication est assez bien maîtrisée et les délais d’exécution d’un chantier réduits. Toutefois, la production est essentiellement artisanale. Seule une société chinoise fabrique des briques de manière semi-industrielle à Madibou (Brazzaville). Les petits producteurs pourront-ils affronter cette concurrence si elle se développe ? Le passage à une production semi-industrielle exige des moyens, en énergie notamment, qui ne sont pas à la portée de tous.

Dans les zones périurbaines ou rurales, de la partie Nord du pays notamment, le recours à la terre crue (poto-poto) et au système de colombage pour construire les cases est fréquent. Autant de matériaux à remettre au goût du jour. Tout en améliorant les techniques de conservation pour pérenniser les ouvrages, qui, dans les conditions actuelles, ne résistent guère au temps.

Pour favoriser la production locale de matériaux de construction, une Zone économique spéciale sera en partie dédiée à cette filière dans la région de Brazzaville. Déjà quelques unités ont été installées dans la zone industrielle de Maloukou-Tréchot. Mais la filière fait également appel à d’autres métiers – architecte, promotion et gestion immobilière – qui sont à développer. Les opportunités d’affaires s’étendent au contrôle technique, à la réhabilitation, à l’entretien et à la démolition. Sans oublier tout ce qui touche à la récupération, au recyclage et à la valorisation des déchets des chantiers (copeaux de bois, outils, gravats, etc.). Autant d’activités qui peuvent être développées, limiter les importations et créer de la valeur ajoutée et de l’emploi.

Écrit par
ade

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