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Construction

N’Djamena la métamorphose

Bâtiments administratifs, infrastructures hôtelières, voiries urbaines… La capitale tchadienne change, chaque jour, de visage, grâce aux revenus du pétrole. Mais les défis restent nombreux.

À quelques mètres du Novotel, en pleine rénovation à deux pas de l’aéroport international de N’Djamena, se dresse un imposant édifice de deux bâtiments à neuf niveaux reliés par une passerelle au cinquième étage. Ils comprennent une grande salle de conférences de 1 000 places, trois salles de réunion de 300 places chacune et 90 bureaux. Le futur siège du ministère des Affaires étrangères, en finition, devrait coûter plus de 45 milliards de F.CFA. À la hauteur, donc, des ambitions du président Déby Itno qui, depuis plusieurs années, veut faire de N’Djamena « la vitrine de l’Afrique centrale » et un grand organisateur d’événements régionaux et internationaux.

Les efforts de modernisation de la capitale tchadienne sont également visibles dans le secteur hôtelier qui connaît un boom sans précédent.

Une dizaine de kilomètres plus loin, au quartier administratif de N’Djari, le ministère des Finances et du budget voit la construction de ses nouveaux bureaux s’achever. Avec ses 11 étages encore en travaux, la tour de l’Office national de radio-télévision sera la plus haute de la capitale. La construction de ces différents immeubles fait partie d’un vaste programme entrepris en 2006. Avec la stabilité retrouvée, après de longues années de rébellion armée, le gouvernement tchadien avait décidé d’investir une partie des revenus du pétrole dans les bâtiments administratifs. Quoi de plus normal pour un État qui dépensait un peu plus de 3,6 milliards de F.CFA par an dans la location des bâtiments privés pour ses services ? Une dépense qui a été réduite par la suite à « seulement 1,2 milliard de F.CFA », confie-t-on au secrétariat général du gouvernement. 

Les efforts de modernisation de la capitale tchadienne sont également visibles dans le secteur hôtelier qui connaît un boom sans précédent. Pendant de nombreuses décennies, le paysage hôtelier de N’Djamena se résumait à deux enseignes françaises, avec des participations de l’État tchadien dans les capitaux. Depuis le début des années 2000, de nouveaux hôtels sortent régulièrement du sol. Le plus emblématique reste le Kempinski, construit grâce à des investissements libyens, sous l’ère Kadhafi, et classé 5 étoiles par l’Office tchadien du tourisme. Dans la perspective du XXVe sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, qui devait initialement se tenir à N’Djamena, le Tchad s’est engagé dans la construction d’une Cité internationale des affaires, incluant notamment un hôtel 5 étoiles, de 11 étages et 242 chambres, le Toumaï Palace.

Deux autres 5 étoiles sont en finition sur les bords du fleuve Chari qui traverse N’Djamena. Avec toutes ces infrastructures, la capitale tchadienne espérait être fin prête pour accueillir les 3 500 invités du sommet de l’Union africaine en juillet 2015. Mais le 10 janvier, le gouvernement a renoncé à l’organisation de la grand-messe continentale, à cause « du retard dans la finition des travaux » et « de la conjoncture économique et financière qui s’annonce particulièrement difficile » compte tenu de la baisse des cours du pétrole. 

Le secteur des BTP, animé par des entreprises locales (menées par Almanna) et étrangères (notamment le français Sogea-Satom ou le belge CFE), occupe une place prépondérante dans l’économie tchadienne. Il emploie directement plus de 10 000 salariés et près de 50 000 indirectement. Les investissements annuels dans ce domaine représentent plus de 400 milliards de F.CFA, émanant du public, du privé et des bailleurs de fonds. 

« Les ambitions du gouvernement pour la capitale sont très grandes, aussi bien en matière d’expansion spatiale que d’implantation d’équipements et d’habitat », affirme Allaïssem Dobingar, secrétaire général du ministère de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme et de l’habitat. Il cite à l’appui de grandes réalisations en cours : la Cité internationale des affaires, à quelques kilomètres de l’aéroport ; ou le nouveau quartier administratif, dans le Ve arrondissement, futur centre d’une ville qui se veut polycentrique. 

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